
La Muette est le nom de la cité de Drancy dont les plans envisageaient le logement des familles de milieux modestes dans les années 1930. Fini en 1937, le complexe n’a pas séduit les futurs habitants en raison des loyers élevés et des malversations.
Le Ministère de la Guerre loue alors les tours et l’ensemble des bâtiments pour y loger la garde républicaine mobile. En juillet 1940, les locaux sont réquisitionnés par la Wehrmacht pour accueillir les prisonniers de guerre anglais et français. Les bâtiments se transforment en ajoutant deux rangées de barbelés, un chemin de ronde et deux miradors. Seulement, La Muette est transformée en camp d’internement des juifs arrêtés par la Préfecture de la Seine pour répondre aux ordres du gouvernement, soumis aux volontés nazis.
Le roman graphique raconte cette cité de La Muette à partir du 20 août 1941 jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, lors de la Libération de Paris. Ce jour-là, la police française arrête 5000 hommes, tous de confession juive. 4200 seront emprisonnés à La Muette. Arriveront plus tard des familles, c’est-à-dire des femmes et des enfants, soit 67 000 personnes qui partiront vers les camps de la mort.
Roman graphique historique
Troisième album écrit par Valérie Villieu, La Muette-Drancy, un camp aux portes de Paris est son premier sur un tel sujet. Parallèlement, elle exerce la profession d’infirmière à domicile. Diplômé des Arts Décos, Simon Géliot est graphiste, illustrateur et story-boarder pour diverses instances.
Valérie Villieu et Simon Géliot nous racontent l’histoire de Béno, Nissim, Jean, Chil, Chana et tant d’autres. Ils décrivent les brimades, la faim, la promiscuité, les rats, la vermine, les vêtements devenus trop grands, les insultes, les trafics organisés par les flics français, l’éreintement, l’usure, le désespoir. Mais aussi, La Muette raconte l’espoir, la flamme de vie, la solidarité, le soutien et tant d’autres choses de leur quotidien.
Le graphisme suit le sentiment du lecteur. Les visages émaciés, les corps amaigris, etc. correspondent aux souffrances évoquées. La couleur bleue, unique, donne un ton glacial à cette bande dessinée.
En découvrant la justesse des faits historiques racontés, (Annette Wieviorka, historienne spécialiste de cette période, a écrit la postface), le public visé par La Muette Drancy, un camp aux portes de Paris reconnaîtra l’implication de la France, le parcours des prisonniers et leurs conditions de vie. Une bande dessinée à découvrir !
Remerciements
Aux éditions La Boîte à Bulles et à NetGalleyFrance
Puis quelques extraits

Les gendarmes assurent la garde extérieure et intérieure du camp sous l’autorité de la préfecture de police, qui nomme un commissaire comme chef de camp.
L’intendance est du ressort de la préfecture de la Seine.
Pour autant, ce sont bien les Allemands qui ont tout pouvoir sur le camp.
C’est une drôle de société qui est ici rassemblée. Une population hétéroclite qui mêle juifs issus de l’immigration – artisans, commerçants, pauvres pour la plupart et parlant mal le français – et juifs « Français de souche » appartenant à l’élite, souvent mariés à des catholiques ou eux-mêmes convertis.
40 hommes dans la même pièce !
Ronflements, râles, mots échappés des rêves d’un autre sont les compagnons d’un sommeil difficile à trouver
Oui, il faudra raconter…Mais qui voudra entendre ?
Ici en bref




Du côté des blogs : Dragon Lyre
Questions pratiques
La Muette – Valérie Villieu – Simon Géliot
Éditeur : La boîte à bulles – Instagram :@aboiteabulleseditions X :@boiteabulles – Facebook
Parution : 2 avril 2025 – EAN : 9782849535288 – Lecture : Mars 2025

Bonjour Matatoune. J’ai du mal à lire des romans graphiques mais le sujet semble intéressant. Je ne connaissais pas ce nom de La Muette pour ce camp de Drancy. Bon dimanche
C’est une façon d’aborder des sujets très vibrants je trouve. La cité porte toujours le même nom !
Bonne semaine 📚
Bises bonne journée
Très bonne continuation 🌞🌸🌼
C’est un bon support pour permettre à certains lecteurs d’accéder à des documents sur des sujets importants. Bonne journée
Oui, j’avoue que ce support est devenu indispensable pour prendre connaissance d’un sujet sans lire un essai plus sérieux. Bonne continuation 🌞
Une BD historique qui semble forte et restituer avec précision un triste épisode de notre Histoire…
Oui parfaitement !
Les romans graphiques j’en lis de plus en plus. Ils abordent des sujets importants notamment celui-ci. Je le note. Merci Matatoune 🙂
Oui c’est une façon de faire connaître un certain nombre de sujets que sans les images, le lecteur n’aurait peut-être pas forcément lu un essai sur le même sujet !
je lis trop peu de BD ou roman graphique, vraiment intéressant a priori.
Il reprend à partir de quelques personnages le vécu de souffrance de ces prisonniers !