Rousseau à l’Orangerie : Mauvaise surprise, Charmeuse, Bohémienne

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Enfin, Paris, et avec la capitale, toute la France reconnaît à Henri Rousseau (1844-1910) un vrai statut de peintre. L’appellation Douanier, très condescendante, a été abandonnée par cette exposition, alors que le « Facteur Cheval » la conserve encore. Organisée en collaboration avec la Fondation Barnes, l’exposition rassemble une cinquantaine d’œuvres pour étudier en profondeur son parcours artistique. La Fondation possède à elle seule dix-huit tableaux de l’artiste.

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Tableaux manifestes

Pour ceux qui ont déjà visité la précédente, il y a dix ans, peu de nouveautés, sinon d’avoir rassemblé dans la même salle, la dernière, trois tableaux, très connus, appartenant à la Fondation Barnes et rarement exposés ensemble. Ces trois toiles justifient selon le musée de l’Orangerie l’appellation de « tableaux manifestes ». Les critiques furent nombreuses, mais la reconnaissance des artistes permit de sortir son œuvre de l’oubli.

Mauvaise Surprise, un rare nu d’Henri Rousseau

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Mauvaise surprise – 1901

Henri Rousseau choisit ainsi de représenter sa version de Persée délivrant Andromède, remplaçant le dragon par un ours. C’est un rare nu de l’artiste. Achetée par Gabrielle Buffet (1881-1985), première épouse de Francis Picabia, la Fondation Barnes l’a acquise en 1924. Depuis elle n’était jamais revenue à Paris.

Le destin exceptionnel de La Charmeuse de serpents

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La Charmeuse de serpents – 1907

Est-ce que Henri Rousseau a voulu interpréter à sa façon le mythe d’Orphée ou au Jardin d’Eden ? Peut-être. Sa Vénus est bien singulière. En tout cas, cette œuvre lui valut le qualificatif de peintre naïf avec la simplification des formes des feuilles et l’ajout de l’oiseau, en aplat. Saurez-vous trouver les trois serpents présents dans ce tableau ?

Berthe Delaunay, la mère du peintre Robert Delaunay, commande cette œuvre à Rousseau en 1907. Grande voyageuse, c’est en racontant ses voyages, notamment en Inde où les charmeurs de serpents sont nombreux, que Henri Rousseau s’empare de ce thème. On ne sait ni dans quel lieu, ni à quelle époque on se situe.

Puis l’œuvre est achetée par Jacques Doucet sur les conseils d’André Breton, alors son bibliothécaire et conseiller en art. Il l’expose, chez lui, à côté des Demoiselles d’Avignon de Picasso. En 1925, il promet d’en faire don au musée du Louvre. Ce fut la première œuvre d’Henri Rousseau à intégrer le fonds des collections nationales.

La Charmeuse de serpents est signée du nom entier de l’artiste, ce qui montre combien combien cette œuvre comptait pour lui.

La Bohémienne endormie, entre rêve et inquiétude

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La Bohémienne endormie – 1897

Bel exemple de son univers créatif et son imagination débordante, La Bohémienne endormie nous plonge dans sa magie, entre attirance pour sa quiétude et inquiétude avec la figure du lion. Et c’est au spectateur d’en décider.

S’inspirant des animaux du zoo de Paris, Henri Rousseau donne une vision assez figée de cet animal sauvage.

L’artiste voulait le vendre à sa ville de naissance, Laval. En 1924, elle fut retrouvée dans une cave d’un marchand de tableaux, finalement achetée par Alfred H. Barr Jr., un historien de l’art, pour le musée d’Art moderne de New York (MOMA). Aujourd’hui, elle est l’une des œuvres parmi les œuvres les plus admirées du musée.

En conclusion

Cette exposition permet de mesurer combien Henri Rousseau fut bien davantage qu’un simple « peintre naïf ». Derrière l’apparente simplicité de ses compositions se cache un artiste inventif, nourri de références savantes, capable de créer un univers immédiatement reconnaissable.

En réunissant ces trois tableaux majeurs de la Fondation Barnes, le musée de l’Orangerie offre une occasion rare d’apprécier toute la singularité de son œuvre.

Plus d’un siècle après sa disparition, Henri Rousseau continue d’interroger notre regard et de nous entraîner dans des mondes où rêve, poésie et mystère demeurent intimement liés.

Du côté des critiques : Télérama

Commissaires

Christopher Green, professeur émérite au Courtauld Institute of Art, Londres

Nancy Ireson, conservatrice consultante, Fondation Barnes

Juliette Degennes, conservatrice du patrimoine, Musée de l’Orangerie

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9 commentaires

    • Oui, je comprends. Ce fut une révolution dans l’univers de la peinture de l’époque. Et tout sort de son imagination. Dans sa vie, il a vu Laval, sa ville de naissance, et Paris !

  1. Bonjour Matatoune, j’ai visité cette exposition en juin et j’ai vraiment beaucoup aimé ! Dommage qu’elle se termine dans quelques jours à peine car j’aurais aimé la revoir et n’aurai pas le temps… Les trois tableaux que tu nous présentes sont particulièrement beaux. Excellente journée à toi ☀️

    • Je me rappelais bien de la précédente, aussi je n’ai pas été surprise ! Ces trois tableaux rassemblés étaient vraiment exceptionnels.

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