
Et si certaines blessures ne se transmettaient pas par le sang, mais par le silence nous démontre Vanessa Caffin. Le Corset est un récit intime sur une enquête familiale et généalogique. Elle tente de comprendre les contraintes subies par les femmes d’une autre génération. Ancienne journaliste sportive, la réalisatrice romancière a su trouver les mots justes pour émouvoir et captiver.
En accompagnant, avec le reste de sa famille, les derniers moments de son grand-père, Vilma l’entend déclarer toute son inquiétude en étouffant un sanglot : « Elle finira comme ma mère. » Ces mots ne cesseront de la hanter. Vilma n’est pas une femme comme les autres. À trente-cinq ans, et depuis toujours, sa respiration se bloque la précipitant dans une alerte vitale qu’elle dépasse en s’obligeant à compter. Ce « remède » lui a été transmis par son grand-père.
Pour elle, l’écriture est le seul espace qui ne prend pas son souffle. « Je suis difficile à vivre, il faut le dire. Je n’ai ni le droit de danser, ni celui de courir, je ne peux ni m’exalter ni m’inquiéter trop fort. Je crains les côtes, le froid, les ascenseurs et les marches. Parfois, manger m’est pénible, c’est là le plus souvent que les crises surviennent. De manière générale, je me méfie de ce qui coupe le souffle ou de ce qui peut se mettre en travers. «
Et, durant les quelques jours précédant l’enterrement, Vilma se rend disponible auprès de sa grand-mère Nane, autant pour la choyer que pour déterrer les mensonges que son enquête généalogique, dans les piles de papier, va mettre au jour.
La liberté des femmes
Le Corset est un texte court mais dense, pointant des réflexions sur l’urgence de vivre, la maladie et le deuil. Ce texte regorge de tendresse, non dans les mots, souvent tus, mais dans la présence, les étreintes et le respect qui entoure cette petite fille et sa grand-mère pour conjurer l’absence et la souffrance des derniers jours.
La maladie, complètement invalidante, semble faire écho au poids du passé qui continue de peser sur la jeune génération. Le titre dévoile la contrainte subie par ces femmes qui n’avaient ni choix, ni liberté sur leur vie.
Ainsi, cette aïeule s’est contrainte au point d’inhiber tout amour, comme un peu sa petite-fille.
Les chapitres sont courts, même haletants, renforçant l’impression du souffle manquant et de l’urgence à découvrir pour vivre, ou revivre, enfin la liberté retrouvée. Une belle découverte, portée par l’écriture sensible de Vanessa Caffin qui desserre peu à peu les lacets d’un passé longtemps maintenu sous corset.
En quelques mots
Dans Le Corset, Vanessa Caffin mêle enquête familiale, deuil et transmission pour explorer les contraintes imposées aux femmes d’autrefois. Un texte court, sensible et émouvant sur les secrets de famille, la maladie et la quête de liberté.
Puis quelques extraits

Mais, la seule chose qui nous permet à tous de nous accrocher au jour et de ne pas sombrer tout à fait, ce n’est ni l’amour que l’on se porte ni les souvenirs que l’on se remémore, ce sont les enfants, l’insouciance des enfants, qui slaloment entre les jambes, jouent à cache-cache à proximité du corps, s’ennuient et trouvent le temps long, réclament un ballon ou leur corde à sauter ; ce sont les rires des enfants, qui réjouissent les parents et tracent une frontière audible entre la tristesse et la vie.
Il ne sera plus là pour me rappeler que si la vie m’exaspère, il me suffit de la contourner.
Elle comprit ce jour-là, je crois, que la vie n’était faite pour personne, même si l’on vous intimait de l’aimer et de mesurer votre chance, car elle n’avait de cesse de vous offrir un amas de petites choses éternelles qui vous rappelaient chaque jour qu’elle vous avait dérobé les plus grandes et les plus essentielles.
Je suis difficile à vivre, il faut le dire. Je n’ai ni le droit de danser, ni celui de courir, je ne peux ni m’exalter ni m’inquiéter trop fort. Je crains les côtes, le froid, les ascenseurs et les marches. Parfois, manger m’est pénible, c’est là le plus souvent que les crises surviennent. De manière générale, je me méfie de ce qui coupe le souffle ou de ce qui peut se mettre en travers.
Et, encore,
C’est en la voyant faire, je crois, que j’ai compris que le grand amour était un amour de petits riens. De petits gestes et de grands mots parfois.
Je ne me plains pas, il y a plus grave que ça dans un monde qui a perdu le nord autant que son humanité, mais cela explique pourquoi il m’est impossible d’être tout à fait sereine. J’ai toujours une oreille qui traîne, qui écoute le bruit de ma respiration et se connecte à mes peurs, à la menace d’un geste qui interrompra tout, la vie et ce qui va avec.
Ici en bref




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Questions pratiques

Le Corset de Vanessa Caffin
Son blog ici – Instagram : @vanessa_caffin
Prix de la Closerie des Lilas
Éditeur : Editions Héloïse d’Ormesson -X : @EditionsHO Instagram : @editions_heloise_dormesson – Facebook
Parution : 5 février 2026 – EAN : 9782487819658 – Lecture en juin 2026

Un livre a lire assurément mais quand?
C’est sûr que nos PAL grandisse à vue d’œil. Excellente continuation !
C’est vrai que les générations d’avant n’ont pas eu la vie facile. Bonne semaine
C’est sûr ! Des avancées remarquées et remarquables. Bonne continuation 🍑
et le titre va vraiment bien à l’atmosphère que tu décris.
Oui tout à fait ! Le Corset du souffle !
Bonjour Matatoune. Tu m’as donné envie de lire ce livre si je le trouve à la médiathèque. Bonne journée
oui, j’espère que tu le trouveras. Excellente continuation 🍑