Douglas Kennedy – Les hommes …

Les hommes ont peur de la lumière

vagabondageautourdesoi.com - Douglas Kennedy - Quel plaisir de lire le roman noir, Les hommes ont peur de la lumière de Douglas Kennedy traduit par Cloé Royer qui décrit une Amérique actuelle, lézardée, fracturée et exsangue par une politique libérale où l’argent a toujours été roi.

Retrouvant le style de ses débuts, l’écrivain rend compte en particulier de la réalité vécue par les femmes qui souhaitent avorter dans des états fédéraux où les pro-vies ont choisi de contester la loi en vigueur. Du coup, c’est un portrait cinglant d’une démocratie fragilisée par ses extrémistes qui ne peuvent plus s’écouter pour vivre ensemble.

Brendan est devenu chauffeur Uber, travaillant de soixante à soixante-dix heures par semaine pour douze dollars de l’heure après trente-cinq années dans la vente et un diplôme d’ingénieur obtenu dans sa jeunesse.

Après avoir déposé une femme d’un certain âge devant un porche où l’entrée se fait par un digicode, il décide de s’octroyer une pause dans un lieu proche. A son retour, il surprend un motard balançant un cocktail Molotov à l’intérieur de l’immeuble où la femme s’était engouffrée. L’explosion permet à Brendan de faire la connaissance d’Élise, Douma accompagnant bénévolement les femmes qui viennent se faire avorter.

Par ailleurs, un traumatisme intime a condamné la femme de Brendan à devenir une fervente catholique influencée par un triste personnage prêtre de son état. Dans ce roman, Klara, fille de Brendam, incarne la jeunesse américaine et la lucidité sur son pays. De rebondissements en rebondissements, le trio va affronter des situations pour lesquelles, ils n’avaient jamais imaginé côtoyer.

Respectant le rythme du polar,

Douglas Kennedy ne se prive pas d’une critique sociale acerbe de la société américaine. Outre la découverte de la manière dont les pro vies agissent, c’est l’abime qui sépare les deux communautés qui inquiètent. Est-ce que, pour les humanistes, la solution n’est-elle pas l’exil, comme le suggère la propre vie de Douglas Kennedy, francophone, convaincu.

Mais, avant tout, Les hommes ont peur de la lumière est un page turner dans lequel Douglas Kennedy raconte avec diverses péripéties l’Amérique conservatrice débridée des années passées, autour de trois personnages bien campés et rapidement très sympathiques. A recommander !

Remerciements

@NetGalleyFrance    et  @Belfond  pour @Leshommesontpeurdelalumière de @DouglasLKennedy

Pour aller plus loin

Isabelle l’après-midi – Douglas Kennedy

Puis quelques extraits

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Les gens qui détestent leur vie ne lâchent jamais de pourboire.

Ou peut-être que, pour la première fois de ma vie, j’avais refusé de me laisser dicter ma conduite par un homme en position de pouvoir – ce prêtre à col romain, avec ses manières de gangster et ses menaces à peine voilées.

Je suis épuisée par tous ces débats sans fin, cette lutte incessante. Et je me rends bien compte qu’on ne trouvera jamais de terrain d’entente. Aucun compromis n’est possible, aucun camp n’est prêt à reculer d’un pouce. C’est notre nouvelle guerre de Sécession, sauf qu’elle n’oppose pas le Nord au Sud… Enfin, on n’en est pas loin.

Depuis le temps que vous vivez ici, vous devez connaitre la règle d’or des routes californiennes : il suffit d’avoir besoin de se rendre quelque part en urgence pour que la circulation soit un cauchemar.

Parfois, se goinfrer de malbouffe est le seul moyen d’affronter le chaos qui nous assiège.

Petit à petit, ils transforment ce pays en république bannière entièrement contrôlée par une élite d’ultrariches.

On ne travaille pas chez Uber.
Personne ne travaille chez Uber.On conduit pour Uber.
Alors, même si on n’est pas leur « employé  » à proprement parler…
On est leur prisonnier.

Si l’histoire nous a appris quelque chose, c’est que ceux qui croient obtenir la lumière condamnent souvent les autres à l’obscurité.

Et l’idée que dans un monde gangrené par la cruauté et la haine, nous devons faire de notre mieux les uns envers les autres.

Ici en bref

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

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Premier extrait
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Second extrait
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Troisième extrait

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Douglas Kennedy-Les hommes ont peur de la lumière

Traduction : Cloé Royer

Éditeur : Belfond

Twitter : @Belfond Instagram : @editionsbelfond

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Parution : 5 mai 2022

EAN : 9782072988110

Lecture : Juin 2022

Littérature contemporaine

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Chroniques littéraires

13 commentaires

    • A oui, surtout en ce moment ! Une bande de réac a pris possession de l’Amérique et ils ne devraient pas s’arrêter là ! Colère …

  1. Ce livre me fait très envie et je le note, je n’ai jamais lu cet auteur, mais cette thématique m’intéresse beaucoup. Bon dimanche

    • J’ai retrouvé le ton des premiers et j’espère, si tu le lis, qu’il en sera de même pour toi !

  2. je l’ai demandé et obtenu sur NetGalley, ta chronique confirme que j’ai bien fait de ne pas tenir compte de mes quelques déceptions avec l’ami Douglas 🙂
    cela ne va pas arranger ma méfiance vis-à-vis des USA mais tant pis elle en a encore pris un coup avec un roman que je déguste en ce moment : « Celui qui veille » de Louise Erdrich

  3. je tenterais parce que vous le conseillez mais j’ai été vraiment déçue par tous ses derniers livres

    • Je pense qu’il revient à ses débuts. Mais j’aurai plaisir à lire votre avis 🙂

  4. Un excellent roman sur le conservatisme pro-vie mêlé à la dictature douce de la droite, le seul reproche que je ferai néanmoins à ce livre est qu’il prend peu à peu une tournure d’ aventure

    • Peut-être, mais ça ne m’a pas gênée. Comme une respiration nécessaire après la description des violences …

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