
Jean-Paul Delfino rend hommage à Suzanne Valadon dans « L’affranchie de Montmartre« , retraçant la vie de Marie Clémentine, une femme devenue peintre célèbre.
Fille d’une lingère illettrée et d’un père inconnu, bagnard quelque part, Marie Clémentine Valadon sut dès l’âge de 11 ans qu’il lui fallait croire à ses rêves. Elle fut tout d’abord Olga, » la princesse cosaque » venant de Zaporoguie. Maria, à l’âge de 15 ans, sans accent, au regard bleu et au corps sculpté par la pratique du sport au cirque, devint un modèle nu très apprécié des peintres de la butte Montmartre dans les années 1880, sur le marché aux italiennes, rue de l’abreuvoir.
Seulement lorsqu’elle rencontra « Puvis le Lyonnais, Puvis le peintre académique, Puvis le dandy, Puvis le lettré « tout changea. Elle est la seule à donner son portrait pour la peinture du Bois sacré.
À l’aube de sa mort,
Suzanne décide qu’il est temps de se raconter, de regarder un peu en arrière et de confier à qui veut bien l’entendre sa vie, la vraie, pas celle qu’elle raconte pour meubler ses nuits sans sommeil.
Alors, lorsque le grand Francis Carco lui propose d’écrire sa biographie, elle se décide surtout à raconter Suzanne, la créatrice, l’amante de Monsieur Lautrec, celle qui fréquentait avec son « nabot » surnommé La Cafetière, les milieux artistiques et surtout la peintre qu’elle était devenue.
Dans cette biographie romancée de Jean-Paul Delphino, le lecteur croise Éric Satie, cet « autre chien sans collier », qui lui donna du Biqui, comme nouvelle nomination.
Jean-Paul Delfino raconte la façon dont Marie-Clementine est devenue peintre, n’omettant pas la fameuse séance où le Maître, le « grand Degas », comme on l’appelait lui avait dit « vous êtes des nôtres ».
Outre la vie de cette femme devenue peintre renommée, Jean-Paul Delphino décrit parfaitement ce Montmartre de fin de siècle, entre marmites (prostituées en argot), milieu artistique sans le sou et arrivée des Apaches.
De ses débuts difficiles à sa rencontre avec des figures artistiques notables, L’Affranchie de Montmartre de Jean-Paul Delfino explore le parcours de Suzanne Valadon et l’ambiance du quartier à la fin de siècle, s’attardant sur la complexité de la création féminine.
Puis quelques extraits

Il faut des lois pour que les choses bougent, je ne dirai jamais l’inverse. Mais qu’est-ce qui empêche une femme ou qui que ce soit d’autre de partir à la guerre, toit seul ? Rien. Rien à part la trouille d’échouer.
On est responsable de sa réussite comme on est responsable de sa déchéance.
Dans cette malle de cuir, elle avait entassé tout un fourbi de souvenirs, des trois fois rien, de ces petits cailloux que l’on sème pour ne jamais oublier d’où l’on vient et retrouver son chemin.
-Que veux-tu, ma fille ? C’était la règle absolue ! La peinture était faite par les hommes et pour les hommes. Il fallait émoustiller le bourgeois. Il fallait lui donner du fantasme, pas du réel. Morisot ou Casatt l’avaient bien compris. Elles, elles ont fait du très fin, du rien qui dépasse. Elles ont peint comme elles avaient été éduquées. En bourgeoises. Mais moi ? Tu sais d’où je viens et un peu ce que j’ai vécu. Alors ? Si j’avais dessiné des bambins aux joues roses ou des petits oiseaux, j’aurais pu, moi aussi, manger à ma faim et avoir des honneurs. J’aurais été catalogué comme femme peintre. Alors que je suis peintre avant tout et après, seulement après, je suis aussi une femme.
C’était donc cela la création. Inventer quelque chose qui, l’instant d’avant, n’existait pas. Et que l’on donnait au monde, sans rien savoir de la façon dont il sera reçu.
Ici en bref
Questions pratiques

Jean-Paul Delfino – L’affranchie De Montmartre
Rentrée littéraire 2024
Éditeur : Istya et compagnie -X : Instagram : @istyaetcompagnie – Facebook
Parution : 22 août 2024 –EAN : 9782889442560 – Lecture : Septembre 2024




[…] Jean-Paul Delfino et l’histoire de Suzanne Valadon […]
Tous mes vœux Matatoune, avec toujours plus de découvertes et de partages.
Je n’ai pas encore lu ce livre mais je suis impatiente de l’expo à Pompidou.
Anne
Mes vœux les meilleurs pour 2025. Moi aussi, j’ai hâte !
j’ai beaucoup aimé, et appris, avec ce roman
Oui et cela nous aidera à apprécier ses peintures, puisqu’une exposition va ouvrir mi janvier au Centre Pompidou !
j’avais également noté ! et j’ai bien envie de la voir
Oui, cela sera, je l’espère, un plaisir prochain !
J’ai toujours aimé Suzanne Valadon, aussi bien sa peinture que sa personnalité très forte. On peut visiter son atelier au musée de Montmartre. Elle a aussi beaucoup aidé son fils, Maurice Utrillo, peintre comme elle… Merci de cette intéressante présentation ! Bonne et heureuse année 2025 🙂
Nous aurons le plaisir de re-découvrir ses peintures au Centre Pompidou, bientôt ! Tellement ravie !
Oui, moi aussi 😃
Bonjour Matatoune. Ce roman devrait me plaire car je sais peu de choses sur cette artiste. Bonne journée et bisous
Une exposition ouvre à la mi-janvier au Centre Pompidou,. Je devrais en parler bientôt 😉
Je ne connais pas du tout cette femme, ce roman doit être passionnant. Bonne semaine et joyeux Noël
Passionnant en effet !
Et le dernier pour la rentrée littéraire en ce qui me concerne ! 😉