
Cette maison-musée avec Proust, La Villa du Temps retrouvé à Cabourg accueille pour une nuit Évelyne Bloch-Dano pour la collection Ma nuit au Musée. Ancienne enseignante de lettres, l’écrivaine se passionne pour les biographies. Celles de Zola, Balzac et bien sûr Proust sont les plus remarquables, avec son essai, Madame Proust, qui fut récompensé par le prix Renaudot en 2004. De plus, elle a participé au Comité scientifique et culturel de la future Villa du Temps retrouvé ce qui lui donne une aura particulière à cette nuit passée.
Ce parfum des années est une ode à la Belle Époque. Évelyne Bloch-Dano choisit de nous faire visiter cette villa par les femmes qui ont inspirées Marcel Proust. Ainsi, dans le salon des peintures, des femmes célèbres l’attirent. Avec certaines touches plus personnelles, l’écrivaine raconte ces femmes quelque peu oubliées.
Femmes de la Belle Époque
Évelyne Bloch-Dano ressuscite ainsi la personnalité d’Alice Guy qui fut la première réalisatrice de l’histoire du cinéma. Entre deux confidences sur les parfums, Rosa Bonheur s’invite avec force détails, dont celui d’avoir reçu de la main de l’impératrice Eugénie sa Légion d’honneur.
La seconde qui reçoit la prestigieuse distinction est Madeleine Lemaitre, artiste peintre aussi et cultivant les ressemblances avec Missy. Elle est La Madeleine de Proust comme l’écrit Évelyne Bloch-Dano en lui consacrant un chapitre.
Dans le salon rouge deux autoportraits l’attirent. Celui de Winnaretta Singer Polignac, héritière des machines Singer, mécène musical qui tenait salon et celui d’Élisabeth Greffulhe qui inspira Proust. Mais, c’est aussi de son inquiétude des événements tragiques du monde qui la traverse cette nuit dans la Villa du Temps retrouvé créant des liens particuliers avec l’univers du grand écrivain. « J’ai besoin d’échapper au présent et, comme toujours, je fuis dans le passé, à la recherche d’un havre de paix dont pourra s’emparer mon esprit pour se calmer.«
Cette déambulation dans ce lieu si connu fut sa réponse à l’angoisse du monde actuel avec sa parenthèse de sérénité. Elle nous incite également à reconnaître ces multiples personnalités qui ont fait de cette époque un moment historique dédié aux figures féminines puissantes.
Évidemment, Le parfum des années devient un complément indispensable de la visite, mais on ne peut limiter sa lecture à cet événement. Une pérégrination nocturne encore parfaitement réussie d’Évelyne Bloch-Dano !
En quelques mots
Dans Le parfum des années, Évelyne Bloch-Dano passe une nuit à la Villa du Temps retrouvé de Cabourg. À travers les femmes qui inspirèrent Marcel Proust, elle fait revivre la Belle Époque et ses figures féminines oubliées. Une déambulation sensible et érudite où le passé devient refuge face aux inquiétudes contemporaines.
Remerciements
Aux éditions Stock et à #Netgalley
Puis quelques extraits

L’historien Dominique Kalifa, qui participa aux travaux préparatoires du musée (mais mourut tragiquement avant l’ouverture), a montré que l’expression « Belle Époque »- un chrononyme – est bien postérieure à la période où elle se déroula. Un premier signe en est donné en 1940 par une émission sur la vichyste Radio-Paris consacrée à la musique des années 1900 et intitulée : Ah ! la Belle Époque ! Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que l’expression fait vraiment son apparition, produit d’un imaginaire historique qui s’enracine autour du Paris et de l’esprit français de 1900. La durée même qu’elle recouvre est floue. Dominique Kalifa la limite aux quinze ans qui ont précédé la Grande Guerre : 1900-1914. Selon lui, elle « commence avec I’Exposition universelle et finit avec la mobilisation, elle est l’aube du xx* siècle, en contient les promesses et en annonce les cauchemars ». Mais, on peut en distinguer les prémices une vingtaine d’années auparavant, dans la fin de siècle qui l’annonce.
Mais, c’est ce miracle de l’imagination que j’espère quand je visite une maison d’écrivain : un lieu de fiction.
Ma capacité à faire d’un lieu nouveau un espace intime est sans limite. Où je suis, voici ma maison.
C’est peut-être sa fin tragique qui donne son sens à la Belle Époque. Oui, c’est peut-être cela que nous apprenons : les belles époques ne durent pas.
«Nager en plein ciel. Arriver aux délicatesses du nuage. Suspendre ces masses au fond, bien lointaines dans la brume grise, faire éclater l’azur », écrit Boudin dans son Journal le 3 décembre 1856.
Et encore,
Que Sarah, si proche de nous par son humanité, son désir d’enfant, sa jalousie, son manque, sa vieillesse et son caractère intraitable, nous parvienne de si loin, me sidère. On pourrait en faire un roman contemporain. Il suffirait d’en modifier quelques détails. Elle ne me paraît pas plus ancienne que certaines des femmes dont je raconte l’histoire dans ces pages. L’humanité a-t-elle si peu changé ? Peut-être y a-t-il une forme d’éternité dans les sentiments, les émotions, les désirs. À trop vivre dans ‘instantanéité de l’information, nous oublions cela : la continuité. La nuit dans la Villa du Temps retrouvé me met sur le chemin de quelque chose, je le sens. Quoi ? Je ne le sais pas encore.
L’autoportrait n’est pas un miroir, mais une représentation.
« Ni « décadentes », ni « inverties », ni « vicieuses », ses amies sont des femmes indépendantes qui mènent une vie libre et travailleuse » : Madeleine Zillhardt a saisi la nouveauté de cette représentation des femmes. Elle correspondait à leur mode de vie, à leurs préférences amoureuses et leur permit d’assurer leur indépendance d’artistes.
J’ai beaucoup écrit sur le passé. On me croit parfois historienne. Mais cette nuit à la Villa du Temps retrouvé me prouve qu’on ne peut jamais s’abstraire totalement du présent. Il donne sa couleur au passé, il déborde sur lui, de même que le passé coule en nous, à la façon d’une rivière souterraine.
Ici en bref




Du côté des critiques : Sud -Ouest
Questions pratiques

Le parfum des années par Évelyne Bloch-Dano
Collection Ma nuit au Musée
Son site ici – X : @evblochdano
Éditeur : Stock – X : @EditionsStock Instagram : @editionsstock – Facebook
Parution : 18 mars 2026 – EAN : 9782234098336 – Lecture en mai 2026

Bonjour Matatoune. J’ai lu quelques ouvrages dans cette collection et celui-ci est tentant. Bon dimanche
Je te le recommande. Il te plaira car il retrace le destin de femmes assez exceptionnelles. Très bonne semaine qui commence !
Bonjour Matatoune, j’aime bien la collection Ma nuit au musée, j’en ai déjà lu quelques uns. Celui-ci n’est pas dans mes priorités mais enfin, pourquoi pas, un jour… D’un autre côté, relire Proust me tenterait peut-être plus.
Merci de cette présentation, Bon week-end !
Depuis le temps que j’ai envie de lire les livres de cette collection, il faudra que je m’y mette.
Déjà 27 volumes, je viens de vérifier ! C’est quand même assez inégal mais celui qui m’a le plus remuée c’est celui de Lola Lafon dans la maison d’Anne Franck . Ici, c’est une immersion chez les femmes qui ont inspirées Marcel Proust. Une belle découverte !
En plus j’ai visité ce lieu, ça m’intéresse d’autant plus ! Oui c’est possible que les résultats soient inégaux.
Promis, lors de mon prochain passage à Cabourg, de nouveau une visite s’impose 😉
En ces temps troubles, voici une déambulation qui semble offrir une parenthèse érudite et intéressante bienvenue.
Parfaitement et pour l’actrice aussi, ce fut un temps suspendu comme celui que pris Proust pour décrire l’instant de ce début du siècle où tout devait changer !
Un livre qui devrait me plaire, je le note. C’est un époque fascinante. Bon week end
Oui et l’actrice connaît son sujet ! Bon week-end 🌼
J’adore les biographies aussi, et celle-ci m’intéresse beaucoup.
Belle journée à toi ☀️
L’autrice connaît parfaitement son sujet et il est très agréable à lire !
ça a tout pour me plaire aussi !
Oui je crois j’en 😉
Hôpital dans la liseuse!
Bonne découverte !
Missy, la Princesse de Polignac, Rosa Bonheur ? J’achète !
J’aime cette collection. J’ai lu la biographie de Zola. J’espère que le livre est disponible en numérique Nous partons et voyageons leger
Il est sur NG ! Bonne chance !