Picasso et Marie-Thérèse Walter

Picasso et Marie-Thérèse Walter

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Tête de Marie-Thérèse photographiée par Brassaï

La décennie érotique

Les premières femmes de Picasso

Fernande Olivier a sorti Picasso (1881- 1973) de sa période bleue. A ses côtés du Bateau-Lavoir aux premières reconnaissances, elle assiste à l’amitié avec Apollinaire, les repas pour sortir de la misère chez Gertrude Stein et les achats compulsifs d’ Ambroise Vollard.

Puis, Apollinaire vole une sculpture des Arts Africains et Picasso s’en inspire pour ses toiles cubistes.

En 1906/1907, la révolution des Demoiselles d’Avignon est en marche. Eva Gouel, modèle, apparait dans ses œuvres et dans sa vie à partir de 1911. Exit Fernande Olivier. Eva Gouel meurt en 1915. De toutes façons, chez Picasso tout est lié.

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Olga dans un fauteuil, 1917

En 1916, en travaillant avec Cocteau sur les décors de Ballets Russes de Serge Diaghilev, il rencontre la danseuse Olga Khokhlova (1891- 1955) qu’il épouse en 1918. Paulo naitra en 1921. Picasso le représente dans son arlequin. Tout est calme. Olga reçoit de très mauvaises de Russie. La mélancolie la gagne.

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Olga pensive, 1923

Éclipsé par l’ogre Picasso, Paulo, devenu son chauffeur fut humilié tout le temps par son père, refusant d’aider sa mère qui plongeait dans la misère.  Il survivra à l’ogre mais meurt alcoolique et malade en 1975.

Un ouragan romantique va venir bouleverser l’artiste pendant une dizaine d’années.

Picasso et Marie-Thérèse Walter (1909 – 1977)

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Marie-Therese Walter

Picasso a 45 ans. Il se lasse de sa fougueuse et tumultueuse danseuse, Olga. D’ailleurs, il la représente en harpie. Le succès est enfin là et il découvre le Surréalisme.

Dans son roman Les yeux de Milos, Patrick Grainville rapporte la légende de leur rencontre

Devant les Galeries Lafayette

« Il m’a simplement prise par le bras et m’a dit : Je suis Picasso ! Vous et moi allo,ns faire de grandes choses ensemble.  » C’est une légende qu’elle a elle-même racontée.  D’autres versions existent. Il la voit sortir du métro. Saisi. Sidéré par la sylphide sportive. Il lui dit « Vous avez un visage intéressant, je vais faire votre portrait ». Puis, il lui donne rendez-vous le lendemain, il l’attend. Il la désire. Elle vient. Il est médusé par le galop de l’athlétique fille blonde, âgée de 17ans. « 

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Marie-Thérèse Walter avec son chien

Les premiers temps, Brassaï a photographié ses amours cachées. Picasso part avec Marie-Thérèse dans le château de Boisgeloup. Car, Picasso n’est pas fou. Il a peur des tribunaux. Seulement voilà, art et amour étant complétement lié, cette passion transparait dans son œuvre, même s’il appose un très énigmatique MT sur ces tableaux.

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Marie-Thérèse Walter

Le château de Boisgeloup

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Le château de Boisgeloup

Situé dans l’Eure, à côté de Gisors, le château de Boisgeloup est situé à environ 63km de Paris. En Juin 1930, Picasso en fait l’acquisition. C’est une bâtisse du dix-huitième siècle remaniée au dix-neuvième, située dans le petit village. Il n’y a ni eau, ni électricité, ni chauffage, mais Olga s’attelle à la tâche et prend en charge l’aménagement intérieur — on dit qu’elle demanda conseil à Coco Chanel pour la décoration. Pourtant le château reste une résidence d’été, simple. Picasso et Marie-Thérèse Walter vont s’y aimer en cachette passionnément.

« Drôle de château : la plupart des pièces vides de meuble, çà et là seulement sur les murs nus quelques grands Picasso. […] En coup de vent, nous visitâmes aussi la petite chapelle délabrée… Mais nous étions pressés. « Il y a trop de sculptures à photographier et la nuit tombera bientôt… » dit-il, nous entraînant vers une enfilade d’étables, d’écuries et de granges dans la cour en face de la maison. Je suppose qu’en visitant pour la première fois ce domaine, ce n’est pas tellement le petit château qui le séduisit, mais ces vastes dépendances vides, à combler… Enfin, il pouvait assouvir un désir depuis longtemps contenu : sculpter de grandes statues. Puis, il ouvrit la porte de l’un de ces deux box, et nous pûmes voir, dans leur blancheur éclatante, un peuple de sculptures… »

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Picasso-1928 par Brassaï

« Un érotisme de géant », dit son marchand Kahnweiler

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Grand Nu au fauteuil rouge – 1929

Les toiles composées durant cette période explosent de couleurs gaies. L’érotisme y est complétement présent.

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Picasso dans son château avec le portrait sculpté de Marie Thérèse- Brassaï –

L’amour passe. Ogre en action

Il partage sa vie entre les deux femmes. En 1934, il part en Espagne avec Olga et Paulo. En 1936, il est à Juan-Les6pins avec Marie-Thérèse. Leur fille Maya nait en 1935. En 1935, il rencontre Dora Maar au Deux Magots. Le musée du Prado à Madrid le nomme directeur en 1936. En août de cette année, Dora Maar l’accompagne à Moulins.

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Femmes couchées avec un livre

De nouveau, il se partage entre les trois femmes. Le tableau Femmes couchées avec un livre illustre les deux amours pour Marie-Thérèse et Dora. Néanmoins, Picasso se lasse vite et d’autres rencontres l’attendent notamment lors de cet été 37, celui de Guernica.

A la fin de la guerre, la rupture est devenue réalité.

Quatre ans après la mort de Picasso, Marie-Thérèse se suicide.

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Marie-Thérèse en Méditerranée

Sources

« Boisgeloup, l’atelier normand de Picasso », Musée des Beaux-Arts de Rouen

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Conversations avec Picasso

Conversation avec Picasso

Liens internes

Exposition Picasso Bleue et rose – Musée d’Orsay

Picasso Primitif

Guernica au Musée Picasso

Brassaï au Centre Pompidou

Art en Vrac

Bric à Brac de culture

10 commentaires

  1. Toujours passionnantes ces excursions, ces voyages culturels grâce à tes chroniques d’une grande richesse. J’ai vu une exposition Picasso à Landerneau avec la Fondation Edouard Leclerc, c’était magique ! 😊

  2. Bonjour Matatoune. C’est un personnage que je n’aime pas du tout, et ses oeuvres ne m’émeuvent pas. Par contre je lirais bien le livre de Patrick Granville. Bonne journée

    • Le personnage est très complexe et frise le pervers narcissique en tout cas avec ses femmes et les autres. On est saisi par le cimetière que trimballe derrière lui cet homme. Ce fut une sorte de sangsue qui prenait » jusqu’à plus soif » et après se détachait et semblait oublié. Je suis frappé par l’amitié dont certains jeunes hommes ont eu pour lui ..Peut-être ont ils trouvé une figure paternelle qu’il n’a pas vraiment été du moins durant sa maturité. Mais, on ne peut rejeter le génie pictural qu’il a été ! Je butte un peu pour l chronique de Patrick Grainville. Il faut que cela décante !
      Très bonne fin d’année 2020. Je souhaite que 2021 t’apporte bcp .

  3. vraiment très intéressant!
    je n’aime pas tout dans l’ouvre de Picasso, certaines toiles me plaisent beaucoup et pour d’autres je reste hermétique… c’est le cas de « Grand nu dans le fauteuil rouge » par exemple…
    de toute manière il est fascinant tant dans son œuvre que dans sa vie tout court!
    je préfère quand même Dali qui me touche plus et que je comprends mieux 🙂

    • Je suis plongée dans le nouveau roman de Patrick Granville. Du coup, je partage mes recherches 😉

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