
Blog culturel : livres, expositions, patrimoine et cinéma
Chroniques littéraires
Mes lectures incontournables en août 2026
La rentrée littéraire s’invite sur le blog
Les silences de l’Histoire selon Xavier-Marie Bonnot

En affirmant que « l’histoire, c’est essayer de comprendre ce passé qui persiste dans notre présent », Xavier-Marie Bonnot soulève, avec Le Diable rit avec nous, des pans entiers de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, souvent volontairement laissés de côté au profit d’une lecture héroïque de la résistance du peuple français. La suite ici
Décolorer sa fille : l’héritage invisible des femmes de Lucie Bérard

Et si les rêves ne tenaient pas leurs promesses ? Dans Décolorer sa fille, Lucie Bérard décrit une jeune femme qui s’abîme, peu à peu, dans la dépression, jusqu’à en devenir presque folle. Arrivera-t-elle à s’en sortir ? Pour ce premier roman, parfaitement réussi, l’autrice explore les effets de sa lignée sur le quotidien d’une jeune femme sujette à une exigence domestique devenant problématique. La suite ici
Roxane de Romain Aguila : un premier roman bouleversant sur la renaissance

Encore un récit de renaissance, direz-vous, et pourtant, portée par une écriture singulière, Roxane sait s’imposer, laissant son empreinte feutrée bien après la lecture. Roman Aguila réussit à raconter l’âpreté d’un renouveau, la sortie de l’engrenage et de la mise en danger pour s’affirmer, accomplie et sereine après ces batailles. La suite ici
Ici commence la terre : le roman de Jadd Hilal sur l’exil palestinien et la mémoire familiale

À travers le destin de sa grand-mère Aïda, Jadd Hilal raconte bien davantage qu’une histoire familiale : il fait entendre la mémoire d’un peuple déraciné. Dans le roman Ici commence la terre, il raconte Aïda, déracinée par son mariage puis exilée avec son mari et leurs enfants, en 1948, comme 700 000 à 800 000 Palestiniens, obligés de quitter leur terre. La suite ici
Rien que de grands tournesols : Vincent Vigneron fait revivre Vincent van Gogh dans un roman incandescent

Vincent Vigneron signe, avec Rien que de grands tournesols, son premier livre publié : une biographie romancée consacrée au peintre Vincent van Gogh. D’un Vincent à l’autre, ce roman foisonnant recompose la vie de Van Gogh dans une langue en incandescence, lumineuse et en perpétuel débordement. La suite ici
Congés payés de Tiffany Tavernier : le roman lumineux des premiers congés payés de 1936

Et si les premiers congés payés avaient été autant une conquête intime qu’un droit social ? Quel magnifique roman que ces Congés payés proposé par Tiffany Tavernier ! Quinze jours, en 1936, d’une parenthèse qu’il a fallu accepter pour qu’elle devienne enchanteresse. Avec des ouvriers qui découvrent ce que veut dire le mot vacances, l’écrivaine propose un condensé de sensations et d’émotions d’une grande profondeur. La suite ici
Le fabuleux piano : Sonia Devillers raconte la spoliation des pianos sous l’Occupation

« Mais, dans la vie de tous les jours, quand l’Histoire n’est pas complètement faite, est-ce qu’on voit venir l’apocalypse ? » Parler de la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences, tel est le sujet du nouveau roman de Sonia Devillers, Le fabuleux piano. À partir de la quête d’un piano spolié, la journaliste reprend, en parallèle avec l’histoire de sa famille, l’histoire du pillage des instruments de musique par les nazis et les difficiles restitutions aux familles. La suite ici
Maya-fantôme de Caroline Dorka-Fenech: la reconquête du désir

Est-ce qu’une application de rencontres permet de retrouver le plaisir ? Caroline Dorka-Fenech crée un portrait de femme, Maya Marta, qui reconquiert son désir avec le plaisir d’habiter son corps. Dans Maya-fantôme, elle dénonce la dévalorisation de soi, l’extinction du désir avec un corps qui ne satisfait pas. Mais, en mettant en scène sa reconquête, l’écrivaine affirme l’importance de la puissance féminine. La suite ici
Quand la Première Guerre mondiale bouleverse le monde agricole : Les Enracinés de Claire Norton

Comment le vingtième siècle a-t-il bouleversé le monde agricole ? Claire Norton l’illustre parfaitement dans cette saga dont le premier tome, Les Enracinés, montre les changements que va opérer la Première Guerre mondiale dans l’organisation sociale, le monde du travail et la répartition des rôles dans les familles. La suite ici
Les récidives de Fabienne Périneau : quand la prison ne s’arrête pas aux murs ?

« Il était une fois un mauvais prince« . Les récidives de Fabienne Périneau ne sont vraiment pas celles attendues pour des prisonnières libérées. Avec une écriture brute, condensant une rage, difficile à contenir elle propose des portraits de femmes, inoubliables avec leurs blessures intimes, complètement silencieuses, mais terriblement vivaces. La suite ici
Le marché noir de Bérénice Pichat : les zones grises de l’Histoire

Et si, dans les périodes les plus sombres de l’Histoire, il n’existait pas toujours de choix parfaitement noirs ou blancs ? En abordant le marché noir, Bérénice Pichat s’attaque à un sujet qui reste clivant. Pourtant par ce second roman, elle le désamorce en élargissant les représentations du lecteur et l’aide à construire une réflexion historique plus diverse. À l’aide de deux personnalités bien typées, Servane et Paul, la romancière décrit l’univers de l’Occupation allemande à Paris, confrontant celui qui essaye de survivre et celui qui accepte de collaborer avec l’ennemi. La suite ici
Mon imam de Sabyl Ghoussoub : religion, amour et tolérance

Faut-il un Imam pour les nuls pour convaincre les Français que chiite ne signifie pas forcément Hezbollah et Ayatollah Khomeini ? Peut-être bien… Alors, Sabyl Ghoussoub s’y attèle et propose Mon imam. Il y raconte une partie de l’histoire de l’Imam Moussa Sader, Mūsā aṣ-Ṣadr, figure incontournable du Liban, disparu dans des circonstances encore assez mystérieuses en Libye après une entrevue avec Kadhafi. Qualifié en 2025 par le président libanais de « symbole de l’unité nationale et de la justice sociale, un phare du dialogue entre les religions et les confessions. » le Hezbollah, et d’autres, commémore toujours l’anniversaire de sa disparition. Il fut l’instigateur du Mouvement des Déshérités et de sa branche armée, le mouvement Amal. La suite ici
Le Pays des étés de Pierre Adrian : ces maisons qui nous habitent

« Certaines maisons existent aussi parce qu’une personne vous y réunit. » Pour Pierre Adrian, c’est la grande maison, la maison des étés, celle de sa grand-mère, sur la presqu’île, en Bretagne. Maintenant qu’elle est décédée, tous les souvenirs lui reviennent : des moments de joie, de partage, de solitude aussi, tant de parenthèses enchantées associées à ces murs, à cet endroit et aux personnes qu’on y aimait retrouver. Bref, « un lieu de rencontres et de passages. » La suite ici
Le bal des foudroyés de Camille Pascal : comment se construit le pouvoir absolu

Comment se met en place le pouvoir absolu d’un homme ? Avec Le bal des foudroyés, Camille Pascal raconte l’arrivée au pouvoir du jeune Louis XIV, vingt-deux ans, au décès de son parrain, le cardinal Mazarin. Avec sa mère, Anne d’Autriche, il avait assuré la régence. Le roman raconte sa prise de pouvoir assurant par un premier coup d’éclat la prise en main de son royaume. La suite ici
La part absente de Rachida Brakni : quand la mémoire refuse de disparaître

Rachida Brakni offre avec ce second roman, La part absente, l’occasion de regarder en face l’histoire de la guerre d’indépendance algérienne et de reconnaître les exactions des soldats français qui ont violé et torturé. À travers le portrait de trois femmes, elle propose cette fiction engagée, magnifiquement construite et terriblement émouvante. L’une à essayer d’effacer son passé pour mieux s’insérer, sa sœur s’est occupée de sa mère vieillissante jusqu’à se faire embaucher dans son Ehpad et leur mère cache le secret d’un déshonneur. La suite ici
La Peau neuve de Jean-Pierre Montal : renaître au milieu de sa vie

La Peau neuve de Jean-Pierre Montal raconte des vies à mi-parcours, à cet âge où la routine, l’habitude et les contraintes ont détruit les passions, et qui, par un événement non prévisible, doivent se réinventer, nouvelles et libres. Ainsi, le romancier, éditeur, lie son texte, à la construction complexe, aux questions qui sous-tendent toute la littérature : permet-elle de vivre, aide-t-elle à vivre, peut-on en apprendre la vie ? La suite ici
Fuir la lumière de Florence Châtaignier : briser les chaînes de l’enfance

Doit-on subir son enfance tout au long de la vie demande Florence Châtaignier ? Elle y répond à sa manière dans un roman foisonnant et terriblement optimiste. Le roman Fuir la lumière raconte la conquête de sa liberté et démontre la difficulté de casser les chaînes, physiques et mentales, de l’emprisonnement à partir d’un beau portrait de femme, Anita. Elle raconte son parcours jusqu’à son accomplissement intime. La suite ici
Rappelle-moi, ma belle : retrouver le père derrière la légende des Bogdanoff

Dans Rappelle-moi, ma belle, Anna Ostasenko Bogdanoff ressuscite le passé de son père, l’un des célèbres jumeaux Bogdanoff, à partir d’une documentation familiale et médiatique et du récit de quelques personnes. Présentée par les frères jumeaux, Igor et Grichka Bogdanoff, Temps X fut une émission de télévision, très en vogue, qui ouvrit les consciences à la vulgarisation scientifique. La suite ici
Tête brûlée de Jean-Luc Coatalem : les vies d’un homme sans identité

« Et si rien n’avait de sens sans quelqu’un à reconnaître, à aimer «
Après presque une vie à bourlinguer, le héros, comme évaporé, décide de se poser dans le village de Clairy aux portes du Morvan. Là, où il n’y a rien : « La plupart du temps, rien ne résonne, puisqu’il n’y a presque personne. Il y a des ronces dans les coins, des chats maigres sur les murets. Au printemps, de l’herbe folle dans le caniveau, entre les dalles, les anciens pavés. » La suite ici
La couleur qui vous plaira de Souvankham Thammavongsa : derrière les vernis, les invisibles

Avec cette journée dans une onglerie, Souvankham Thammavongsa s’immerge dans un univers ultraféminin, dont la représentation renvoie à l’ultra douceur, à l’attention et l’empathie avec La couleur qui vous plaira. « Il y a rouge pomme, rouge pâle, rouge rouge à lèvres, rouge timide, rouge feu, rouge sang, rouge feux de frein de voiture, rouge maillot de bain, rouge Nouvel An, rouge fraise, rouge mouillé, rouge bonbon, rose rouge, rouge fleur – bon, la rose est une fleur. Mais, c’est pas elle n’est pas rouge fleur, elle a sa propre nuance de rouge, rose rouge. » La suite ici
Suzanne Valadon l’insoumise d’Agnès Clancier : une femme libre de peindre et d’aimer

L’artiste est célèbre, son cœur l’est aussi ; dans Suzanne Valadon l’insoumise, Agnès Clancier raconte sa vie de femme, sa passion pour la création et son amour maternel pour ce garçon qui restera toujours à ses côtés, un enfant. Toulouse-Lautrec, son absinthe mélangé avec du cognac, et qu’on disait « exhibitionniste et priapique », lui a trouvé son prénom de peintre : « Puisque tu poses nue pour des vieillards, tu devrais t’appeler Suzanne (allusion à l’épisode biblique du livre de Daniel où de vieillards observent une jeune femme pendant son bain). Bien sûr, il y en eut tant d’autres, avant, après et même durant. Seulement, « elle vit dans le monde qu’elle peut supporter. » La suite ici
La méthode de David Djaïz : la science face au pouvoir
Prix Transfuge du premier roman 2026

La méthode, premier roman de David Djaïz, par ailleurs essayiste et haut fonctionnaire, raconte le combat de la médecine contre la rage, à partir du portrait d’un jeune scientifique et son envie de gloire et de reconnaissance. Ce roman permet la découverte d’un événement du XXᵉ siècle, parfaitement inconnu des Européens, une incursion réussie dans les débuts de la médecine moderne, dans l’avenir d’un régime pourtant prometteur et la conscience d’un scientifique. La suite ici
Fanny à la folie de Emilie de Turckheim – une vieille dame indigne et terriblement attachante

Aborder la grande vieillesse avec humour, voilà le pari d’Emilie de Turckheim. Écrivaine, citoyenne engagée, la romancière dénonce, avec Fanny à la folie, nos relations à la vieillesse, reléguant à l’extérieur de la société des personnes qui ont juste besoin d’attention et d’affection. Et ce portrait de vieille dame, plutôt digne, rappelle à chacun l’humanité à garder. La suite ici
Oroppa de Safae el Khannoussi : les fantômes du passé en héritage

Oroppa est le premier roman de Safae el Khannoussi qui expose les difficultés d’adaptation des étrangers sur le sol hollandais et plus largement en Europe. Elle y entremêle les secrets d’un passé à la dérive pour des personnages qui soignent leur mal-être comme ils peuvent. La suite ici
Le Palais de François-Henri Désérable : le vin comme miroir du monde

« Près de cent mille balles le verre, (…) pour un truc qu’on va finir par pisser.«
Le Palais de François-Henri Désérable est un roman sur le vin, la vigne, la vinification, les grands crus, l’œnologie, l’œnophilie, frisant parfois l’essai tant l’écrivain envisage tous les aspects de la vinification avec précision et érudition. Mais Le Palais est aussi un récit d’aventure et une enquête sur le secret des origines. Il met encore en scène une revanche qui se transforme en escroquerie à grande échelle. La suite ici
Albert Camus, la révolte et la mesure : Sophie Doudet éclaire sa pensée

Ouvrage de vulgarisation pour les étudiants mais également pour le grand public, Sophie Doudet, spécialiste de l’œuvre de l’écrivain et universitaire, associe, dans Albert Camus la révolte et la mesure, le récit de la vie d’Albert Camus, l’exploration de son œuvre et les explications sur sa pensée philosophique. La suite ici
Une éclaircie de Jean-Baptiste Del Amo, dans l’ombre de la maladie, avec Goya

Ce n’est pas une nuit au Prado à laquelle nous convie Jean-Baptiste Del Amo, mais une longue traversée de sa maladie et de son compagnonnage avec Goya (1746-1828). « La chute est aussi abrupte que la maladie semblait s’être évanouie en une fraction de seconde. Tu t’es réveillé une nuit, un matin, et te voilà jeté à nouveau dans le gouffre sans fond, tes mains tentant en vain de se retenir à des parois d’argile impitoyablement lisses. » La suite ici

Mes lectures incontournables en juillet 2026


Chroniques du patrimoine
Les Feuilles mortes, l’incroyable destin d’une chanson née au cinéma

Tour Keith Haring à l’hôpital Necker

La mémoire du limon : l’exposition de Lionel Sabatté au musée Blanche Hoschedé-Monet
Avant les Nymphéas. Monet découvre Giverny, 1883-1890

Chroniques d’expositions
Mes expositions en 2026
Gianni Versace à Maillol : une rétrospective flamboyante

Madeleine de Sinéty au Jeu de Paume : le regard intime d’une photographe redécouverte

Chroniques de films
Mes films incontournables de 2026
De la Comédie-Française : une jubilatoire plongée dans les coulisses du théâtre

Festival de Cannes 2026


