
Dans La Cabane Perchée, il n’y a pas que la cabane de perchée ! Lorsque, j’ai entendu David Rodrigues présenté son album sur France Inter dans Carnet de Campagne, j’ai su qu’il me faudrait le présenter ici. Imaginez un album jeunesse qui explique aux enfants la bipolarité d’un parent. C’est une histoire douce qui n’oublie rien de toutes les difficultés de cette maladie mentale. Et, surtout elle rappelle l’amour qui unit chacun.
Dario est un papa attentif à sa Grenouille, Olive, petite fille de 4 ou 5 ans. Lorsqu’un soir, son papa lui demande son rêve, elle n’hésite pas, c’est une cabane penchée dans les arbres. Même s’il est l’heure de dormir, Dario s’attelle à cette idée.
Alors lorsque le lendemain il annonce pas d’école ni de travail, Olive est ravie. Ils vont construire ensemble la cabane qu’elle a dessinée. Seulement, ça devient trop démesuré et le projet prend des proportions inquiétantes. ! Un chariot élévateur pour tous les achats, ce n’est plus un mais trois étages, et tant pis si ça ne ressemble plus à son dessin ou même si elle se fait mal, il faut continuer jusqu’à…la vraie mise en danger. Évidemment, à l’exaltation suit la grande dépression et même l’hôpital psychiatrique. Mais, après, la famille se retrouvera.
Un album pour comprendre
David Rodrigues raconte qu’il aurait aimé découvrir un tel livre, enfant, pour expliquer simplement la maladie de son papa. Il a raison: aucun livre n’explique aux enfants la maladie mentale !
Cet album est très émouvant. Tout y est expliqué facilement avec beaucoup d’empathie. « Y en a qui sont malades du cœur, moi c’est du cerveau. » dit Dario à sa fille, aussi facilement.
Les dessins d’Emmanuelle Moreau accompagnent avec tendresse ce texte, si accessible, même aux tous-petits. Réalisés à l’aquarelle, ils répandent une douceur et une sérénité rendant le sujet « ordinaire ». Traité ainsi, il n’a rien d’extraordinaire et fait totalement partie de la vie. L’album montre la maladie sans la dramatiser ni la banaliser, ce qui est particulièrement rare dans la littérature jeunesse.
Pouvoir expliquer, sans stigmatisation, ce qu’est la maladie mentale est une vraie avancée sociétale. Seulement, il y a beaucoup à faire encore pour viser le non-jugement, la compréhension et l’acceptation par le plus grand nombre. Un dossier pédagogique est joint à l’album, ainsi que une version audio et une activité créative.Un album qui mériterait de trouver sa place dans toutes les bibliothèques et médiathèques tant il offre des mots simples pour parler d’une réalité encore trop souvent tue.
En quelques mots
La Cabane Perchée aborde avec douceur et intelligence la bipolarité d’un parent à travers l’histoire de Dario et de sa fille Olive. Un album émouvant qui aide les enfants à comprendre la maladie mentale sans stigmatisation, porté par les aquarelles tendres d’Emmanuelle Moreau.
Puis quelques extraits

Aujourd’hui, pas d’école ! lui annonce joyeusement son papa.
-Youpii ! Trop cool!!!
Et pas de boulot non plus pour moi !!!
Depuis cette nuit de folie, Dario passe ses journées sur le canapé du salon. Il dort comme un loir, du matin au soir. –
Olive regarde son papa s’éloigner, le cœur tout serré, comme quand on perd son doudou préféré.
Un ours bipolaire c’est… C’est un ours tout raplapla, qui fait que dormir dans son igloo, et qui veut plus rien faire, quand il est au pôle sud.
Quand il voyage au pôle Nord, alors là… c’est un ours complètement foufou qui dort plus du tout et qui a plein d’idées.
Ici en bref




Du côté des critiques : Carnets de campagne – France Inter
Questions pratiques

La Cabane Perchée de David Rodrigues et Emmanuelle Moreau
Le site de David Rodrigues
Le site d’Emmanuelle Moreau
X: @DavidRo02562879 Instagram : @david_rodrigues_realisateur
Instagram : @emmaillustratrice
Editions Les Petits Chenapans – instagram : @les.petits.chenapans – Linkedin
Parution : décembre 2025 – EAN : 9791097690618 – Lecture en juin 2026

Bonjour Matatoune. Cet album jeunesse semble bien fait pour expliquer cette maladie. Bonne journée et bisous
alors là bravo d’avoir fait un livre sur ce sujet je pense peu abordé pour les enfants. Je note. Merci d’en parler dans votre blog.