Bande dessinée

La bande dessinée, c’est comme le cinéma, même si c’est un cinéma de pauvres.

Hugo Pratt

Année 2022 de la Bande dessinée

L’ours de Ceausescu – BD – Aurèlien Ducoudray  – Gaël Henry – Paul Dona

vagabondageautourdesoi.com - L'ours de Ceausescu - L’ours de Ceausescu n’est pas une BD sur un animal sauvage des forêts profondes de Roumanie tué par le dictateur, Ceaucescu avec sa femme, Eléna. Même si le dictateur était réputé, une légende, savoir tuer n’importe quel ours qui passait dans son viseur. Non, l’ours représente le peuple, qui même sous le joug de la dernière dictature d’Europe de l’Est du XXè siècle, a su sortir ses griffes dès que l’occasion s’est présentée.

La Roumanie, un soir de fin décembre, en 1989, oui, je m’en rappelle ! Un vieux couple aux yeux terrifiés, dans un coin d’une pièce, et en voix-off, l’explication du procès et leurs peines de mort annoncées. Après l’effondrement du Mur de Berlin, la même année, ce régime des sanguinaires dictateurs de l’Est prenait fin. Des jours après, des images d’enfants aux corps nus, malades, dits déficients, qui baignaient dans leurs excréments, au coin d’une pièce vide m’ont longtemps obsédés. Enfermés là, car dégénérés… Impossible de les oublier !

Alors, est-ce-qu’une bande dessinée peut aider à comprendre ce qu’était cette dictature terrible ? L’ours de Ceausescu choisit de nous raconter le parcours de sept personnages, tous opposants « gentils » au régime, tant la censure était dur car efficace. Et, par la magie des auteurs, ils vont illustrer par leurs actions ce moment de l’histoire mondiale du XXè siècle. La suite ici

Les frontières du Douanier Rousseau

vagabondageautourdesoi.com - Les frontières du Douanier Rousseau - Attirée par la vie de Henri Rousseau dit Douanier Rousseau (1844-1910) que je connaissais très peu, j’ai été contente de recevoir par Babelio et sa Masse Critique cette bande dessinée en échange d’une chronique.

Les frontières du Douanier Rousseau raconte une journée du procès que le peintre a vécu à la fin de sa vie après quelques jours d’emprisonnement. Accusé de vol, escroqueries et abus de confiance, Mathieu Siam et Thibaut Lambert choisissent de nous présenter un vieil homme de soixante-quatre ans, usé, complétement déphasé ne comprenant rien à ce qu’on lui reproche. Le procès est représenté avec une absence de couleurs autour de bulle avec des nuances de marron, blanc et noir.

En faisant intervenir le témoignage de quatre personnes, le passé du Douanier Rousseau est évoqué. Tout d’abord, ce sont ces activités de douanier à l’Octroi qu’ils racontent. La personnalité du Douanier Rousseau est décrite comme naïve, rêveuse et décalée. Et pourtant, son ami reconnait son influence dans le groupe d’amis en amenant la beauté. Une formidable double page évoque la luxuriance du Mexique, en guerre avec la France, par le dessin de la serre du jardin des plantes où le talent de l’artiste semble être recréer. La suite ici

A la recherche du temps perdu – BD

A l’ombre des jeunes filles en fleurs – Autour de Mme Swann T2

Adaptation et dessin de Stéphane Heuet

vagabondageautourdesoi.com - A la recherche du temps perdu - Côtoyer Swann et sa femme, Gilberte et même le jeune Marcel sous le dessin et les couleurs de Stéphane Heuet dans A la recherche du temps perdu adaptée en BD est une pépite qu’il faut découvrir pour gouter la modernité du texte de Marcel Proust : l’émotion de retrouver un souvenir, le désespoir de perdre un être aimé ou le flamboiement d’une feuille au soleil, etc, mais surtout un hymne à la vie !

Vingt-quatre ans de travail, huit albums et deux intégrales ( A l’ombre des jeunes filles en fleur – Du côté de Swann ), Stéphane Heuet découvre la bandes dessinées en relisant Proust. Poussé par son ex-femme, il se met à apprécier toute sa complexité après l’avoir pourfendu. Habitué à dessiner pour son métier de marin, il se met alors à traduire cette histoire en images.

A partir d’une documentation phénoménale, Stéphane Heuet raconte qu’il choisit d’abord le texte. Il passe beaucoup de temps à élaborer son scénario. Puis il organise ses bulles. Par exemple, les photographies de Nadar lui permette de donner vie aux parents de Marcel. Il y a aussi tous les tableaux de peintres et pas uniquement les impressionnistes. les travaux sur Haussmann le documentent sur Paris et sa transformation.

Par ailleurs, concernant le mobilier, notamment la chambre du grand hôtel de Cabourg, il choisit « ses meubles ». De recherches en lectures nombreuses, les bulles sont autant de situations éclairées pour revenir au texte. La précision du dessin augmente d’autant le plaisir des mots. On retrouve les textes longs et les détails d’un Blake et Mortimer mais il y a aussi du Tintin, dans cette recherche là. La suite ici

Une histoire populaire de la France – BD

Tome 2 – Des gueules noires au Gilets Jaunes

vagabondageautourdesoi;com - Histoire populaire de la France - Ce tome 2 d’Une histoire populaire de la France plonge au cœur des luttes ouvrières du milieu du XIXè siècle jusqu’à notre XXIè siècle et ses Gilets Jaunes. Et c’est savoureux ! Évidemment, les tomes peuvent se lire en ne respectant pas l’ordre chronologique, selon ses envies !

C’est au côté de Gérard Noiriel, lors d’une de ses conférence, que nous commençons notre voyage en pays d’Histoire. Et, comme ce prof a un immense talent, les personnages qu’il évoque sortent du néant pour s’incarner sur la scène. Là, Louise Michel s’invite dans la salle et nous ne quittera pas. Tout le monde, y compris l’historien, la suive dans les rues de Paris où Gilets jaunes et CRS s’affrontent. Même si son message est de se battre avec « nos poings, nos griffes, nos crocs « , un libraire va les accueillir pour leur permettre de souffler.

Une librairie très particulière qui permet au conférencier de continuer sa démonstration afin de motiver son public aux luttes et combats de toutes sortes. Évidemment, le ton est drôle et décalé. La combativité de l’égérie de la Commune s’oppose au militants actuels.

Cette Bande Dessinée est une adaptation du célèbre travail de Gérard Noiriel, rendant accessible en 800 pages ses recherches développées depuis quarante ans sur la domination et les jeux de pouvoir. Son ouvrage du même titre que celui-ci étudie les classes populaires de la Guerre de Cent ans à nos jours et est paru en 2017. Le chercheur est un spécialiste de l’histoire de la classe ouvrière et pionnier de l’histoire de l’immigration en France. La suite ici

L’obsession du pouvoir – Bande dessinée –  G. Davet – F. Lhomme – P. Van Hove

Les deux journalistes d’investigation travaillant au journal Le Monde, Fabrice Lhomme et Gérard Davet se sont associés au dessinateur Pierre Van Hove pour présenter en BD, L’obsession du pouvoir, sur les principales enquêtes d’investigation qu’ils ont menées de 1981 à 2017. Celles-ci concernent spécifiquement les coulisses du pouvoir en France, en suivant notamment à l’Élysée deux présidents lors de leur exercice : Nicolas Sarkozy et François Hollande.

L’obsession du pouvoir démontre leur animosité. Elle est décrite comme une vraie détestation, discréditant l’autre et recherchant toujours à se démarquer et en faisant le contraire. De vrais gamins dans une cour d’école !

Les journalistes affirment que tous les dialogues dans ce roman graphique sont vrais, rapportés depuis leurs enregistrements. De quoi s’interroger sur la capacité de ces hommes à dépasser leur rivalités pour penser réellement aux intérêts des français, et non d’une France présupposée et fantasmée comme le hurlent certains candidats lors de l’élection présidentielle actuelle !

Au delà des coulisses d’un pouvoir, complétement éloigné de notre quotidien, les deux présidents rendent responsables les journalistes de les avoir privés d’un second mandat :  Sarkozy à cause des affaires actuellement en cours de jugement ou celles à venir, et Hollande, en supposant que la sortie du livre des journalistes « Un président ne devrait pas dire ça » l’a empêché. La suite ici

Remedium – Cas de force majeure

Rentrée littéraire hiver 2022

vagabondageautourdesoi.com Remedium - Remedium présente un nouveau cas. Pour cette rentrée, ce sont les histoires de violences policières ordinaires. Dans ce sous titre, ce qui choque, ce ne sont pas les violences policières, il y en a toujours eu. Non, c’est qu’elles soient devenues ordinaires !

A partir de vingt portraits, Remedium raconte des vies ordinaires qui, un jour, ont été écrasées par le déchaînement de la violence de la police. Dans un état de droit, la police protège les citoyens quel qu’ils soient et quelque soit leur origine, leur faciès et leur quartier.

Force est de constater que depuis quelques années les affaires révélant des violences policières abusives se sont multipliées. Et, ce qui a changé, par rapport au passé, c’est que celles-ci sont justifiées et même encouragées. Actuellement, un candidat à l’élection présidentielle justifie ouvertement le droit de la police à la violence légitime. Mais, aussi, leur ministre actuel justifie ces violences comme nécessaires tout en admettant des dérapages.

Seulement, comment prouver un dérapage lorsque c’est parole contre parole ! Et Remedium le souligne : beaucoup de portraits sont broyés par cette injustice manifeste où l’institution défend toujours ses membres. Plusieurs procédés sont à l’œuvre que Remedium décortique parfaitement à partir de ses récits. La suite ici

Année 2021 de la Bande dessinée

 

 

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