Frida Kahlo – Au delà des apparences

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Frida Kahlo est de retour à Paris cet automne ! Depuis les années 2010, le monde entier en a faite une icône féministe et libre. Des produits dérivés inondent le marché. Et, son effigie devient tendance.

Parce qu’à sa mort, en 1954, Diego Rivera, son mari mais aussi son ex à la fois, a souhaité garder sous scellés tous les objets personnels de l’artiste, ce n’est qu’en 2004, que ceux-ci ont pu être révélés au public.

Le Musée de la Mode de la Ville de Paris choisit de présenter plus de 200 objets provenant de la Casa Azul, la maison où Frida Kahlo est née et a grandi : vêtements, correspondances, accessoires, cosmétiques, médicaments, prothèses médicales…

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Brin d’expo

Après un long couloir, étroit, qui détaille la vie de Frida Khalo mettant en correspondance certains tableaux et les éléments de sa vie privée par la copies de lettres, de films et beaucoup de photographies, les objets intimes de l’artiste s’exposent. Après, ce sont ses robes, nombreuses, qui sont exposées. L’exposition se finit en montrant tout ce qu’elle a apporté à la mode contemporaine.

Masculin et féminin à la fois

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Son père, Guillermo Kahlo (1871-1941), né Carl Wilhelm Kahlo à Pforzheim, dans le grand-duché de Bade, en Allemagne, est un Allemand de confession luthérienne, fils d’un bijoutier et orfèvre issu de la bourgeoisie.

Des clichés de son père, photographe professionnel lui-même, la montrent à la fois femme mais aussi aimant s’habiller en homme. Elle a joué toute sa vie entre les deux genres.

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Frida Khalo, à gauche en costume d’homme, pose en costume d’homme.

Même lorsque regardée et aimée par d’autres photographes, elle séduit par son côté mutin, son mono sourcil et sa moustache pose la question du genre.

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Ce portrait de 3/4 est réalisé par son père en 1926. Elle le donnera à l’occasion de son mariage à son futur mari. Souvent dans ses peintures, elle se représentera ainsi, le visage de 3/4.

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Ce portrait toujours réalisé par son père est très intéressant. Il présente une jeune fille de 19 ans, éduquée à l’européenne, bon chic bon genre ! Mais, la pose masque les séquelles à la fois de la poliomyélite contractée à l’âge de 6 ans et de son accident de bus à 18 qui l’a laisse mutilée et le corps à jamais douloureux.

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Dessin de son accident- 1926 –

A la conquête du pouvoir de sa féminité

En conquérant le plus grand peintre mexicain, Frida Kahlo a compris que, malgré son corps abîmé, ses cicatrices, ses prothèses, elle pouvait séduire !

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Photo de mariage – 1929

Déjà, le style de Frida Kahlo se construit : elle couvre ses épaules d’un rebozo (châle). De plus, sa jupe à volants s’inspirent déjà de tenues traditionnelles.

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Lola Alvarez Bravo – Frida Khalo regardant dans le miroir du patio avec ses deux chiens – Vers 1944

Lors de son voyage à New-York –

En accompagnant son mari là où on le demande (San-Franciso – Détroit- New York), Frida Kahlo se rend compte qu’elle peut attirer le regard avec ses tenues, ses bijoux et son maquillage qui vont devenir à la fois l’emblème de sa séduction mais aussi son pouvoir dans le regard des autres.

Film de Nikholas Muray

Handicap assumé

La salle qui montre prothèses, bijoux et fioles de parfum et rouge à lèvres est impressionnante. Ses prothèses révèlent sa souffrance et pourtant, elle les utilise comme objet de séduction. Quelle leçon !

 

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Un style exceptionnel

En affirmant ses origines mexicaines, celles de sa mère Matilde Calderón y González, Frida Kahlo se construit une représentation : sa Mexicanidad. La famille de sa mère est originaire du Tehuantepec, au sud du Mexique, région aux traditions vestimentaires marquées connues pour leur organisation plutôt matriarcale. Elle adhère au parti communiste à l’âge de 18 ans.

Elle assortit son rebozo – grand châle coloré – aux fleurs piquées dans ses cheveux, comme à son rouge à lèvres ou à son vernis. Elle arbore dans un fameux autoportrait un resplandor, grande coiffe traditionnelle en dentelle, et ses tenues vibrantes seront immortalisées par de nombreux photographes. Beaux-Arts

Elle adopte des huipiles, sortes de chasubles aux broderies chatoyantes, avec lesquelles elle cache ses corsets. Elle attire toujours les regards sur le haut de son corps, sur les broderies de ses hauts, sur les fleurs dans ses cheveux, sur son regard intense.

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Ne pas être uniquement la femme de Diego

« Les gringas m’aiment vraiment beaucoup et remarquent toutes les robes et les rebozos que je porte. Leurs mâchoires se décrochent à la vue de mes colliers de jade et tous les peintres veulent que je pose pour eux. »

Les infirmières qui l’accompagnent dans ses souffrances l’aident à se coiffer, à se maquiller, à se parfumer. Il ne s’agit pas de coquetterie, mais de survie, d’acte de résistance. Viva Frida –Gérard de Cortanze

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C’est un ensemble que Frida Kahlo portait lors d’une réception et qui a fait l’objet d’articles dans les magazines.

De magnifiques tenues, chatoyantes aux couleurs assorties ou non, et  toujours une présence ressentie tout au long de cette salle.

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Portrait de Julien Lévy au moment où il organise la première exposition des travaux de l’artiste.

Pour conclure,

L’exposition des objets personnels et des tenues de l’artiste amène une connaissance particulière de la personnalité de la femme qui a transmis par son art, terriblement novateur, toute sa colère, sa souffrance et son ressenti mais surtout sa liberté.

Pour aller plus loin

Frida Kahlo, l’influenceuse

Rien n’est noir- Claire Berest

Des photos inédites de Frida Kahlo

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Commissaire scientifique

Circe Henestrosa, conceptrice et commissaire de l’exposition, directrice de l’école de mode LASALLE Collège of the Arts, Singapour
Miren Arzalluz, directrice du Palais Galliera

Gannit Ankori, conseillère curatoriale, PhD, directrice et conservateur en chef Henry and Lois Foster, Rose Art Museum, États-Unis

Sources

Beaux-Arts Magazine

Télérama

Questions pratiques

Frida Kahlo – Au delà des apparences

6 juillet 1907-13 juillet 1954

#expoFridaKahlo

Palais Galliera

Twitter :  @PalaisGalliera Instagram : @palais_galliera

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Musée de la Mode de la Ville de Paris
10, Avenue Pierre Ier de Serbie, Paris 16e

Expositions 2022

Chroniques culturelles

17 commentaires

  1. « Et puis y’a Frida qu’est belle comme un soleil et qui m’aime pareil que moi j’aime Frida », chantait Jacques Brel.
    A priori aucun rapport, sauf que je vais l’avoir en tête un moment comme à chaque fois que j’entends parler de Frida Khalo ; alors autant vous en faire profiter…
    Merci Matatoune pour cet article qui m’apprend beaucoup, moi qui suis trop loin pour aller voir ce genre d’expositions !

    • J’avais oublié la Frida de Brel 🙂 merci pour le partage 🙂 Merci et oui c’est une façon de partager ce qui a plu !

    • Oui, certes ! Mais, je trouve que cela donne des nuances que je n’avais pas abordées de sa personnalité 🙂

  2. Quelle magnifique garde-robe. J’ai vu une exposition qui lui était consacrée ainsi qu’à son mari il y a longtemps à la fondation Giannada. Bon week end

    • Oui, ses tableaux étaient quand même extrêmement novateurs. Bon week-end 🙂

  3. superbe, je comptais y aller. Je regrettais qu’il n’y ait pas de toiles mais visiblement, les objets sont suffisants. Vous conseillez naturellement ?

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