
Pour son second roman, Simon Chevrier immerge son double adolescent qui porte le même prénom, dans le milieu du mannequinat.
Juste avant de passer son bac, Simon est attiré par Leo, une relation découverte sur les réseaux sociaux. Leo lui trouve un look assez peu conventionnel et l’encourage à faire des castings pour percer. Trois photos suffiront, tente-t-il de convaincre Simon. Bonne figure décrit ce parcours fait d’espoirs et de déceptions.
D’une écriture très détachée, Simon Chevrier raconte les premiers émois d’une personnalité qui se cherche. Tant dans sa sexualité que dans ses situations de vie, son narrateur reste hors des ressentis et des variations de l’humeur. Tout semble passer sans empreinte.
Mais Bonne figure est aussi une description brute et froide du milieu de l’image, de la recherche du look susceptible de renouveler l’audience et dont tout le monde s’arrachera la présence. Des heures d’attente, de l’inquiétude, et la crainte de devenir le jouet d’une image trafiquée !
Mais ce second roman révèle aussi l’addiction que ces jeunes ont pour leur image qui sera scrutée, scannée et dépecée tant les mots deviennent crus. On parle de mensurations et de bon profil. Et surtout, il y a l’attente, qui frise la maltraitance tant le sujet est dépossédé de son ressenti.
Simon Chevrier parvient à déposséder son personnage de lui-même. Son langage dépouillé met mal à l’aise en créant une atmosphère flottante à l’image de son narrateur qui traverse son baccalauréat, les castings, sa relation amoureuse comme s’il n’en était pas le principal protagoniste. Je n’ai pas lu son premier roman, Photo sur demande. Aussi, suis-je incapable de dire si c’est son style. En tout cas, cette façon d’écrire est étonnante tant elle épouse parfaitement l’intrigue de ce roman atypique.
Pourquoi le lire ?
Pour découvrir un roman étrange et dérangeant sur le monde du mannequinat, mais notamment pour l’écriture singulière de Simon Chevrier. Son style volontairement détaché traduit avec une grande justesse la dépossession d’un adolescent confronté au regard des autres et à une image de lui-même qui finit par lui échapper.
Puis quelques extraits

Ce n’est pas de cette manière que j’imaginais nos lèvres s’unir. Je pensais à quelque chose de plus modulé, qu’elles auraient une manière différente de s’épouser, avec des variantes de rythme. Pour lui, on dirait qu’embrasser c’est écraser l’autre.
À ses côtés, je m’efface.
J’ai liké la photo sans réfléchir.
Je ne sais pas pourquoi je suis tombé amoureux de lui ni la raison pour laquelle je tolère qu’il s’en foute de ce que je veux, de ce que j’aime.
Ici en bref




Du côté des critiques : Télérama
Informations pratiques

Bonne Figure de Simon Chevrier
Rentrée littéraire 2026 – #rl2026
Éditions Les Intranquilles – Instagram : @editions_lesintranquilles –
Parution : 19 août 2026 – EAN : 9782387550057 – Lecture en septembre 2026

Bonjour Matatoune. Je ne connais pas le monde du mannequinat et ce roman devrait m’intéresser. Bonne journée
C’est l’écriture qui m’a assez bluffée : froide, distante et sèche. Étonnant en fait ! Bon week-end !
Le monde du mannequinat ne m’intéresse guère. Bon week end
Bon week-end à toi aussi !
Pas tentée par le monde du mannequinat, mais ce que tu dis du style de l’auteur me tente.
C’est extrêmement frappant comme l’écriture edt détachée, neutre sans affect ! Brillant, me semble-t-il ! Pas lu son premier !
L’auteur semble avoir réussi à fondre son écriture dans son protagoniste, chose pas si aisée. Quant à ce monde de l’image, il semble porter en lui une violence intrinsèque inhérente à ses fondements.
Tout à fait ! Une écriture à découvrir !
Je note car en plus c’est une vision masculine.
D’un jeune homme, en effet !
Bonjour Matatoune, merci pour la découverte de ce jeune écrivain que je ne connaissais pas. Son écriture semble assez belle. Très bonne journée à toi 🙏🌞🍀
[…] Bonne Figure de Simon Chevrier : quand l’image prend le pouvoir […]