Berthe Weill – Galiériste d’avant-garde

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Appelée par les commissaires, collectionneuse découvreuse, Berthe Weill était pour la plupart d’entre nous une parfaite inconnue. Pourtant, elle fut la première à vendre les tableaux de Picasso et à avoir permis, à de nombreux artistes, de se faire connaître. Marianne Morvan, commissaire, ajoute : « Pendant 40 ans, elle a trouvé par l’art un biais d’émancipation.« 

Bravant le sexisme, l’antisémitisme et les difficultés économiques, elle fait le pari de miser sur des talents encore inconnus plutôt que sur des figures déjà sur le devant de la scène artistique, écrivant alors un pan encore méconnu de l’histoire de l’art moderne. Explications du site de l’exposition

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Son appartement en 1928

L’exposition s’inscrit dans une série consacrée aux marchands d’art. La première fut celle présentant Modigliani et son marchand. Cette série d’expositions veut faire connaître les mécanismes de l’émergence des avant-gardes du XXᵉ siècle.

Celle-ci retrace la vie d’une galerie dans la première moitié du XXᵉ siècle. Une centaine d’œuvres, peintures, sculptures, dessins, estampes et bijoux, y sont présentées.

Entrons !

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Raoul Duffy Trente ans ou la vie en rose 1931 Musée dArt Moderne de Paris
Gertrude Stein disait que  Duffy cest le plaisir  Dixit le cartel

Lorsque cette femme, Berthe Weill (1865-1951), ouvre sa galerie en 1901 dans le quartier Pigalle, elle s’engage auprès d’artistes dont elle veut soutenir les carrières. 

Rien ne laissait présager qu’elle deviendrait mécène et collectionneuse ! Sa famille est d’origine juive alsacienne, avec un père chiffonnier et une mère, femme au foyer, et ses six frères et sœurs, tous nés à Paris. En apprentissage chez un marchand d’art, Berthe apprend à vendre de l’art, rencontre les artistes et comprend les enjeux des marchands.

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André Derain Pont de Charing cross vers 1906 Musée Orsay

En ouvrant sa galerie, elle apprend à se diversifier : vendre des livres, exposer des illustrateurs aux côtés des caricaturistes, etc. Elle s’engage en exposant dans sa vitrine des œuvres favorables au capitaine Dreyfus et à Zola.

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Pablo Picasso La chambre bleue 1901 Washington

Tout juste arrivé de Barcelone, Picasso lui montre ses tableaux. Elle réalise une quinzaine de ventes, avant même l’exposition Picasso à la galerie d’Ambroise Vollard, l’année suivante. Sa galerie porte l’enseigne B. Weill, sans préciser son prénom.

Politique non correcte

« Le 3 décembre 1917, trente-deux œuvres, surtout des peintures, sont dévoilées rue Taitbout, où la galerie a déménagé au cours de la même année. Quatre nus devenus emblématiques sont présentés. Leurs poils pubiens apparents déclenchent le scandale et le désordre, qui braquent le projecteur sur la Galerie B. Weill. Le commissaire du poste de police situé en face ordonne à la marchande d’« enlever toutes ces ordures ! », exerçant sa censure pour « outrage à la pudeur ». L’échec commercial de l’exposition est cuisant malgré les cinq œuvres achetées par Weill pour soutenir Modigliani, dont elle admire la peinture. Elle note dans Pan ! dans l’œil… : « Nus somptueux, figures anguleuses, portraits savoureux. » Explications du site de l’exposition

Modigliani Nu au collier au corail 1917 Museum Oberlin

Découvreuse

Berthe Weill expose les artistes fauves qui peu après feront scandale dans le salon officiel : Dufy, Matisse, etc. De même, au niveau du mouvement cubisme.

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Suzanne Valadon La chambre bleue 1923 Centre Pompidou Évidemment ces deux femmes libres et féministes ont dû aimer partager leurs idées

Pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est sa compagne qui tiendra la galerie, pendant qu’elle restera cachée.

En conclusion

Durant quarante ans, Berthe Weill fait comme elle veut et y réussit bien. Il est important que le musée de l’Orangerie lui rende hommage. Pour certains tableaux, on les découvre. Pour d’autres, quel plaisir de les retrouver !

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Van Dongen La femme au canapé 1920 Musée des Beaux arts de Montréal

« En 1951, à sa disparition, elle a défendu plus de trois cents artistes et organisé des centaines d’expositions aux quatre adresses successives de sa galerie : 25 rue Victor-Massé ; 50 rue Taitbout à partir de 1917 ; 46 rue Laffitte de 1920 à 1934, et enfin 27 rue Saint-Dominique. » Explications du site de l’exposition.

Pour aller plus loin :

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Suzanne Valadon – Portraits Les nus

Commissaires : 

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Sophie Eloy, attachée de collection au musée de l’Orangerie

Anne Grace, conservatrice art moderne au Musée des beaux-arts de Montréal

Lynn Gumpert, directrice du Grey Art Museum, New York University, New York

Marianne Le Morvan (commissaire invitée), fondatrice et directrice des archives Berthe Weill, commissaire d’expositions et chercheuse indépendante.

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Sources: 

Site de l’exposition

Questions pratiques :

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Berthe est au milieu

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Musée de l’Orangerie

X : @MuseeOrangerie   Instagram : @museeorangerie

Du 8 oct. 2025 au 26 janv. 2026

Jardin des Tuileries, Place de la Concorde (côté Seine) 75001 Paris

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16 commentaires

    • Une exposition qui révélait un goût certain pour les créateurs. Bonne semaine

  1. Merci beaucoup pour cette découverte.
    Elle était une contemporaine de Gabriële Buffet Picabia, et elles avaient le même but « faire découvrir la peinture et les peintres ».
    Je vais voir si elle a une biographie (j’avais entendu parler d’elle mais sans plus).

    • La commissaire, Marianne Le Morvan, a fait un essai rassemblant ses découvertes. Mais comme le MAM présente aussi un autre collectionneur,que je ne connais pas, je vais choisir lequel approfondir la vie 😆

  2. Merci pour ce tour de piste – c’est drôle comme les divers coups de projecteur sur cette exposition et ce bout de femme forment un grand tout quasi complet.

  3. Bonjour Matatoune, j’ai déjà pris des billets pour cette exposition la semaine prochaine. Très envie de voir ces chefs d’œuvre ! Moi non plus je ne connaissais pas cette galeriste. Merci, bonne journée 🌞☃️❄️✨️🌟

    • Je ne l’ai pas lu… J’aurai peut-être dû, mais, les trois personnages principaux me semblaient trop convenus. Bref, avant cette exposition, je ne l’a connaissais pas. J’ai commandé le livre de la commissaire Marianne Le Morvan qui a fait de nombreuses recherches pour l’exposition. À suivre donc !

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