
La Maison des femmes est un film hommage au travail social pluridisciplinaire, rassemblée autour de la gynécologue-obstétricienne, Ghada Hatem-Gantzer. Elle a créé la structure à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, en 2016. Depuis, trente autres Maisons des femmes ont été ouvertes.


Le film raconte le quotidien d’une équipe de soignants, entre écoute et solidarité, confrontée aux violences faites aux femmes avant, pendant et après le Covid. Entre difficultés de subventions, manque de reconnaissance des tutelles et discours politiques éloignés des réalités, le film de Melisa Godet se place au quotidien avec ses jours de réussite, d’inquiétude et d’échecs.
Une équipe médicale face à des situations complexes
Karin Viard, interprète le rôle du médecin, et dirige cette équipe à majorité féminine. Un seul poste, celui d’Alexandre, un psychologue (Pierre Deladonchamps), est honoré par un homme. Le mal-être des soignants y est évoqué et entraine une scène de soirée qui apporte, aussi, aux spectateurs, une respiration bienfaisante.

L’engagement des soignants y est montré sans complaisance ni admiration excessive. Au contraire, les situations illustrent toute leur complexité. Le film montre ainsi combien la bonne distance est difficile à adopter pour pouvoir entendre l’impensable et rester professionnel tout en conservant son intimité. La cadre de santé, Manon (Laetitia Dosch) peine à gérer l’exigence professionnelle, la venue de son premier enfant et le désir de vie de son conjoint.

Les soignants sont parfaitement représentés avec leurs compétences, leurs erreurs, leurs limites, leurs défaites et bien sûr, leurs joies. Dans ce film choral, la justesse du jeu de chacun est à noter. L’interne Inès (Oulaya Amamra) apprend à trouver la distance avec les patientes. Juliette Armanet poursuit sa percée au cinéma après Partir un jour. Elle trouve sa place dans ce collectif où le soin s’articule autour de la parole…
Des histoires qui reflètent la diversité des violences

Louise, Amina, Coumba, Catherine, etc. sont les patientes. Elles représentent tout le spectre de la société féminine subissant des violences, allant de la femme d’un chef d’entreprise à une jeune fille subissant l’emprise de ses frères en passant par la migrante qui vient d’arriver. Elles ont toutes en commun la violence qui détruit, qui fait perdre l’estime de soi et qui enferme dans la culpabilité. Elle est évoquée dans toutes ses composantes, celles faites par les mots, par les coups ainsi que par les mutilations sexuelles, comme l’excision.
Un premier film maîtrisé
La Maison des femmes est un film social, militant, sensible mais pudique. Sans aucune scène de violence Comme quoi, on peut évoquer les violences, faites aux femmes, sans les montrer. Premier long métrage de Mélisa Godet, elle prouve la maîtrise de son sujet, du scénario et du montage. Une réalisatrice à suivre assurément !


En quelques mots
La Maison des femmes rend hommage au travail pluridisciplinaire mené autour de la gynécologue Ghada Hatem-Gantzer, fondatrice d’une structure d’accueil pour femmes victimes de violences à Saint-Denis. Le film suit une équipe de soignants engagés face à des situations complexes. Sans montrer la violence, il en révèle les mécanismes et souligne l’humanité, les doutes et les limites du soin.
Pour aller plus loin
Le cycle de la violence conjugale

PHASE 1 : L’ESCALADE – Mise en place du système d’emprise
L’agresseur exerce des pressions psychologiques, contrôle, isole la victime.
La victime se sent inquiète, tente d’améliorer le climat, fait attention à ses propres gestes et paroles.
PHASE 2 : L’EXPLOSION – Épisode de violences (quelle que soit la forme)
L’agresseur donne l’impression de perdre le contrôle de lui-même mais prend en fait le contrôle de la situation.
La victime ne comprend pas et tente de calmer la situation.
PHASE 3 : LE TRANSFERT– Minimisation de la violence
L’agresseur porte la responsabilité des violences sur sa partenaire.
La victime se sent responsable de la situation.
PHASE 4 : LA « LUNE DE MIEL »– Moyen utilisé par l’auteur pour reconquérir la victime
L’agresseur promet un changement.
La victime lui donne une chance, lui apporte son aide, constate ses efforts, change ses propres habitudes.
Du côté des critiques : Le Monde
Fiche film
La Maison des Femmes
Réalisateur : Mélisa Godet
Acteurs : Karin Viard – Laetitia Dosch – Eye Haïdara – Oulaya Amamra –
Distributeur Pathé – Instagram : @pathefilms – X: @PatheFilms – Facebook – TikTok : pathefilms
– Pays : France – Durée : 1 h 50 minutes.
– Sortie nationale : 4 mars 2026

J’ai relu ta chronique mais pas encore vu le film. Nonne journée
Merci à toi aussi !
[…] le choix entre ce film, « La maison des femmes » (j’ai vu plus tard que vagabondageautourdesoi en parle bien – j’avais « peur » d’un film chorale avec des personnages […]
j’espère qu’il passera dans mon petit ciné!
S’il est petit, il est alors peut-être Art et Essai un peu, alors oui! Même si je l’ai vu en distribution UGC 😆
Bonjour Matatoune. Ce film semble très intéressant pour inciter les femmes à ne pas subir la violence. Bonne journée
Oui tu as raison, il montre aussi leurs natures et l’indispensable maillage autour pour aider à en sortir ! Bonne continuation 🙏 📚 📽
Merci pour cette présentation qui donne envie de découvrir le film, un bel hommage aux professionnels et aux femmes victimes, effectivement un bon moyen de parler de cette violence sans la montrer.
Un film qui me semble important de mettre en lumière ! Merci d’être passée ici 🙏📽
Intéressant ce cycle en 4 phases, c’est vraiment machiavélique ! Un film qui peut sûrement être bénéfique, de même que l’association qu’il met en scène et à laquelle il rend hommage. Merci beaucoup Matatoune pour cette chronique 🙏😊 Excellente journée 🌞🍀🎬🤩
Oui, je crois qu’il faut faire connaître cette ronde dont le film met en lumière ! Bonne continuation 🙏📽📚🌳
Ce film a l’air très réussi. Il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine. Bonne semaine
Oui, cet accompagnement est absolument nécessaire. Bonne continuation 🙏 📽📚
Un film que je veux voir, mais pas forcément au cinéma. Je note le cycle de la violence conjugale. J’ai affiché sur mon lieu de travail le violentomètre.
Oui, je crois qu’il faut mettre en lumière ce genre de choses !
ces 4 phases sont terribles. Un film essentiel.
Oui, c’est pour cela qu’il faut le mettre en lumière, me semble-t-il !