Le temps d’apprendre à vivre – Elsa Boublil

En reprenant un vers d’un poème d’Aragon « Le temps d’apprendre à vivre », Elsa Boublil nous entraîne dans une famille où trois générations de femmes racontent les événements de leur vie.

Fleur est la mamie de la famille. Très malade, elle se  sait condamnée et repasse sa vie au creux de l’oreille de sa petite fille, Lisa, pour  soulager sa culpabilité et espérer que celle-ci puisse ainsi réparer ses erreurs.

La petite Lisa bien que trop jeune pour se souvenir des confidences fait le lien entre les trois générations et veut redonner une voix à Nicole.

Nicole est la fille de Mamie qui a choisit l’indépendance et la liberté mais de façon dissociée. Car, elle continue à subir le joug maternel à la maison jusqu’au jour où elle meurt d’un accident de voiture à un moment crucial de son existence!

Fleur, si gentille et si affectueuse avec le bébé, s’avère redoutable !  Difficile, de ne pas avoir une certaine antipathie pour cette personnalité aux sourires qui cachent à peine les mots terribles qu’elle réserve à sa fille, Nicole… En entrant dans l’intimité de cette famille, le lecteur découvre les secrets, les coups bas et les jalousies.

Ce roman brosse le portrait de trois générations de femme aux personnalités répondant à l’évolution de la condition féminine dans un milieu où la femme s’émancipe des carcans culturels, religieux et historiques. Mais, le mérite de ce roman est de ne jamais s’inscrire comme un manifeste. Elsa Boublil pose un décor où ses personnages ont la parole pour nous montrer leur évolutions et leurs aspirations.

Elsa Boublil signe avec « Le temps d’apprendre à vivre  » son premier roman. Elle avait publié un récit autobiographique « Body Blues » où elle racontait les violences qu’elle avait subi enfant. Elle est aussi animatrice d’une émission de radio Musique Émoi sur France Musique le dimanche matin.

C’est un roman bref où le style est concis et précis. Les chapitres alternent en donnant la parole à chacune. Elles racontent leurs perceptions des événements et des situations qu’elles ont vécues.

« Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard …il n’y a pas d’amour heureux! », Elsa Boublil l’illustre par une fable où amour maternel, filial et passionnel ont leur place même si il y a des dégâts collatéraux ! Une belle découverte pour cette rentrée littéraire 2019.

Merci à #NetGalleyFrance pour  #LeTempsDapprendreàvivre

cite-56a4b9b45f9b58b7d0d8877bDepuis quand je prends mes précautions pour donner de l’amour? Comme s’il fallait frapper avant de dire  » je t’aime » …

C’est pour cette raison que je te raconte ces maux comme à un livre.

Ses mains tremblent, son fils aîné est revenu. Gilbert, qui déteste ma mère de tant l’aimer, qui s’étouffe de son amour mais en réclame encore toujours plus, cet aîné qui a besoin d’elle, l’oblige par sa présence à soudain se surpasser. Gilbert qui se hait de s’être laissé enfermer dans sa passion, qui est féroce et parfois même méchant, serait prêt à se rouler par terre pour qu’elle lui témoigne encore plus encore.

(…)  » mais comment aimer d’un amour bienveillant celle qui te répond au doigt et a l’œil ».

J’ai honte, tellement honte, mais comme Nicole ne répondait jamais, j’avais tendance à forcer le trait, afin qu’elle riposte, qu’elle se fâche ou m’envoie balader.

Il est en outre étonnant de se dire qu’avec quasiment les mêmes ingrédients qu’un couscous : pommes de terre, carottes, oignons, poireaux, navets…d’autres senteurs exaltent, non…

a noter

pro_reader

Merci à #NetGalleyFrance pour #LeTempsDapprendreàvivre

Ce livre m’a été offert en service de presse par Netgalley. Remerciements aux éditions Stock. Ceci est mon avis en toute honnêteté et sans pression, comme d’habitude.

Le temps d’apprendre à vivre – Elsa Boublil

Éditions : Plon

Parution : 10 janvier 2019

ISBN : 2259265103

Lecture : Janvier 2019

8 commentaires

  1. Ce vers d’Aragon est magnifique…
    J’aime ces livres où l’on croise le vécu de différentes personnes. Un beau livre sur les générations et sur les relations. Merci ! Bises

  2. Une relation mère-fille douloureuse semble-t’il et donc une grande difficulté à se construire. Merci pour cette lecture intéressante.

    • Oui, tout à fait mais le procédé employé par Elsa Boublil l’évoque tout en douceur sans jugement ! Une grande habilité ! Comme une mise en musique où chacune joue sa partition !

Un petit mot ...