La Motown, fabrique à succès !

La Motown, fabrique à succès !

vagabondageautourdesoi.com

Tamla Motown, appelée ainsi en Europe, ce nom « Motown » reste attaché à la découverte d’un son « très années 60 » aux USA.

« Motown a fait de moi l’homme que je suis », déclarait Barack Obama en 2009 lors des célébrations du cinquantième anniversaire

En premier, la Motown records est une compagnie de disques fondée en 1959 par Berry Gordy Jr, un ancien boxeur et même ouvrier devenu producteur de musique pour promouvoir des chanteurs noirs.

@vagabondageautourdesoi
Berry Gordy Jr,

Car il va s’inspirer des techniques des usines automobiles Ford et Chrysler de la ville. Celles-ci apportent le travail à l’ouvrier en évitant qu’il ait à penser. De façon identique, Berry Gordy Jr apporte une musique standardisée à l’Amérique des années 60.

«Motown était une entreprise noire centrée sur les noirs qui donnait à
l’Amérique blanche quelque chose qu’ils ne pouvaient pas en avoir assez –
de la musique joyeuse, triste, romantique, folle, groovin ‘, en mouvement. Sir Richard of Pryor au 25ème anniversaire de la Motown

Ainsi contraction de Motor Town, surnom de la ville de Détroit, la Motown segmente le travail : les musiciens écrivent la musique, les paroliers la musique, les chanteurs chantent !

« Ma musique peut faire danser n’importe qui, même un blanc » Berry Gordy

Issus le plus souvent de la scène jazz, les musiciens vont créer le label « The Funk Brothers » et composent pour tous les chanteurs de la compagnie, sauf pour certains comme Steevie Wonder qui aura le privilège de composer sa musique.

+++++++++++++++

Alors partons à la découverte de quatre chansons qui ont fait la renommée de la maison Motown.

En premier « Money (That’s What I Want) « 

Ainsi le premier succès « Money (That’s What I Want) » ne se fait pas attendre et atteint la tête des hits dès 1960

Berry Gordy Jr est au piano lorsque la parolière, Janie Bradford, engage la conversation. Le compositeur parle de son besoin d’argent. Barett Strong entre et affirme u’il peut mieux jouer et mieux chanter. Il le démontre et le tube est né.

En tant que maison de disques détenue et exploitée par des Afro-Américains la
plus prospère aux États-Unis, elle symbolisait un nouveau jour : son produit
énergétique reflétait la volonté de progrès et d’optimisme d’un peuple opprimé
de longue date et de la nation dans son ensemble. Sir Richard of Pryor au
25ème anniversaire de la Motown

Puis les Beatles la reprennent soit après l’avoir entendu lors d’un concert ou trouvé chez leur disquaire. La chanson figure dans leur second album.

A cette époque Motown se surnommait «The Sound Of Young America». La Motown sound est ce mélange de la musique populaire blanche avec celle du patrimoine Afro-américains religieux mêlée au jazz. Du coup, il va s’adresser à toute une jeunesse qu’elle que soit son genre, sa couleur et son origine.

Puis un autre succès important « Dancing in the Street »

Cette chanson est sortie en juillet 1964. Elle a été coécrite notamment par Marvin Gaye. Un des autres auteurs avait été témoins à Détroit en été d’une foule se rafraîchissant sous le jet des bouches incendies de la ville. Et du coup, il avait l’impression que les gens danser dans la rue.

En effet, Martha est une jeune américaine. Au début des années 60, elle chante du blues dans les clubs de Detroit. Elle se fait remarquer par l’un des producteurs de la Motown. Engagée comme petite secrétaire, Marvin Gaye la remarque et lui demande e chanter cette chanson.

Martha Reeves l’enregistre et le titre grimpe jusqu’à la 2ème place des hits de l’époque. Elle est entourée de The Vandellas, ses deux choristes.

Le mouvement des droits civiques reprend la chanson comme un appel à descendre dans la rue pour manifester.

En 1985, David Bowie et Mike Jagger la reprennent dans une version complétement décalée.

Les deux plus grandes vedettes de l’époque doivent se produire ensemble au concert d’Aid le samedi 13 juillet. Seulement, Bowie est à Londres et Jagger en même temps à Philadelphie. La technique est limitée. Impossible ! Alors, l’un devait mimer pendant que l’autre chante. Mais aucun n’était d’accord pour le faire.

Alors, le compromis est que chacun enregistre et fasse son clip et le projette le même jour dans leurs lieux respectifs. C’est le 29 juin 1985 qu’ils l’enregistrent en studio.

« Bowie était, comme toujours, très poli, un vrai gentleman. Mick ne se soucie
pas de la politesse, il ressemble plus au chef fou du gang, criant des idées
au troupes. » Neil Conti

Après un autre grand succès « Baby Doll »

Directement issues de Détroit, The Supreme devient le groupe féminin le plus populaire des États-Unis et un de celui qui a vendu le plus de disques durant cette période. Diana Ross (née le ), Florence Ballard (1943-1976) et Betty McGlown (1941-2008) chantaient depuis leur jeunesse à Détroit.

vagabondageautourdesoi.com
Berry Gordy et Les Supremes

Elles feront des chœurs ou frapperont dans leurs mains pendant un an à 2 $ 50 la semaine avant de vraiment signer avec le label le . Wikipédia

Avec Baby Love, elles reviennent dans les hits.

Il fallait les laver du Project. Ce sont les mots du livre, parce que c’était aussi clair que ça dans la tête de ceux qui s’occupaient de leur carrière. Berry Gordy y avait consacré un gros budget, il voulait les rendre comestibles pour le public blanc, montrer que son entreprise pouvait transformer les filles du ghetto en véritables ladies, comme la chaîne d’assemblage transforme un bout de tôle en belle bagnole, il voulait qu’elles ne nous ressemblent plus. On le savait, mais c’est plus violent de le voir écrit. Judith Perrignon Là où nous dansions.

Classées dans les 500 meilleurs chansons selon les Rolling Stones, rapidement Diana Ross prendra l’ascendant sur les deux autres. Le groupe devient Diana Ross and the Supremes et même, Diana Ross tente une carrière solo sans vraiment rencontrer le succès du groupe des Supremes.

On leur trouvait bien quelque chose d’un peu raide quand elles ondulaient devant le micro à la télé, mais il n’y avait rien d’étonnant, elles n’allaient pas bouger comme les femmes en bas de chez nous qui, avec leurs vingt ans de plus, chantaient le Bon Dieu en secouant les fesses et en tapant frénétiquement des pieds. Qu’elles aient l’air de marionnettes, qui pivotent à droite, à gauche et agitent les mains mécaniquement d’un côté puis de l’autre nous paraissait normal. C’est ce qu’il fallait faire pour passer à la télévision, ne pas être comme nous, ne pas danser comme nous. On le savait. Judith Perrignon Là où nous dansions. 

vagabondageautourdesoi.com

Enfin, la dernière chanson « Papa Was a Rollin’ Stone »

Ce titre est une chanson écrite par les auteurs-compositeurs de la Motown  en 1971 que Dennis Edwards a voulu chanter en hommage à son père disparu. La version longue est peu connue. C’est le groupe The Temptations qui la popularise. Elle a été reprise par de nombreux artistes.

Version 1972

Traduction

C’était le trois septembre
Ce jour-là, je ne l’oublierai jamais, non jamais
Car c’est le jour où mon papa est mort
Je n’ai jamais eu l’occasion de le voir
Je n’ai jamais rien entendu de bon sur lui

Maman je m’en remets à toi pour me dire la vérité
Maman ne fit que baisser la tête et dit, mon fils

Ton papa avait une âme de vagabond, (mon fils)
Où qu’il aille, cet endroit devenait sa maison
Et quand il est mort, l’unique chose qu’il nous a laissée c’est la tranquillité

Ton papa avait une âme de vagabond, (mon fils)
Où qu’il aille, cet endroit devenait sa maison
Et quand il est mort, l’unique chose qu’il nous a laissée c’est la tranquillité

Hé ! Maman !
Est-il vrai, comme ils le disent, que papa n’a jamais travaillé un seul jour dans sa vie.

Bien sûr, Il y a d’autres artistes comme les Jackson 5, groupe qui donnera naissance à la carrière de Mickaël Jackson, mais aussi Stevie Wonder (Superstition), etc…

vagabondageautourdesoi.com
Motown Muséum

Sources

Wikipédia

Jazz Radio

Pour aller plus loin

vagabondageautourdesoi.com

Judith Perrignon – Là où nous dansions

@EditionsRivages

 

2648 W. Grand Blvd., Detroit, MI 48208

(313) 875-2264

14 commentaires

  1. cela fait du bien d’entendre cette musique… Je me souviens bien de certains tubes « Dancing in the street » surtout 🙂

      • j’ai eu énormément de mal à faire passer mes commentaires hier il y avait un blocage, et en fait bonne surprise c’est passé quand même 🙂

    • Non, c’est le roman de Judith Perrignon qui apprend bcp puisqu’elle décrit l’embauche, les tournées et même l’enterrement d’une des Supremes ..

  2. Merci pour cet article toujours aussi intéressant, on apprend toujours quelque chose de nouveau grâcw à ton blog. Bon week end

    • Ce sont souvent mes lectures qui m’amènent vers de nouveaux horizons. Bonne soirée

Un petit mot ...

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.