
Une formidable exposition que celle sur Suzanne Valadon que propose en ce début d’année le Centre Pompidou !
Que dire en voyant « La Chambre bleue » trôner sur la place devant le musée, avec son pantalon de pyjama dans la pose lascive d’un modèle vieillissant, le corps grossi, la poitrine opulente et le visage mature ? Le modèle brave, de son regard droit, cigarette à la bouche, le public nombreux qui déambule. Elle affirme un féminisme intemporel. On a souvent comparé ce tableau à l’Olympia de Manet. Seulement là où le peintre suscite le désir du regardeur, Suzanne Valadon enlève tous désirs : c’est une femme qui regarde une autre femme et la représente dans sa force et toute sa puissance !
Après Dora Maar en 2020, Georgia O’Keeffe en 2022, Germaine Richier en 2019 et Shirley Jaffe en 2022, le Centre Pompidou rend hommage à une autre femme artiste, Suzanne Valadon (1895-1938) à la personnalité affirmée et volontaire, avant sa fermeture pour travaux.
Deux chroniques rendront compte du talent de cette artiste atypique. La première présente ses portraits en faisant une place importante aux autoportraits. Le second propose un aperçu de ses nus qui ont révolutionné l’histoire de l’art.
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Pour cette femme qui a appris à peindre en regardant les autres la peindre, le résultat est impressionnant d’humanité et de profond respect pour ceux qu’elle choisit de représenter.
Par le dessin, Marie Clémentine entre dans la collection de Degas qui est le premier à reconnaître son talent. D’ailleurs, la proximité de ses dessins avec les tableaux du peintre est fascinante, comme si tous les deux cherchaient à capter la beauté de l’intime.


Lorsqu’elle était encore trapéziste, elle brise le cœur d’Eric Satie. Il écrit en retour les Danses gothiques et sa chanson Bonjour Biqui, bonjour. Sa vie commune avec Toulouse-Lautrec dure plus de temps. Et, c’est lui qui lui trouve son prénom d’artiste. Il ne voudra pas l’épouser alors elle le quitte.
Suzanne Valadon recherche l’authenticité et la sincérité des individus qu’elle souhaite représenter dans ses peintures. Elle ne cherche pas à idéaliser ses modèles.
La Chambre bleue

Dans sa Chambre bleue, Suzanne Valadon, son modèle de femme, représente symboliquement une figure féminine, indépendante et déterminée, après la première guerre mondiale, qui préfigure le changement que vont opérer les femmes de cette époque.
« Je peins les gens pour apprendre à les connaître »
Suzanne Valadon représente ses personnages souvent au naturel, sans les artifices que font souvent les artistes pour les embellir. Après la première guerre mondiale, elle commence à être connue. Elle va peindre des portraits de son entourage et des collectionneurs qui l’apprécient, et plus de portraits féminins que masculins.

Autoportraits
L’autoportrait est pour Suzanne Valadon un manifeste féministe, qu’elle a utilisé à plusieurs âges. Le dernier, elle le réalise à 66 ans et choisit de montrer sa poitrine.

Suzanne Valadon documente le vieillissement de son propre corps. Elle brise la représentation du corps féminin en cours à l’époque. Il n’évoque pas le désir mais il documente. La femme de la toile nous regarde dans les yeux et expose sa nudité encore avec fierté et humanité.
Portraits de famille
Leitmotiv chez Suzanne Valadon, les portraits de famille affirment souvent sa place, son rôle et sa façon d’être. Elle représente sa famille car elle n’a pas les moyens de s’offrir des modèles.
Ainsi, elle nous présente sa famille dans ce tableau, réalisé en 1912.

Ici, Suzanne Valadon présente sa famille. Elle est au centre et regarde le regardeur droit dans les yeux. À sa droite, son amant André Utter, vingt ans de moins qu’elle, était un ami de son fils. Avec lui, elle trouve un dynamisme et une affirmation comme artiste.
À sa gauche, son fils adulte, Maurice Utrillo, qui deviendra aussi peintre. À 18 ans, elle a un fils sans savoir vraiment quel est le père. Un certain Utrillo le reconnaît. L’enfant sera élevé aussi par sa grand-mère, représentée derrière Suzanne. La mélancolie de Maurice Utrillo est éclatante. Soigné plusieurs fois pour alcoolisme sévère, il souffrait aussi de troubles mentaux. Suzanne Valenton se représente puissante, au centre de sa famille.
Pour aller plus loin
Suzanne Valadon à Pompidou – Les nus
Jean-Paul Delfino et l’histoire de Suzanne Valadon
L’exposition à hauteur d’enfants : Pas de dispositif spécifique
Commissaires :
Chiara Parisi, directrice du Centre Pompidou-Metz, et Nathalie Ernoult, attachée de conservation, commissaires de l’exposition « Suzanne Valadon ».
Sources – Podcasts visite d’expos ici
Dans la presse – Télérama
Questions pratiques

Suzanne Valadon à Pompidou – Ses portraits
Centre Pompidou
#ExpoSuzanneValenton
15 janvier – 26 mai 2025
X : @CentrePompidou – Instagram :@centrepompidou – Facebook



[…] Valadon – Portraits – Les nus […]
[…] présentée au Centre Pompidou jusqu’en mai 2025. La première chronique analysait ses portraits. Ici, il s’agit de la nudité vue par l’artiste […]
Merci pour cette belle présentation, je connais très peu l’oeuvre de cette artiste. C’est étrange de voir ce tableau qui semble suspendu dans les échafaudages. Bonne soirée
Oui, je trouve très inspiré cette affichage qui en fait, renforce toute la portée de son art. Bonne continuation 🍃
Je découvre Suzanne Valadon et quel parcours de vie elle a. L’exposition doit valoir le détour. Merci Matatoune 🙂
C’est une vraie mise en lumière s’une artiste qui n’à rien à voir avec les courants de son époque. Un esprit libre mais respectueux de ses modèles. Merci et très bonne continuation 📚
Je découvre Suzanne Valadon, c’était une artiste talentueuse. J’aime beaucoup le portrait en famille où elle pose avec son fils et son jeune amant. Il représente bien ce qu’elle vivait à ce moment de sa vie.
Sacrée bonne femme et quel talent ! Pompidou Metz avait déjà fait une exposition que je n’avais pu voir. Je suis ravie qu’elle soit à Paris, car ainsi bcp vont pouvoir apprécier sa nouveauté dans le domaine de l’art
Merci pour la découverte de cette artiste !
Une peintre qui a amené sa patte à la fois intimiste et réaliste au moment où le mouvement du cubisme et du fauvisme envahissant le monde de l’art !
je ne connais que peu de ses oeuvres, à explorer !
Tout à fait . En tout cas, une artiste qui touche par sa sensibilité !
Cette expo me tente tellement
Alors, il ne faut pas tarder pour y aller 😉 Merci d’être passée ici !
Merci mais….un peu loin. doux mardi
Certes, mais peut-être viendra-t-elle jusqu’en Suisse, un jour !
Bonne continuation 🍃
J’aime beaucoup les couleurs éclatantes de certains tableaux que tu montres. Ceux plus ternes me plaisent moins.
Sa sensibilité et son parcours me touche beaucoup !