Edward Hopper – House by the railroad – 1925

Aujourd’hui, présentation du tableau House by the railroad crée en 1925 par Edward Hopper.

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House by the railroad – Hopper – 1925

House by the railroad

Formé  comme illustrateur pour la publicité, puis à l’École des Beaux-Arts, cet homme de près de 2 mètres parle et lit le français. Hopper s’embarque pour l’Europe et plus particulièrement pour la France dès 1906. Paris est le haut lieu où tout artiste doit vivre pour penser devenir un jour célèbre. Et la ville restera attractive jusqu’à la seconde guerre mondiale.

Même si il a pu découvrir Picasso et Matisse chez les Stein, Hopper reste fasciné par les impressionnistes. A partir de leurs études, il va s’intéresser à la lumière et à la manière de la transcrire. En visitant le salon d’automne, il découvre les peintres contemporains dont Cézanne. Mais, c’est la rétrospective Courbet qui le subjugue.

Ce petit format fut son premier succès. En effet, cette peinture sur huile sur toile fait 61 × 73,7 cm. Un acheteur la donna au MoMA de New-York qui venait d’ouvrir.

Contemporain de la construction du pont de Brooklyn de New-York, Hopper est né dans un village à 30 km, précisément à Nyack. Lorsqu’il a peint ce tableau, Hopper a 41 ans.

La maison néo-victorienne du tableau aurait pu ressembler à celle où il a vécu enfant. Seulement, elle est très inquiétante et pas uniquement par la ligne de chemin de fer du premier plan. Car, il n’y a ici aucune vie.

Les fenêtres sont obstruées par des rideaux avec un soleil certainement du soir. Les portes ne sont pas visibles. La maison est ainsi mise à distance, sentiment renforcé par l’impression de la ligne de chemin de fer où pourrait circuler un train, éloignant encore plus l’habitation.

La maison est le symbole d’une période qui suit la guerre de sécession et qui voit se développer l’industrialisation. Mais elle est mise à distance comme éloignée par la société de consommation qui s’annonce.

Et puis les reprises

House by the railroad reprise dans Psychose

Dans le chef-d’œuvre du maître du suspense, la maison (le Bates Motel) est tenue par l’étrange Norman Bates (Anthony Perkins) et occupe une place centrale dans l’intrigue. Toile de fond du drame qui conduira la jeune Marion Crane (Janet Leigh) à se faire tuer dans sa douche, la bâtisse est entrée dans l’imaginaire collectif et fait partie intégrante de l’histoire du cinéma d’horreur. Konbini

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Psychose – Htchcock – 1960

House by the railroad reprise à Disneyland

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Maison hanté de Disneyland

Phantom Manor est une attraction de type parcours scénique située dans le parc Disneyland à Disneyland Paris. Il s’agit de la version européenne de l’attraction Haunted Mansion, ancien concept du train fantôme revisité par Walt Disney et son équipe. Wikipédia

House by the railroad reprise dans la famille Adams

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La famille Adams

Située dans le quartier historique de Clinton Hill à Brooklyn, cette bâtisse bourgeoise du XIXe siècle de plus de 340 m² comprenant trois chambres, capture avec brio l’atmosphère macabre qui a fait le succès de la célèbre famille au cours des dernières décennies.

House by the railroad reprise par Terrence Malik

Les Moissons du ciel (titre original : Days of Heaven) est un film américain réalisé par Terrence Malick, sorti en 1978.

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Affiche Day of Heaven

Synopsis

En 1916, Bill, ouvrier dans une fonderie, sa petite amie Abby et sa sœur Linda fuient Chicago pour faire les moissons au Texas. Voyant là l’occasion de sortir de la misère, Bill pousse Abby à céder aux avances d’un riche fermier, qu’ils savent atteint d’une maladie incurable. Mais Abby finit par tomber amoureuse du fermier. Bill comprend, pourtant.

Toutes ces reprises sont entrées dans notre culture. Du coup, the House by the railroad  fait vraiment parti de notre univers.

Comme le souligne Didier Ottinger, directeur du Centre Pompidou, les toiles de Hopper sont des « écrans de projection subjective » où chaque visiteur s’invente sa propre histoire à partir de ce que l’artiste propose. Chacun a sa propre histoire en association avec son histoire et son vécu. D’ailleurs les  réalisateurs ne s’y sont pas trompés.

Sources

Edward Hopper, ombre et lumière du rêve américain – Béatrice Vingtrinier.

MoMA

Pour aller plus loin

Edward Hopper – Fondation Beyeler

12 commentaires

  1. Merci pour cet article, très intéressant avec le prolongement du tableau dans les films/constructions, je n’en connaissais pas l’histoire, je me suis enrichie 😊

  2. C’est un tableau assez fascinant effectivement ! On comprend qu’il ait pu avoir une si grande influence sur le cinéma et la peinture ! Je trouve qu’il y a beaucoup de poésie et de mystère dans les tableaux de Hopper.

    • Oui et il a réussi aussi à transmettre la solitude . Un tableau très connu et apprécié

  3. je ne vais pas faire dans l’originalité! Hopper est mon peintre américain préféré!
    je l’ai découvert vraiment après être tombée en pâmoison, devant un tableau dont je ne ais pas le nom (cela m’arrive souvent pour la peinture hélas!) représentant un bar où un couple discute, se dispute , elle dans sa belle robe rouge, qui était la couverture d’un roman de Philippe Besson (il fait partie de l’intrigue aussi)
    depuis j’explore son œuvre.
    Celui-ci est magique avec ses relents de « Psychose » chef d’œuvre de Hitchcock 🙂

  4. Edward Hopper est mon peintre américain préféré ! Son approche de la solitude (pour ses quelques personnages) ou de la désertification me plaît beaucoup. Avec ses lumières et ses ombres, il met en valeur ou à distance, selon son humeur. Et c’est vrai, on peut imaginer ce qu’on veut à partir de ses tableaux. Loupé moi aussi son exposition à Bâle ! Merci beaucoup pour ton article très complet. 🌞

    • Oui, c’est très juste on s’y plonge et on rêve et d’un coup, on invente une histoire …

  5. Merci pour cet article toujours aussi fouillé et intéressant. J aime beaucoup ce peintre mais je ne connaissais pas l histoire et la portée de ce tableau. Je voulais aller voir l exposition Hopper à Bâle mais la pandémie en a décidé autrement. Bonne soirée

    • Nous y sommes allés au moment où ça commençait à exploser dans l’est…Rétrospectivement, on a eu peur !

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