
Appelée par les commissaires, collectionneuse découvreuse, Berthe Weill était pour la plupart d’entre nous une parfaite inconnue. Pourtant, elle fut la première à vendre les tableaux de Picasso et à avoir permis, à de nombreux artistes, de se faire connaître. Marianne Morvan, commissaire, ajoute : « Pendant 40 ans, elle a trouvé par l’art un biais d’émancipation.«
Bravant le sexisme, l’antisémitisme et les difficultés économiques, elle fait le pari de miser sur des talents encore inconnus plutôt que sur des figures déjà sur le devant de la scène artistique, écrivant alors un pan encore méconnu de l’histoire de l’art moderne. Explications du site de l’exposition

L’exposition s’inscrit dans une série consacrée aux marchands d’art. La première fut celle présentant Modigliani et son marchand. Cette série d’expositions veut faire connaître les mécanismes de l’émergence des avant-gardes du XXᵉ siècle.
Celle-ci retrace la vie d’une galerie dans la première moitié du XXᵉ siècle. Une centaine d’œuvres, peintures, sculptures, dessins, estampes et bijoux, y sont présentées.
Entrons !

Gertrude Stein disait que Duffy cest le plaisir Dixit le cartel
Lorsque cette femme, Berthe Weill (1865-1951), ouvre sa galerie en 1901 dans le quartier Pigalle, elle s’engage auprès d’artistes dont elle veut soutenir les carrières.
Rien ne laissait présager qu’elle deviendrait mécène et collectionneuse ! Sa famille est d’origine juive alsacienne, avec un père chiffonnier et une mère, femme au foyer, et ses six frères et sœurs, tous nés à Paris. En apprentissage chez un marchand d’art, Berthe apprend à vendre de l’art, rencontre les artistes et comprend les enjeux des marchands.

En ouvrant sa galerie, elle apprend à se diversifier : vendre des livres, exposer des illustrateurs aux côtés des caricaturistes, etc. Elle s’engage en exposant dans sa vitrine des œuvres favorables au capitaine Dreyfus et à Zola.

Tout juste arrivé de Barcelone, Picasso lui montre ses tableaux. Elle réalise une quinzaine de ventes, avant même l’exposition Picasso à la galerie d’Ambroise Vollard, l’année suivante. Sa galerie porte l’enseigne B. Weill, sans préciser son prénom.
Politique non correcte
« Le 3 décembre 1917, trente-deux œuvres, surtout des peintures, sont dévoilées rue Taitbout, où la galerie a déménagé au cours de la même année. Quatre nus devenus emblématiques sont présentés. Leurs poils pubiens apparents déclenchent le scandale et le désordre, qui braquent le projecteur sur la Galerie B. Weill. Le commissaire du poste de police situé en face ordonne à la marchande d’« enlever toutes ces ordures ! », exerçant sa censure pour « outrage à la pudeur ». L’échec commercial de l’exposition est cuisant malgré les cinq œuvres achetées par Weill pour soutenir Modigliani, dont elle admire la peinture. Elle note dans Pan ! dans l’œil… : « Nus somptueux, figures anguleuses, portraits savoureux. » Explications du site de l’exposition

Découvreuse
Berthe Weill expose les artistes fauves qui peu après feront scandale dans le salon officiel : Dufy, Matisse, etc. De même, au niveau du mouvement cubisme.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est sa compagne qui tiendra la galerie, pendant qu’elle restera cachée.
En conclusion
Durant quarante ans, Berthe Weill fait comme elle veut et y réussit bien. Il est important que le musée de l’Orangerie lui rende hommage. Pour certains tableaux, on les découvre. Pour d’autres, quel plaisir de les retrouver !

« En 1951, à sa disparition, elle a défendu plus de trois cents artistes et organisé des centaines d’expositions aux quatre adresses successives de sa galerie : 25 rue Victor-Massé ; 50 rue Taitbout à partir de 1917 ; 46 rue Laffitte de 1920 à 1934, et enfin 27 rue Saint-Dominique. » Explications du site de l’exposition.
Pour aller plus loin :

Suzanne Valadon – Portraits – Les nus –
Commissaires :

Sophie Eloy, attachée de collection au musée de l’Orangerie
Anne Grace, conservatrice art moderne au Musée des beaux-arts de Montréal
Lynn Gumpert, directrice du Grey Art Museum, New York University, New York
Marianne Le Morvan (commissaire invitée), fondatrice et directrice des archives Berthe Weill, commissaire d’expositions et chercheuse indépendante.

Sources:
Questions pratiques :

Berthe Weill – Galiériste d’avant-garde
Musée de l’Orangerie
X : @MuseeOrangerie Instagram : @museeorangerie
Du 8 oct. 2025 au 26 janv. 2026
Jardin des Tuileries, Place de la Concorde (côté Seine) 75001 Paris

Cette belle exposition rend hommage à cette galiériste engagée qui a su mettre en lumière des artistes à leurs débuts. Bonne journée
Une exposition qui révélait un goût certain pour les créateurs. Bonne semaine
Merci pour cette découverte, je n’avais jamais entendu parler de cette découvreuse de talents. Bon week end
Peut-être cette exposition viendra-t-elle par chez toi !
Merci beaucoup pour cette découverte.
Elle était une contemporaine de Gabriële Buffet Picabia, et elles avaient le même but « faire découvrir la peinture et les peintres ».
Je vais voir si elle a une biographie (j’avais entendu parler d’elle mais sans plus).
La commissaire, Marianne Le Morvan, a fait un essai rassemblant ses découvertes. Mais comme le MAM présente aussi un autre collectionneur,que je ne connais pas, je vais choisir lequel approfondir la vie 😆
encore une exposition de qualité et quel parcours de vie incroyable !
Oui un « oeil » très sûr !
Merci pour ce tour de piste – c’est drôle comme les divers coups de projecteur sur cette exposition et ce bout de femme forment un grand tout quasi complet.
Et pourtant, j’avoue avoir envie d’en apprendre plus ! 😆
Inépuisable ce sujet ….
Bonjour Matatoune, j’ai déjà pris des billets pour cette exposition la semaine prochaine. Très envie de voir ces chefs d’œuvre ! Moi non plus je ne connaissais pas cette galeriste. Merci, bonne journée 🌞☃️❄️✨️🌟
Excellente visite qui doit approcher !
je l’ai découverte il y a peu avec le roman L’homme sous l’orage qui l’évoque, cette expo a l’air très intéressante!
Je ne l’ai pas lu… J’aurai peut-être dû, mais, les trois personnages principaux me semblaient trop convenus. Bref, avant cette exposition, je ne l’a connaissais pas. J’ai commandé le livre de la commissaire Marianne Le Morvan qui a fait de nombreuses recherches pour l’exposition. À suivre donc !
Oui c’est une exposition très intéressante, pour moi cela a été une découverte car je ne connaissais pas la personnalité de cette femme qui avait un œil incroyable !