Récit d’Exil : Abdoulaye Soumah et la Traversée du Monde

vagabondageautourdesoi.com - Abdoulaye Soumah

Difficile de lire ce Récit d’une traversée du monde pour qu’un jeune homme vive l’exil alors que tout pouvait lui réussir !

Issu d’un couple dit mixte, un père musulman et une mère chrétienne, avec sa seconde femme, il aurait dû poursuivre ses études et se hisser dans la société Guinéenne bien que, contenue de mains de fer, par un pouvoir autocratique.

Seulement, son père, âgé, décède. Sa mère est alors répudiée par la famille de sa marâtre et décède d’une crise cardiaque. Lui est alors jeté dans les prisons du régime par son demi-frère, seul et orphelin. Il a 17 ans.

Que reste-t-il à cet homme qui vient tout juste d’en être un ? L’exil ! La France, bien sûr « La France est de loin le pays d’Europe le plus familier aux Guinéens. Nous parlons la même langue.« 

« Je ne voulais pas partir », ce récit est un témoignage de cette errance, de la solidarité de quelques-uns, des violences rencontrées, des trafics subis, des souffrances à jamais présentes de jour comme la nuit. Mais, « Tout cela en valait-il la peine ? »

De toute façon, il n’y avait et il n’y a pas De choix. Enfin, la parole de ces exilés et leurs expériences, traumatiques envahissent le monde littéraire. Une première percée avec le film L’histoire de Souleymane avait fait émerger, un homme, un récit de vie et d’expériences derrière les slogans de haine qui se répandent aujourd’hui.

Une postface écrite par Charles Bonaparte reprend le récit du narrateur de Abdoulaye Soumah, comme pour attester la véracité d’un récit qui n’en avait pas besoin. Seulement, il nous apprend qu’il a obtenu le statut de réfugié et qu’il préside l’association qui l’a aidé.

En conclusion, un récit témoignage poignant qu’il faut découvrir pour comprendre le quotidien des exilés qui frappent aux portes de notre Europe et éviter que leurs voix soient perdues à jamais dans les fonds marins de notre Méditerranée.

Remerciements

Aux éditions Grasset et à NetGalleyFrance

Puis quelques extraits

Avoir un enfant hors mariage exposait à recevoir cent coups de fouet en public devant la mosquée.

En Guinée, être avec une femme blanche est une marque de réussite et cela suscite l’admiration des jeunes. Le monde des Blancs est intimidant, surtout quand on est d’origine modeste. C’est, pense-t-on, le monde de la richesse et du pouvoir.

La France est de loin le pays d’Europe le plus familier aux Guinéens. Nous parlons la même langue. Nous avons tous entendu de nos grands-parents des histoires du temps où nous faisions partie de l’Empire français. Nous regardons la télévision française et connaissons le classement de la Ligue 1 probablement mieux que beaucoup de Français.

Ils violent. Ils violent seuls ou en groupes. Ils violent des femmes jeunes ou âgées. Ils violent les petites filles avec leurs doigts. Ils violent le matin, le midi, le soir. Ils violent avec leur arme pointée sur leur victime. Ils violent dans un coin ou devant tout le monde. Ils violent les cris, les plaintes, les larmes. IIs violent les corps et les âmes. Ils violent.
J’en ferai des cauchemars toute ma vie.

Et encore,

Une femme et son mari restent sur place car les passeurs ne parviennent pas à extraire l’or d’une des dents de celle-ci.

(Lampedusa) Le camp tenu par des associations est prévu pour deux cents personnes. Nous sommes près de cinq mille.

Je n’ai pas pu assister à l’enterrement de maman J’y pense encore chaque jour. Sa disparition m’a dévasté et les évènements qui se sont succédé si rapidement m’ont fait perdre tous mes repères. En quelques jours, ma vie bascule. Je suis seul, expulsé et subitement projeté dans l’horreur de la prison guinéenne.

(La Lybie) C’est un pays écumé par des milices. Les pires individus y prospèrent sur la misère des exilés.

Plus nous avancerons, plus le retour en arrière deviendra impossible.

Je me rappelle que ma mère craignait beaucoup l’eau, comme une grande partie des Guinéens et même des Africains. Elle m’interdisait d’aller à la mer car l’eau, c’est le diable qui emporte les enfants.

Il a découvert que l’Europe avait sa misère et qu’il y avait des Blancs pauvres. Et il a ressenti le poids de l’indifférence et du mépris.
Postface – Charles Bonaparte.

Ici en bref

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Questions pratiques

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Abdoulaye Soumah – Je ne voulais pas partir

Rentrée littéraire hiver 2025


Éditeur : Grasset – X : @editionsgrasset Instagram : @editionsgrasset – Facebook

Parution : 15 janvier 2025 – EAN : 9782246838142 – Lecture : Janvier 2025

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8 commentaires

  1. Sûrement un livre dur, mais très instructif. Les parcours d’immigration sont tellement difficiles et, arrivé en France, ce n’est pas plus facile… Merci pour cette présentation 🙏 Bon week-end à toi Matatoune 😊 🌞🌟✨️📚

    • Un témoignage poignant terriblement édifiant des violences subies qui, tu as raison, ne s’arrêtent pas à leur arrivée ! Bonne semaine ⛄️

  2. Merci d’en avoir parlé ça me touche je l’ai mis dans liste mais comme elle est longue se sera pas pour de suite, bises bon début de weekend

    • Ce sont des témoignages qu’il nous faut connaître, me semble-t-il. Bonne journée 🍃

    • Un témoignage en effet qu’il faut appréhender, me semble-t-il ! Bonne journée ⛄️

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