Rien n’est noir – Claire Berest

@vagabondageautourdesoiFascinée par Frida Khalo, Claire Berest présente le roman « Rien n’est noir » sur sa vie commune avec Diego Riviera. Jeune fille, éprise de liberté et de soif de vivre, est victime d’un accident qui la laisse handicapée et douloureuse.

Pour juguler sa rage, la Frida de Claire Berest commence à peindre ce que les mots ne suffisent plus à dire. Enfin, debout après des mois de souffrance, elle se met au défi de conquérir le peintre le plus reconnu de tout le Mexique, celui qui souhaite aussi dompter le monde.

Devant ses peintures, non seulement le « Mastodonde Riviera » ne résiste pas mais les cicatrices de la jeune fille le retiennent plus que d’habitude, ses excès, sa liberté, son effronterie et sa soif aussi.

Mais à 20 ans, on aime d’amour à mort. Pendant plus de 10 ans, cette jeune femme essaye de rester LA FEMME de Diego, de vingt ans plus âgé : Celle qui orne sa coiffure de bouquets de fleurs naturelles, celle qui brode ses jupons de phrases comme filtres d’amour, celle qui chaque jour orne sa chevelure de rubans multicolores, celle qui ne quitte jamais ses robes Tehuana de paysannes indiennes mais qui boit de la Tequila comme un guérilléros et qui jure comme un charretier.

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L’hôpital Henry Ford – 1932 – La peintre décrit sa souffrance et sa solitude après sa fausse couche de savoir qu’elle en pourra jamais avoir d’enfant.

N’acceptant pas que son « crapaud en chef » réponde sans sourciller à son « appétit sexuel », elle tente d’être son égal. Elle vit à cent à l’heure des aventures adultères saphiques ou non, mais à chaque fois, c’est une descente plus rapide vers la souffrance. Car à vouloir exclusivement, on empoisonne « l’ogre« …

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Le suicide de Dorothy Hale – 1938 – C’est une commande auquel répond l’artiste qui a choquée son commanditaire.

Claire Berest démontre parfaitement combien la peinture de Frida, cette « Néfertiti mexicaine », répond à une nécessité impérieuse. Le Diego de Claire Berest semble en comprendre le talent qu’un peu tardivement, me semble-t-il, tellement son égo est surdimensionné et que tout tourne autour de sa petite personne ! D’ailleurs, il lui offre la consécration mondiale en cadeau de rupture. Mais, sans son « mentor », son « enfant », son « amour », sa passion, que peut-elle faire ?

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Les deux Fridas – 1939 – Selon les notes de son journal, celle de droite est le double imaginaire de Frida. Elle porte des couleurs qui signifient l’amour, la folie et la peur. Riviera vient de lui annoncer qu’il la quitte.

Claire Berest décrit parfaitement les tableaux comme des moments importants de ce parcours commun. Plus jamais je ne pourrais regarder, admirer, m’émouvoir devant un tableau de Frida Khalo sans retrouver celle de Claire Berest.

C’est une grande qualité de ce roman biographique de nous présenter Frida Khalo comme une femme de passion qui brûle sa vie pour éviter de tomber sous les coups de la souffrance de son corps et la violence de sa passion pour cet homme inconstant. Du coup, le talent atypique de cette artiste éclate, triomphe et émeut largement plus que celui de l’artiste Riviera. Vraie revanche pour autant de souffrances vécues !

cite-56a4b9b45f9b58b7d0d8877bÀ force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien.

On ne peut deviner à l’avance celui ou celle qui va vous attraper par la main quand tout dévisse.

Comme si ses tresses étaient autant de laisses, qui la tiennent captive de Diego..

Elle ne peint pas pour être aimée. Elle est transparente, c’est a dire qu’elle ouvre grand la fenêtre vers l’intérieur.

La peinture c’est un lieu sur la mappemonde de mon existence.

Mais quand est-ce que je pars d’ici, c’est quand la fin? pense-t-il, parce-que, quand on a trop mal d’être vivant, on sait tout de même, qu’on peut encore mourir.

Il faut un lascif goût de mort pour qu’une fête soit réussie.

Quelle différence entre l’amitié et l’amour ? Après on oublie, après on part, après on meurt.

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

@vagabondageautourdesoi

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Page 206

Rien n’est noir – Claire Berest

Éditeur : Stock

Parution : 21/08/2019

ISBN : 2234085683

Lecture: Novembre 2019

13 commentaires

    • Oui moi aussi j’avoue vu une exposition sur le Mexique et les peintres muralistes. Du coup, j’avais découvert les fresques de Riviera et beaucoup de tableaux de Frida Khalo. Bouleversant.

    • Oui, c ‘est sûr et du coup souvent on n’a plus envie de les lire. Bonne soirée

    • Le titre et aussi l’ illustration. A sa vue, on pense romance alors que pas du tout 😉

    • J’ avoue l’ avoir un peu trop lu rapidement pour l’ apprécier. J’y reviendrai certainement.

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