Picasso primitif

28 mars 2017 – 23 juillet 2017

Visite  guidée le dimanche 25 juin 2017

 

À propos de l’exposition

« L’art nègre ? Connais pas. » C’est sur le ton de la provocation que le peintre, sculpteur et dessinateur andalou s’efforcera de nier sa relation avec l’art extra-européen. Pourtant, et comme le montre sa collection personnelle, les arts d’Afrique, d’Océanie, des Amériques et d’Asie n’auront cessé de l’accompagner, notamment dans ses différents ateliers. En témoignent les documents, lettres, objets et photographies réunis dans la première partie de l’exposition, traçant selon un parcours chronologique, les intérêts et curiosités de l’artiste vis-à-vis de la création non-occidentale.

Dans une seconde partie plus conceptuelle, Picasso Primitif propose une mise en regard des œuvres de l’Andalou avec celles des artistes non-occidentaux, en s’appuyant davantage sur une anthropologie de l’art que sur le constat de relations esthétiques. Le face-à-face qui en résulte dévoile les questionnements similaires auxquels les artistes ont dû répondre (les problématiques de la nudité, de la sexualité, des pulsions ou de la perte) par des solutions plastiques parallèles (la défiguration ou la déstructuration des corps par exemple). Le primitif ne s’entend alors plus comme un stade de non-développement, mais comme l’accès aux couches les plus profondes, intimes et fondatrices de l’humain.

Décidément pas une seule année culturelle sans que Picasso soit à l’affiche. Il fascine toujours autant et ses produits dérivés sont toujours aussi lucratifs. Au point qu’on a failli craquer, ma cope et moi, sur un mug, plutôt joli, mais légèrement trop fin pour les matins brumeux d’hiver où en prenant son café, le geste est brusque et peu fiable!

Donc, encore une expo. Mais celle-ci avait l’attrait de mettre en parallèle la rencontre des arts dits primitifs sur celui de Picasso. Nous avions pris une visite guidée avec une conférencière de grand intérêt, même si en la voyant arrivée, on a pensé que l’ennui allait nous gagner! Et, bien pas du tout. Au contraire! Outre l’épisode « Gertrude Stein » prononcée à la manière de « Midnight in Paris » de Woody Allen (nous dit-elle) qui a d’un coup réveillé nos esprits endormis, cherchant désespérément à comprendre de qui on voulait parler…Ah oui, « gertruuuude steine » avec l’accent parigot prononcé qui nous caractérise!

C’est aussi la présentation arbitraire du commissaire de l’exposition, Yves Le fur, d’avoir voulu prouver que l’Art primitif a été présent dans l’œuvre de Picasso tout au long de sa vie et par leurs présences réelles  dans ses différents ateliers, pour une « présence plus qu’une référence formelle » dit-il. Puis, dans « corps à corps » comment les artistes Océaniens et d’Afrique ont crées des œuvres aussi intenses que celles de Picasso en les mettant en perspective.

Conservateur du patrimoine à la section Océanie au Musée national des arts d’Afrique et d’Océanie (MNAAO), Yves Le Fur fut ensuite responsable de la muséographie au sein de la section Océanie du musée du quai Branly.

Lors de son premier voyage à Paris, lors de l’exposition universelle de 1900, où le pavillon espagnol présentait une de ses oeuvres, on suppose qu’il allât voir aussi le pavillon andalous , de la Côte d’Ivoire et celui du Soudan.

En 1906, il passe l’été dans un village de la province de Lérida

 

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Vierge de Gosol. Première rencontre avec l’Art primitif andalou.

 

 

 

vagabondageautourdesoi-picasso-wordpress-2.jpgEn 1906- Autoportrait-Cette peinture est un terrain d’expérimentations du primitivisme : visage schématisé, yeux ourlés ici pleins mais dont un est parfois vide sur des dessins. La chevelure est réduite au minimum, le cou est massif et le buste statique.

 

vagabondageautourdesoi-picasso-wordpress-3Puis, Derain achète son premier masque africain à Vlaminck. Puis, c’est Matisse qui achète sa première pièce et l’amène à Gertrude Stein. Picasso est fasciné par son regard. Il visite l’ancien musée d’Ethnographique situé au Trocadéro (construit en 1882) et achète son premier Tiki.

vagabondageautourdesoi-picasso-wordpress-8.jpgLes tikis symbolisent « Tiki », l’ancêtre mi-humain mi-dieu qui fut le premier homme. C’est ce personnage mythique qui engendra les humains.Un tiki est une sculpture, en bois ou en pierre représentant un homme ou une tête d’homme.

Les tikis sont souvent de sexe masculin, plutôt trapus, mais il existe aussi des tikis féminins. Les attributs sexuels sont représentés dans la sculpture. Les bras sont repliés et ramenés vers l’avant, les mains posées sur le ventre. Les jambes sont fléchies et la tête, souvent disproportionnée, laisse apparaître des yeux immenses. La bouche est parfois très expressive laissant imaginer un cri. On peut faire la comparaison entre les tikis et certaines positions du Haka. Wikipédia.

 

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« Toutes ses œuvres sont extraordinaires. Elles sont un rempart pour un homme qui a peur du monde extérieur, très dangereux pour lui. Il s’en ai fait une protection.  » Picasso

 

La fonction de l’art, nous dit notre conférencière, c’est de maîtriser les peurs et de sublimer les rêves. C’est le sens de la peinture de Picasso, nous rappelle-t-elle.

 » Dans les demoiselles d’Avignon, j’ai peint un nez de profil dans un visage de face (il fallait bien le mettre de travers pour le nommer, pour l’appeler nez) alors on a parlé de culture nègre. Avez-vous jamais vu un nez de profil dans un masque de face? Nous aimons tous les peintures préhistoriques, mais personne ne leur ressemble. » Picasso

vagabondageautourdesoi-picasso-wordpress- 1100387Pour rappel, le tableau des demoiselles d’Avignon ( 1906) aurait du s’appeler le bordel de la rue d’Avignon, puisqu’il représente les prostituées qui vivaient dans cette rue et que Picasso « aimait regardé de son balcon  » d’où attirance, peur et exorciste à la fois.

Au moment où Picasso expose les demoiselles d’Avignon, Matisse peint la danse. 1907.

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La danse Matisse

Henri Matisse et Pablo Picasso sont considérés comme les inventeurs de l’art moderne. Ils se sont rencontrés dès 1906. Quels sentiments liaient les deux artistes, amitié ou compétition ?
L’histoire de l’art a toujours présenté Matisse et Picasso dans des termes d’opposition : l’art de Matisse calme et davantage tourné vers la couleur, celui de Picasso plus conflictuel et porté sur le dessin. Cette exposition tente de démontrer que malgré leurs apparentes différences, les deux « monstres sacrés » ont travaillé dans le même sens, celui de la modernité.

En 1906, Matisse (1869-1954) est le leader des Fauves, le mouvement artistique le plus audacieux en France. A peine arrivé d’Espagne, Picasso (1881-1973) n’est alors pas très connu à Paris où il commence cependant à attirer l’attention de quelques critiques et marchands. De douze ans son aîné, Matisse dira de leurs caractères qu’ils sont « aussi différents que le Pôle Nord l’est du Pôle Sud ».

Matisse et Picasso vivent et travaillent dans un vis-à-vis productif, tant à Paris qu’en Catalogne ou sur la Riviera. Leur relation se développe au fil du temps pour devenir, à partir de la Seconde Guerre mondiale et selon les mots d’Henri Matisse, une véritable « fraternité artistique ».
Malgré leur rivalité du début, les deux artistes ont fini par voir en l’autre le seul vrai semblable. Surtout vers la fin de leurs vies, Picasso et Matisse sont devenus très proches personnellement, aussi bien qu’artistiquement. Picasso dira de cette période : « Personne n’a jamais regardé plus attentivement que moi les peintures de Matisse ; et personne n’a jamais regardé les miennes avec plus d’attention que lui ».

Sophie Richard,
avril 2002à propose de l’exposition Matisse/Picasso.

 

vagabondageautourdesoi-picasso-wordpress-10.jpgCadeau de Matisse à Picasso qu’il « oubliait » toujours de la prendre avec lui! Après sa mort, Picasso la réclama acceptant d’en supporter la charge émotionnelle. C’est une coiffure cérémoniale figurant Nevimbunbao (ogresse mythique sur l’île de Malekula- Océanie).

Gertrude Stein ne disait-elle pas « Matisse et Picasso devinrent amis mais furent aussi ennemis » ?

La sculpture Nimba représente la déesse de la Fécondité en Guinée.

Le sculpteur Mamadou Bailo Traoré,  conservateur du musée de Boké explique les prouesses de Nimba dans la culture Baga. « Le Nimba à Boké, c’est le Déesse de la fécondité. Elle préside toutes les cérémonies de mariage dans le Bagataye (pays Baga, Ndlr). Partout où un mariage s’organise dans la communauté Baga,  c’est le Nimba qui l’accompagne. » Le masque Baga ne sert pas que dans les cérémonies, selon Mamadou Bailo Traoré, « au cas où une femme a des soucis de faire un enfant, on l’envoie chez le Nimba, elle se prosterne en touchant le Nimba. Généralement la fille va enfanter dans un bref délai ».

 

« Je veux faire le nu comme il est.

Il faut qu’il se fasse de lui même.

Je ne veux pas moi faire le nu, je veux qu’on ne puisse

pas faire autrement que de voir le nu comme il est.

Hélène Parmelin, Picasso dit – 1966-

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Dans la seconde partie, la confrontation des œuvres de Picasso et des primitifs est impressionnante, car on ne sait plus qui a fait quoi! L’exposition était très riche, trop car à la fin le regard s’embrume tellement il y a de choses.

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 » Tout au long de sa vie, le monstre sacré n’a cessé de regarder les artistes non occidentaux pour réinterpréter la force magique de leurs créations et leurs innovations plastiques à l’aune de son propre génie.  » Magazine Les beaux arts-

La femme à la poussette, cela ne vous fait pas penser à quelque chose …..Moi si ….

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Pas vous!

Une fascination « primitive » pour le sexe. Elle relève de la pulsion et du regard, érige le sexe comme les primitifs l’ont fait sans détours. Irrépressible, cette fascination reste au cœur de l’œuvre de l’artiste.

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Nature morte au guéridon – 1931

Présence de Dora Mar !

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Figure à crochets Yipwon

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Quel est celui de Picasso ? ….

C’est celui du milieu!

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