Les invisibles – Louis-Julien Petit

Un centre de sans- abri comme tant d’autres est dépendant des subventions municipales. « L’envol » va fermer dans trois mois, décision municipale, qui tombe dès le début du film. Du coup, les femmes sans domicile fixe suivies doivent impérativement se réinsérer rapidement.

C’est l’enjeu pour de la directrice du centre, Corinne Masiero, aidée par une assistante sociale, Audrey Lamy, magnifique de justesse qui sait tellement s’oublier derrière les femmes qu’elle accompagne, Noémie Lvosky, bénévole aérienne et sensible qui a choisit son camp et Déborah Lukumuen, déjà éblouissante dans Divine, son personnage a bénéficié des services de l’association et ne peut s’en détacher .

C’est le personnage d’Audrey Lamy qui va faire basculer la prise en charge de ses femmes vers le mensonge, la falsification et l’interdit pour essayer de leur redonner cette dignité que la rue leur a ôté tant la peur et la vulnérabilité sont leur quotidien.

Lorsque, à la fin du film, les services municipaux accompagnés par la police viendront les chercher, c’est têtes relevées, souriantes et combattantes qu’ils trouveront ses femmes devenues pour le spectateur des êtres humains à part entière douées de sensibilité et d’humour et qu’elles choisiront l’entrée en centre de réinsertion, ou non.

Entre, c’est le récit de cette reconquête de soi autant pour les aidants que pour les aidés que Louis-Julien Petit a choisi de nous montrer !

Alors, bien sûr, c’est une comédie : on sourit aux « job dating », on rit aux réparties qui claquent et à la vue de ces femmes qui jouent leur propre vie avec dérision, on pleure devant la justesse de la caméra qui effleure et suggère sans impudeur.

Louis- Julien Petit, le Ken Loach français comme la presse le surnomme, nous offre un moment de cinéma magnifique ! Son travail de documentation est réalisée avec justesse.

En montrant des travailleurs sociaux et bénévoles aux prises avec leur propres problèmes, il aborde ce qui est encore un tabou dans le travail social : la place de ce type d’engagement dans une histoire personnelle et la nécessaire démarche personnelle qu’il faut mettre en œuvre pour apprendre à se protéger afin d’accompagner au plus proche du souhait de la personne et non du sien propre.

Sa façon de filmer n’entre jamais dans la caricature. Tout est évoqué et suggéré en toute pudeur. La réalité n’est pas usurpée, elle est désespérante!

Son choix de mélanger actrices professionnelles et ponctuelles est servi par une véritable éthique, le respect de l’autre quelque soit sa différence et ses choix !

Alors bien sûr, c’est un peu angélique ! Mais, franchement, pourquoi s’en priver puisque cela fait du bien ! Car, c’est sûr notre regard change au fil de ses images bouleversantes de vérité !

Ravie d’avoir commencer cette année cinématographique par ce film! Je vous le recommande !

Une équipe de femmes !
Jeux de rôles pour exorciser la souffrance .


14 commentaires

  1. Si j’en ai la possibilité je vais le voir en plus j’aime beaucoup Corinne Masiero que je regarde toujours dans son rôle de flic déjanté. Bisoussss

    • Là, plus dans la réserve que son rôle de flic déjanté ! N ’empêche qu’elle est aussi très juste. Bonne fin de journée !

  2. C’est un peu angelique ? Peut-être mais on moins voilà un film qui parle de réalités visibles car proches de nous. Merci du partage.

  3. Je vais suivre ton conseil; j’ai beaucoup d’admiration pour Corinne Masiero que j’ai découverte ( avec du retard) dans  » capitaine Marleau ». En général, je n’apprécie pas ce genre de séries mais là je ris beaucoup 😉 Merci beaucoup….

    • Film plébiscité par le public dès sa sortie (le 9 janvier). … Merci à toi. Bonne fin de journée!

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