Les récidives de Fabienne Périneau : quand la prison ne s’arrête pas aux murs ?

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« Il était une fois un mauvais prince« . Les récidives de Fabienne Périneau ne sont vraiment pas celles attendues pour des prisonnières libérées. Avec une écriture brute, condensant une rage, difficile à contenir elle propose des portraits de femmes, inoubliables avec leurs blessures intimes, complètement silencieuses, mais terriblement vivaces.

« Ce sont les femmes, affirme-t-elle, qui visitent les prisonnières« .

Tâchons que Les récidives ne concernent pas uniquement les femmes !

Un atelier de théâtre en prison avec onze femmes, dont Stella la boiteuse, qui a tout juste dix-neuf ans. Et au bout de cette expérience, une pièce, un seul en scène, à présenter par Alice, comédienne et scénariste, qui en a eu l’idée. Elle l’a montée avec Nelly, sa seule et complémentaire assistante polyvalente, qui s’avère une véritable amie.

Mais, au moment de la première, Stella, précédemment libérée, est enfermée, chez elle, par une mère qui voulait lui donner une leçon, face à ses conduites d’addiction inacceptables, (alcoolisation, drogue avec une prise de médicaments). Devant cette absence, Alice part à la recherche de Stella. Mais, à son arrivée chez sa mère, elle a disparu. Alors, elle tente de suivre son errance, dans toute la France, pour essayer de la retrouver.

Des femmes en prison

Rapporter l’expérience de faire entrer du théâtre en prison est un sujet peu traité en littérature. Mais, celui de parler de l’incarcération féminine l’est encore moins. Fabienne Périneau le traite en l’insérant dans une enquête, une sorte de road trip, à la poursuite de la jeune fugueuse. Seulement, par le récit de la pièce d’Alice, l’écrivaine nous immerge dans la brutalité de la prison : « On se moque, on agresse, on profite. »

Peu de sororité existe dans ce milieu exclusivement féminin où chacune joue sa partition sans en déroger. Seulement quelques rencontres restent à jamais dans le cœur de chacune. C’est ce qu’ont vécu ces onze prisonnières avec Alice, qui est venue auprès d’elles les écouter. Et, au cours du récit, le lecteur comprend pourquoi le sujet de la libération des femmes est si important pour la femme qu’est Alice. Au-delà de l’intrigue, Fabienne Périneau illustre la difficulté des femmes à se relever d’une incarcération, à affronter et à éviter les récidives pour interrompre les schémas destructeurs.

Mère d’une jeune femme, Alice sent le danger qui entoure Stella. Seulement, la justesse de l’écriture de Fabienne Périneau permet aussi de s’identifier à tous les parents qui se retrouvent démunis devant les mises en danger de leurs enfants. Car, un jour de plus grande fatigue, comme Valérie, la mère de Stella, ce sont les mots qui font mal, un comportement déplacé, et le fil tenu qui reliait l’adulte à son enfant se brise, laissant le premier dans une culpabilité destructrice. Elle raconte parfaitement cette situation qui sera regrettée toute une vie.

Violences faites aux femmes

Après les sujets de la violence de l’incarcération, les difficultés de relations avec des adolescents et la tendance à  reproduire des situations déviantes, Fabienne Périneau dénonce, aussi, par cette fiction, écrite au cordeau, les violences faites aux femmes. Le récit permet de comprendre comment se met en place la dégradation de la relation, l’emprise, la violence et lorsque la dévalorisation est à l’œuvre, il est souvent trop tard.

Son précédent Oser. Sortir et crier était un hommage aux mots de Marguerite Duras qui lui avait permis de s’affranchir d’un passé incestueux. Espérons que ce nouveau roman, Les récidives, autorisera en retour des femmes à briser leurs chaînes et des lecteurs à être attentifs à ne pas laisser seules des femmes subissant des violences. 

Pourquoi il faut le lire

Parce que Les récidives ne se contente pas de raconter la prison : Fabienne Périneau s’intéresse à ce qui se passe après, lorsque les portes s’ouvrent et que les femmes doivent réapprendre à vivre dehors. Avec Stella, elle donne un visage à celles qui tentent de sortir de leurs addictions, de leurs violences et de leurs blessures, tandis qu’Alice cherche à comprendre et à ne pas abandonner.

Un roman brut et profondément humain, qui interroge aussi nos propres responsabilités : que faisons-nous lorsque quelqu’un vacille ? Savons-nous voir les violences, entendre les silences et tendre la main avant qu’il ne soit trop tard ? Une lecture qui, au-delà de l’incarcération, invite à regarder autrement les femmes que la société laisse trop souvent seules face à leurs récidives.

Remerciements :

Aux éditions Récamier

Puis quelques extraits

En prison, tout est grand. Fort. Démesuré.

Dans la loge, elle tourne en rond, accroche au mur des cartes postales, des mots de première, défait le ruban d’un bouquet de fleurs, avale une cuillère de miel, tourne à nouveau en rond, maudit la solitude du seul en scène, regrette d’avoir personne avec qui partager son impatience, ses doutes, son envie d’y aller, comme celle tout à coup de rentrer chez elle en courant, et de tout annuler. Personne avec qui partager ce tract.
Maudit trac.

De toute façon, une meuf en prison, personne ne vient la voir, à part sa mère, ses sœurs ou ses cousines.

Seule parce que quand c’est trop, elle boîte – la fatigue ? la déprime ? – et qu’en taule tout se voit, tout se sait, qu’une défaillance dedans n’est pas la même qu’une défaillance dehors. On se moque, on agresse, on profite.

Quelquefois, il suffit de franchir la porte d’une prison, d’un commissariat, même d’un cabinet d’avocat, pour se sentir coupable.

Combien menacent, abusent, forcent, frappent ?
Tuent.

Ici en bref

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Son précédent roman ici

vagabondageautourdesoi.com

Oser, sortir et crier

Questions pratiques

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Les récidives de Fabienne Périneau

Rentrée littéraire 2026 – #rl2026

Éditeur : Récamier – X : @Ed_Recamier Instagram :@editionsrécamier- Facebook

Parution : 27 août 2026 – EAN :  978B0GHRZX6SV – Lecture en juillet 2026

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