Patrice Franceschi – S’il n’en reste qu’une

Rentrée littéraire 2021

vagabondageautourdesoi.com Patrice Franceschi -S’il n’en reste qu’une de Patrice Franceschi apporte pour cette rentrée littéraire un souffle d’actualité en permettant à sa journaliste de reconstruire l’histoire de deux combattantes kurdes au destin héroïque époustouflant qui plonge le lecteur au cœur de l’essentiel !

Originaire du Québec, Rachel Casanova est journaliste grand-reporter depuis dix ans à Sidney Match. Son boss Jim Billingman lui propose de partir au pays Rojava, nom ancien du pays Kurde pour écrire un reportage sensible sur leurs combattantes. Si elle réussit, il pourrait aussi devenir un livre. Pourquoi pas !

C’est en visitant Kobané avec son guide, Mohamed, que Rachel exprime l’envie de sortir du circuit habituel et de visiter le cimetière kurde. Alors, juste avant de reprendre l’avion du retour, on la dépose pour trente minutes, montre en main, avant de venir la rechercher. Comme une ville fantôme, elle découvre que presque toutes les tombes ont été saccagées. Mais une tombe deux fois plus grande et plus massive attire son attention. Juste à côté dans un cadre de bois, deux visages de femmes sont photographiées côte à côte : Tekochine et Gulistan.

Rachel va remonter leur histoire, Hevala Tekochine, à peu près quarante ans, et Gulistan, juste vingts ans d’origine yézidi, toutes les deux tuées lors de la dernière offensive turque en 2019. La première était commandante d’un bataillon à Kobané. La seconde, retrouvée sans famille, s’est trouvé auprès des yapajas, combattantes kurdes, et les yapaguès, leurs homologues masculins, une famille, un combat et une mission.

Tekochine avait une allure générale à la fois farouche et indéfiniment délicate avec ses long cheveux tressés sur une seule natte, l’identité intime des Yapajas ! Mais au silence qui entourent es deux femmes, Rachel pressent une enquête difficile, laborieuse où on ne sait où elle va la mener. Car, en effet, c’est une tragédie en trois actes qu’elle découvre en allant toujours plus avant dans la clandestinité pour accomplir la totalité de son projet. Seulement, peut-on ainsi constater ces dépassements en restant étrangère à leur combat ?

Patrice Franceschi convie avec S’il n’en reste qu’une à un devoir de mémoire pour ces combattants qui ont fait reculé les terroristes de l’État Islamique à Kobané en 2014, puis à Raqqa grâce au soutien tardif de la coalition occidentale mais que cette dernière a lâchement abandonné à Serikani laissant les troupes turques, soutenues par les islamistes, les anéantir et empêcher la création d’un territoire autonome.

Patrice Franceschi braque le projecteur sur ces  femmes courageuses et intrépides qui comme les hommes luttaient pour faire émerger un territoire démocratique et laïque, féministe et écologique dans ce coin perdu du Moyen-Orient.

Romancier, aviateur et marin, Patrice Franceschi était officier de réserve, président de la Société des explorateurs français et engagé auprès des Kurdes de Syrie au début des affrontements. Son roman est précieux pour donner une identité à ces femmes qui au cours de cette guerre se sont retrouvées happées dans une spirale où leur choix et leur liberté restaient leur bien le plus précieux. Confrontées à l’héroïsme, ces femmes se dépassent

Avec cette fiction courte, terriblement bien bâtie grâce à ce parcours initiatique en trois étapes, Patrice Franceschi immerge son lecteur dans une réalité certes vue et revue en images sur nos écrans de télévision et même dans des films au cinéma, mais complétement différente tant on croit sentir le sable, la chaleur, la sécheresse d’un pays rude et aride qui demandait juste à vivre libre !

Difficile de ne pas être emporté par cette épopée aux accents de vérité que raconte Patrice Franceschi ! Surtout en ce moment, où nos regards ne peuvent quitter l’Afghanistan ?

Merci  à @NetGalleyFrance et @EditionsGrasset pour #silnenrestequune de  de m’avoir permis de découvrir ce roman .

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Puis quelques extraits

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Si vous parvenez à ressusciter l’histoire de ces deux filles, c’est leur mémoire que vous allez protéger- c’est manifeste.

(…) le combat des kurdes contre l’ État islamique à été une épopée militaire vers la liberté et l’ émancipation des femmes (…)

Quand on connaissait l’histoire de Gulistan, on ne pouvait plus douter d’une chose ensuite: les gens honnêtes portent ce qu’ils sont sur leur figure.

« Tout le malheur des hommes vient de ce qu’ils craignent la mort. Si on chasse cette peur, le bonheur revient.  »

– » Mangez au maximum des que vous le pouvez (…) , telle est la loi de la guerre  »

Savez-vous ce que cela représente pour quelqu’un qui aime son pays, de le voir réduit année après année à des monceaux de décombres.

« Mais vous vous croyez où, monsieur le journaliste ? Dans votre pays tranquille où on est libre de tout choisir ? Choisir ce que l’on mange comme le métier que l’on fait ? Est-ce que vous avez seulement une idée de notre espérance de vie, à moi ou à la camarade Asya ? Nous, on dit: si on pouvait avoir quatre ou cinq ans, ce serait bien… Chez les Yapajas du Rojava, personne ne meurt du cancer. » 

Et encore

(…) elle ne plaçait rien au-dessus de la liberté. Absolument rien. (…) C’était sa force; elle était capable de repousser la mort chaque fois que nécessaire. (…) elles resteraient libres dans leurs têtes si elles refusaient le principe même de la servitude (..).

(…) le suicide est accepté quand il est l’ultime recours pour ne pas subir d’abominables souffrances, quand il représente cette liberté finale.

(…) chez nous, les bataillons de Yapajas sont comme des couvents militarisés.

Ces rapports ne disent rien des incendies qui embrasent tout ce qui fait une vie humaine, ils ignorent les cadavres en putréfaction, ils évacuent les odeurs de charogne, ils laissent de côté les ruines et les décombres fumants dans lequel il faut vivre et mourir.

(…)  » j’ai fait le serment que lorsque je pourrai, quoi qu’il arrive, ce ne sera pas comme un animal domestique »

(… ) peut-être n’y avait- il de dignité dans le combat.

(…)  » les vérités qu’il faut aller chercher au péril de sa vie pour pouvoir les transmettre avec force »

(…) ici nous passons notre temps à honorer nos morts. Oublier , c’est trahir, pensons- nous .

Ici en bref

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

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En premier, cet exergue
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Puis un premier extrait
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Puis un dernier

Fragment audio

Du côté des critiques

France inter     – Le Monde

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Questions pratiques

Patrice Franceschi – S’il n’en reste qu’une

Éditeur : Éditions Grasset

Twitter : @EditionsGrasset Instagram :@editionsgrasset

Parution : 25 août 2021

EAN : 9782246820451

Lecture : Août 2021

Littérature contemporaine

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Chroniques littéraires

15 commentaires

  1. Je le note. Il y a beaucoup de réfugiés kurdes en Suisse et j’en connais plusieurs. C’est aussi un peuple martyr, je vais essayer de trouver ce livre. Bonne journée

    • Il est encore sur Netgalley … Je ne savais pas que la Suisse avait accueilli bcp de réfugiés kurdes … Bonne soirée !

  2. Je le note car la question kurde m’a toujours intéressé. Ces combattantes si courageuses lâchement abandonnées par l’Occident.. On voit la même lâcheté en Afghanistan ces dernières semaines. Triste. Merci d’avoir présenté ce roman Matatoune 🙂📚

  3. Très beau sujet de livre, en phase avec l’actualité ! C’est bien de rendre hommage à ces combattants et combattantes… Ils (elles) sont très courageux (ses).

    • C’est un livre qui traite d’un sujet fort, malheureusement d’une grande actualité ! Bonne soirée

    • Un roman qui dit une réalité du Moyen-Orient et en plus d’une terrible actualité !

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