
Le tableau La jeune fille à la perle est enfin revenu chez elle, au Mauritshuis de La Haye (Pays-Bas) après un tour du monde de deux ans. Elle fait face à La vue de Delft, peinte aussi par Johannes Vermeer, que Proust déclarait le plus beau tableau du monde en 1902 lors de sa visite au musée. Ainsi, dans Du côté de chez Swann, le héros travaille à une étude sur Vermeer.

Seconde scène dextérieur où le ciel peint ne semble navoir jamais existé Léglise rappelle la tombe de lillustre de Guillaume Le Taciturne mais aussi celle de son père Le tableau fut certainement peint de très bon matin car il ny a pas danimation sur les quais Normalement les bateaux de harengs devaient être très bruyants
Le pan de mur jaune à droite fera dire à un de ses personnages de Proust que cest le plus beau tableau du monde
Delft au moment de l’âge d’or hollandais

Les Pays-Bas vivent leur âge d’or. Après une guerre de libération de quatre-vingts ans avec l’Espagne, sept provinces sont rassemblées en République. Néanmoins, la prépondérance des Orangistes, pour la royauté, est présente. Le développement du commerce est intensif avec notamment une flotte expérimentée. Les premières règles du commerce maritime s’établissent où tout se vend et s’achète, y compris des esclaves.

L’art est également sujet à cette inflation précapitaliste. Nombreux artistes appartiennent à des Guildes. Le jeune Vermeer va devoir choisir l’originalité dans les tableaux de genre, ceux qui décrivent la vie quotidienne. Les riches aiment ces sujets, montrant le souci de la propreté de leurs intérieurs. Seulement, d’autres tableaux montrent aussi l’outrance et la débauche.
À l’époque, Delft est à une journée d’Amsterdam. La ville est opulente, active économiquement. Vermeer y habite au moment de ce temps si particulier. La présence des princes d’Orange en fait une attraction particulière. Son père fut tisserand, aubergiste puis marchand de tableaux. Il offre à son fils une galerie improvisée. À son décès, il laisse de nombreuses dettes que son fils ne peut rembourser puisqu’il est trop jeune pour appartenir à une guilde, celle de Saint-Luc. Il n’a pas fini son apprentissage chez ses maîtres.


Il se marie avec Catharina Bolnes, une jeune fille d’excellente famille, chrétienne, qui lui permet de profiter d’une clause le faisant entrer dans une guilde. La belle-mère a de l’argent, Johannes Vermeer en profite. Il devient une figure importante de l’École de Delft, centre de la peinture hollandaise et est élu saint Guilde de La guilde de Saint-Luc. Il aura quinze enfants. De plus en plus, son art s’allège et la lumière devient son obsession.
À peine deux ou trois tableaux par an, Johannes Vermeer est obsédé par son œuvre. Il ne dessine pas, au préalable. Il peint et efface, comme le montrent les radiographies d’aujourd’hui. Le peintre est enfermé dans ses recherches dans lesquelles il faut l’éloge du silence. Seulement, le succès se fait attendre.
Pas un portrait, mais un « tronie »,
La tronie, mot néerlandais du XVII e siècle signifiant « visage », est un genre distinctif de la peinture de l’âge d’or de la peinture néerlandaise et de la peinture baroque flamande. C’est un personnage imaginaire (1665)

Emblème de cet âge d’or, La jeune fille à la perle est un des chefs-d’œuvre de cet artiste. Oublié plus de deux cents ans, un collectionneur redécouvre le tableau et le lègue en 1903 au musée de La Haye. Cette jeune fille n’a rien de réel : son turban associé à un vêtement oriental avec une très grosse perle ne correspond à aucun signe de la mode au temps de l’artiste. On ne connaît pas le modèle, peut-être une des filles de Vermeer (il en avait sept).
Son fond sombre permet la mise en valeur du portrait. Ses lèvres humides invitent le spectateur à s’approcher. Elles exhalent une sensualité attirante. L’arête de son nez se confond avec sa joue. Elle séduit tout spectateur !
L’artiste fabrique les pigments au fur et à mesure de leur nécessité. Il pile du lapis-lazuli pour le bleu du turban, par exemple.

Dans la décennie 70, Louis XIV reconquiert la province de Hollande. L’âge d’or s’éteint comme va mourir Johannes Vermeer, acculé de dettes et accablé par la misère, enterré dans la vieille église auprès de quatre de ses enfants. On ne connaît que 36 tableaux.

Il disparaît dans l’oubli pendant cent cinquante ans. Il refait surface de façon négative dans l’histoire de l’art. Puis, après la guerre, on découvre qu’un faussaire a vendu de faux Vermeer à Göring, ce qui entraîne la redécouverte de ses œuvres. Actuellement, sa renommée est planétaire.
Chez elle, à Delft
La jeune fille à la perle est partout chez elle !


Et, même dans une ville voisine…

Quand les artistes s’en saisissent
Les exemples sont nombreux. Il faut se rappeler aussi, pendant le confinement, le nombre de personnes qui se sont déguisées à la manière de…




Initiatives remarquables
Sources
Documentaire Chaîne Musee –
Le site de la photographe Caroline Sikkenk ici
Une page internet sur le travail de Jenny Boot ici
Questions pratiques
La jeune fille à la perle – La Haye
Mauritshuis
Plein 29
2501 CM La Haye
+31 (0)70 302 3456
mail@mauritshuis.nl
Instagram : @mauristhuis_museum

Bonjour Matatoune. Bel article sur ce tableau très connu et le peintre. Tu m’as appris beaucoup de choses sur leur histoire. Bonne journée
Ravie, mais ce fut une rencontre très très agréable ! Bon week-end à venir !
Merci pour ce bel article qui me rappelle un voyage dans ce beau pays il y a bien longtemps. Bon week end
Merci à toi pour ta fidélité ! Excellent week-end 📚
Merci pour cet article très instructif !
Ce tout petit tableau est une petite merveille de séduction ! La Haye en est très fière 😆
Et ça se comprend !
Ça donne envie de se rendre là bas. Ta chronique est belle, merci Matatoune 🙂📚
C’est une ville très agréable, très ouverte aussi. Et une jeune fille à la perle si attirante 😉
C’est vrai qu’elle est magnifique cette jeune fille à la perle 🤩😉
Très bel article et donne envie de re-découvrir son oeuvre
Ce petit musée est une merveille et La Haye est une ville agréable et ouverte !
Lors d’un séjour aux Pays-Bas en 2018 j’avais bcp aimé le Mauritshuis – il y a en effet d’autres chefs-d’œuvre à découvrir (et le « détour » (20 minutes de vélo) par Delft est absolument à recommander. Merci pour ce voyage.
Oui ce musée est une merveille ! Il faudrait bien d’autres articles pour présenter les Rembrandt et surtout un que je ne n’avais jamais vu de Brugel et Rubens le jardin d’Éden . Cette fois-ci, pas de vélo. Mais lors de nombreuses fois précédemment, bien sûr. La Hollande est le pays des vélos et des transports en commun développés