Vasarely – Centre Pompidou

                                  Vasarely -Le partage des formes

 

Il faut dans toute une vie, donner à voir. V. Vasarely

Victor Vasarely reste un artiste très controversé. L’exposition au Centre Pompidou « Vasarely -Le partage des formes » tente de le réhabiliter.

Re-Na IIA 1968

Venu de la publicité, Victor Vasarely, à l’allure de dandy, est entré dans le monde culturel par la grande porte. Soutenu par un président avant-gardiste, Vasarely s’est retrouvé propulsé au seuil des années 70 dans les médias et dans tous les foyers français mettant en pratique les valeurs que lui avait inculqué son école d’Art hongroise influencée par l’école de Weimar. Vingt ans plus tard, la folie Vasarely s’est éteinte, l’oubliant définitivement.

Le Centre Pompidou expose depuis le 6 février plus de 300 œuvres (peintures, objets et sculptures). Les intentions du Centre sont de resituer Vasarely dans la trajectoire de la modernité. Et, le moins qu’on puisse dire c’est que l’exposition, vue le plus souvent en famille, est un réel succès!

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Né en 1906 à Budapest, Vasarely commence après son Bac des études de médecine qu’il ne finit pas. Mais la démarche scientifique le suivra tout au long de sa vie : méthodologie, objectivité et envie de connaître.

Il s’inscrit deux ans à l’école des Beaux-Arts puis en 1929 au Bauhaus de Budapest.

Étude de matière-Bois- 1939

Le Bauhaus (« maison du bâtir« ) est un courant révolutionnaire qui vise à former des architectes imprégnés des savoirs-faire des artisans, sans aucune différence entre les deux. Ce courant a été un franc succès à Budapest, avec de nombreux bâtiments résidentiels, cinémas et églises construits dans ce style.

Goulphar – 1947

Il découvre l’art abstrait par le biais de Vassily Kandinsky, Malevitch et Paul Klee. Il est influencé par le constructivisme, le cubisme et le surréalisme.  Une première exposition de ses œuvres a lieu en 1930 à Budapest. 

Étude tridimensionnelle – 1938

Au même moment, il arrive à Paris avec sa femme, Catherine, pour s’y installer et commence à travailler comme dessinateur dans différentes agences de publicités célèbres. Vasarely est fasciné par le mouvement. Il cherche à reproduire une troisième dimension en opposant les formes et les contrastes. Au même moment, Calder commence à penser à ses fameux mobiles.

Belle-Îsle GP -1952-1962

Lors de ce séjour, Vasarely semble appréhender la notion d’universalité en unissant les galets au soleil par les mêmes formes fondamentales.

Vasarely va s’inspirer de la mécanique ondulatoire du physicien Louis de Broglie pour orienter ses créations vers la production d’ondes et de corpuscules qui vibrent à l’unisson.

Kantara – 1957/1979

Vasareli participe à l’exposition « Le mouvement » en 1955 à Paris qui lance l’art cinétique au côté d’autres artistes comme Jean Tinguely parrainé par leur aînés Marcel Duchamps et Alexandre Calder. Il affirme, comme il écrit alors dans le manifeste, « la nouvelle beauté plastique-cinétique mouvante et émouvante« . Alors, il fait figure de père de l’Art cinétique.

 

 

 

 

Sculpture cinétique – Pol Bury – 1954

 

Méta- Malévitch, relief méta-mécanique – Jean Tinguely – 1954

Depuis longtemps, Vasarely a l’envie de créer un atelier et une école en France. Fondamentalement attaché à l’esprit du Banhaus, il souhaite un enseignement généralisé qui intègre toutes les notions du quotidien. Et, il n’aura de cesse de repositionner son discours et d’adapter ses créations à la modernité du siècle en fervent défenseur de l’Art pour tous!

Véga – 1956

Dans la série des « Véga », la forme se dilate ou se contracte formant des lignes déformées qui s’étirent jusqu’à former des excroissances. Vasarely donnait ainsi forme à la matière – énergie qui s’impose dans l’espace. Selon son inspiration à la fois poétique et scientifique, il s’agit d’exciter la rétine et de susciter des troubles visuelles.

A l’orée des années 1960, Vasarely met au point un « alphabet plastique », sorte « d’espéranto visuel » d’un langage visuel universel, à partir de six formes géométriques simples incrustées dans des carrés de couleur.

« Espéranto visuel » – 1960

 

Formes 1009 décor 5101 à 5109 – 1973

Lorsqu’on voit avec quelle facilité cet « espéranto plastique » est reproduit dans les classes, on ne peut qu’être admiratif !

Extrait du blog « le tour de mes idées « – Grande section de Maternelle

                    « L’Op-Art, c’est la pop de l’abstraction » Commissaire de l’exposition

Vasarely désire que l’art descende dans la rue et devienne un art social. Il met en pratique ses idées et ses créations vont envahir le quotidien.

Logo Renault – 1965
Pochette de « Space Oddity » – 2ème album de David Bowie – 1969
Sélection d’ouvrages de la collection « Tel » de Gallimard – 1976/1985
Sélection de CD de la collection « 3D Classics » lancée par Deutsche Gramophon- 1989

« On vend du Vasarely au mètre dans les grands magasins » Ce à quoi répondait Vasarely « Je ne suis pas pour la propriété privée dans la création. Que mon oeuvre soit reproduite sur des kilomètres de torchon m’est égal! Il faut créer un art multipliable ! « 

Le parisien libéré – 20 avril 1966 –

Foulard édité par Art-foulard – Vienne
Sac Baguette – 2001 – édité par Fendl – Collection 2001

Enfin en 1972, il trouve l’endroit et les fonds pour ouvrir sa fondation à Aix-en-Provence. Ce sera le centre Architectonique inauguré par le Président, George Pompidou, avec son premier ministre, Jacques Chirac. Réconnue d’utilité publique en 1971 et monument historique en 2013, cet endroit devient aussi une école d’Art. Restaurée, cette fondation ré-ouvrira cet été.

« Tout à la fois, exemple d’architecture dont rêvait Vasarely et mode de présentation de ses oeuvres, cette fondation est une véritable Chapelle Sixtine de l’Art optique et cinétique ». Commissaire de l’exposition

Vega 222 1969/1970

                                                  Photos de vagabondageautourdesoi.com

Source :

Vasarelly inconnu. Université jean Moulin. Lyon 3. YOUTUBE

Questions pratiques :

Vasarely- Le partage des formes

Rétrospective au Centre Pompidou

à partir du 6 février 2019

17 commentaires

    • Non, je n’ai pas trouvé ! Beaucoup d’ œuvres présentées mais comme j’ai connu la « Vasarely mania « , je les connaissais ! Bonne soirée !

  1. un incontournable majeur de l’art optique et graphique ! Un artiste plasticien vraiment doué et tout à fait cohérent dans son travail. Merci pour ce bel article et belle journée à vous Tatoune 🙂

    • Ravie ! Je crois que dans les années 70, tout semblait s’inspirer de Vasarely : les émissions de télé de Jean-Pierre Christophe Averty, Polnareff qui était très fan, et tant d’autres. Il y a certainement eu une overdose ! Bonne semaine !

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