A déménagé
RENTREE LITTERAIRE HIVER 2024

Michel Bussi réunit dans Mon cœur a déménagé deux axes de son talent, le suspens et son empathie, ou plutôt sa tendresse pour les âmes cabossées par la vie. Cette humanité qui affleure, comme sa gentillesse et sa simplicité en interviews, elle éclate dans le récit de la vie de Poucette.
Dès les premières pages, le ton est juste, la problématique posée et la peur pour cette petite fille de sept ans, Ophélie, extrêmement présente. Elle vient de perdre sa joie, sa mère, après une dispute de ses parents. À la place, elle enferme son malheur dans un grand trou noir au plus profond d’elle-même, afin de le cacher aux yeux des autres.
Mais, un jour, tout va éclater. Le lecteur ne sait ni quand, ni comment, ni sur qui, véritablement. Alors, il s’immerge dans le décryptage de signes, tout en accueillant cette haine qui consume la jeune Folette.
Appelée aussi Poucette, tant Michel Bussi lui témoigne sa tendresse, elle grandit et s’écorche aux griffes de l’adolescence, toute proche, certainement trop, du gouffre qui la consume. « Comment empêchez un gamin du foyer de jouer avec le feu ? »
Un bras tendu lui évitera la chute mais ne la guérira pas de sa soif de vengeance. Et tout au long des plus de quatre cents pages, le lecteur suit, impuissant, ce ressentiment qui ne quitte plus l’héroïne brûlant sa soif de vivre avant qu’elle ne s’exprime.
Récit d’une revanche
Michel Bussi dédie ce roman à tous les professionnels du social et c’est un juste retour, car les descriptions, à part l’éducatrice Béné, sont gentiment gratinées : un directeur encombré par la réputation de sa boîte, une déléguée de l’ASE dévoreuse d’espoir, un psychologue, vieux et trop fatigué pour défendre ses patients et un directeur général, n’en parlons pas !
Mais, Mon cœur a déménagé est une fiction avec une fin qui le rappelle parfaitement, même s’il fait penser à un conte ! Michel Bussi n’a pas dérogé (Merci les blogueuses fidèles ) à son petit fétichisme de donner des titres en rapport avec des chansons. Ici, en plus, c’est une série de contes de la collection Rouge et Or qui assurent le fil rouge.
Implanté dans les années 80, à Rouen, dans sa Normandie natale, Mon cœur a déménagé de Michel Bussi offre un thriller qui se démarque des stéréotypes du genre actuel, loin du côté sanguinolent et effrayant. Comme toujours, la psychologie est au centre de son récit, et son empathie est le moteur de l’histoire. Additif, impossible de le reposer avant de l’avoir fini ! Un si excellent roman !
De façon plus concise…
Encore une fois, Michel Bussi frappe en plein cœur avec le récit d’une vengeance qui dévore Ophélie suite au décès de sa mère après la énième dispute de ses parents. Magistral, empathique et même tendre, ne passez pas à côté sans le lire !
Pour aller plus loin
Michel Bussi – Rien ne t’efface
Au soleil redouté – Michel Bussi
J’ai dû rêver trop fort – Michel Bussi
Puis quelques extraits

L’ASE ne s’occupe des enfants placés que jusqu’à leur majorité. Allez zou, dès le lendemain de leur anniversaire, au revoir. C’est la loi, l’argent public doit être consacré aux mineurs en danger, et comme de l’argent public, il n’y en a déjà pas assez dans les foyers, on ne va pas le dépenser pour aider des adultes qui n’ont qu’à se débrouiller. Est-on adulte à dix-huit ans ? N’est-ce pas au contraire l’âge de toutes les fragilités ?
Je suis désolé, Maja, je suis travailleur social pas policier. Le seul conseil que je peux vous donner, c’est d’aller porter plainte. C’est l’unique façon de vous protéger.
Comment empêchez un gamin du foyer de jouer avec le feu ?
On parle de la vie d’une gosse et vous parlez de politesse ?
Les gosses d’édus, c’est encore pire que les gosses de prof, ils ont tous les droits !
Est-ce ainsi qu’on s’assagit ? Quand il n’y a plus d’interdits, on se les fabrique soi-même ?
Et encore,
Et, il paraît que ce n’est qu’un début, que bientôt le rêve de Steevy sera exaucé, qu’on pourra se servir de son cerveau uniquement pour rêver, et que toutes les autres informations utiles seront stockées quelque part dans les nuages, qu’il n’y aura qu’à se connecter à un ordinateur pour les récupérer.
Personne ne fait de cadeau lorsqu’il s’agit de défendre ta famille ! Même les plus doux se transforment en loups. Même les plus égoïstes se transforment en affreux égoïstes. Chacun est prêt à tout pour le bonheur de ses enfants, y compris à renier ses valeurs. Propose à n’importe qui de choisir entre tuer un million de personnes ou laisser mourir son enfant, il choisira le génocide ! C’est pour ça que les curés n’ont pas de famille, parce que devenir mère, ou père, c’est devenir un monstre potentiel.
On peut toujours regarder en arrière, mais on ne peut pas changer le sens du courant d’une rivière. On peut seulement la remonter. On peut coucher le passé sur le papier., mais on ne peut pas le changer.
En bref




Avis du côté des blogs
Questions pratiques

Michel Bussi – Mon cœur a déménagé
X : @michelbussi / Instagram : @michel_bussi
Éditeur : Les Presses de la Cité
X : @PressesdelaCite / Instagram : @pressesdelacite
Parution : 11 janvier 2024
EAN : 9782258208407
Lecture : janvier 2024

[…] Michel Bussi – Mon cœur a déménagé […]
[…] en parlent également : Aude, Matatoune, Thomas, Anne-Sophie, Azilis, Culture […]
[…] Gary) France Bleu Rouen.fr France Inter (La bande originale) BFM TV We Culte (Serge Bressan) Blog Vagabondage autour de soi Blog Binchy and her hobbies Blog Aude bouquine Blog Les lectures de […]
Je ne lis lus systématiquement les sorties de Bussi, mais j’avoue que tu parles si bien de celui-ci que je craquerais bien ! (J’ai vu d’autres retour très enthousiastes qui confirment tes impressions).
Oui, les précédents m’avaient moins enthousiasmée ! Je trouve que l’on retrouve bien dans celui-ci son empathie naturelle et son sens du suspens ! En tout cas, j’ai bien aimé !
Eh ben voilà, je vais avoir la chanson de France Gall dans la tête toute la soirée….
ah ah, pareil !
Merci, merci je rectifie 🙂
non, il ne faut pas, c’est forcément fait exprès, Michel Bussi utilise depuis longtemps les titres des chansons pour créer ses titres de livres !
Oui, mais je ne l’avais pas identifié, ce vers de chanson de France Gall !
Ah ben, j’ai écrit une énorme bêtise, alors ! Merci Alex 🙂 Je rectifie 🙂
J’ai passé un très bon moment aussi
Oui, très réussi !
J’aime bien Bussi, contrairement au fa Musso. alors, je reculais devant le thème de celui-ci, mais vous me le faites aimer. je tenterai
C’est vrai que ce sont des valeurs très sûres littéraires ! Pourtant, j’ai plus d’empathie pour Bussi !
Il y a longtemps que j’ai abandonné Michel de Bussi mais tu m’as donné envie de lire celui-ci. Bonne journée
Celui-ci me semble réussi !
Celui-ci me semble réussi ! Bonne continuation
Un thriller qui a l’air de sortir de l’ordinaire.
Pas gore, surtout ! Empathique et plein d’espoir !
Je viens aussi de le terminer. On ne peut qu’éprouver de l’empathie pour Ophélie et pour Nina, c’est la première fous que je lis cet auteur, j’ai beaucoup aimé. Tu rends un bel hommage à ce roman. Bonne semaine
Oui, j’ai un peu reculé lorsque j’ai vu le sujet…mais en fait, je l’ai lu d’une traite !
Je lirai ta chronique avec plaisir ! Bonne continuation