Noël Balen – Gosse de Rouges

RENTREE LITTERAIRE HIVER 2024

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Noël Balen raconte son enfance, dans Gosse de Rouges, le passé d’engagement de ses parents, leurs actions militantes au cours des années 60 jusqu’à la grande désillusion des années Mitterrand, les années 80.

Je ne connais pas l’œuvre de Noël Balen. Aussi, je ne peux comprendre toute l’amertume que ses années d’enfance auprès de deux militants sympathisants communistes ont laissée. Certes, les idéaux pour lesquels se sont battus ses parents sont entachés de mensonges et de sang. Mais, rien n’explique le ton caustique employé, si ce n’est une grande déception, que le romancier ne revendique pas ou alors une immense pudeur.

Brins d’histoire

Parallèlement, un dénommé Marco se découvre un dimanche de mars 62, jour où des accords d’Evian, avec un accord de guitare à poser sur un poème, peut-être celui-ci d’Aragon. Tout au long du roman, Marc continue à livrer sa vie de doux rêveur. Il compose la musique sur les poèmes qu’ils aiment, racontant une vie simple à choyer ceux qu’il aime comme son enfant.

Par ce contraste, Noël Balen insuffle l’idée que les rêveurs ne sont pas forcément ceux qui se nourrissent de poésie, comme Marc.

Noël Balen est un écrivain, scénariste et producteur français qui, actuellement, signe en collaboration avec Vanessa Barrot, œnologue et écrivaine, la série Le sang de la vigne diffusée sur France Télévision.

Plus spécialiste du genre du polar, il abandonne ses intrigues pour un roman, certainement plus autobiographique. Car, difficile de ne pas voir dans le personnage de Marc, le critique de jazz féru de musique qu’il est. Et, pour raconter aussi bien les détails de la vie de ses deux personnages militants, n’est-ce pas ses parents qu’on distingue en transparence, entre les mots!

De la tendresse cachée

À l’heure où l’on commémore les cent ans de la mort de Lénine, j’avais espéré plus de compassion pour l’engagement auquel ont adhéré les parents du narrateur.

Souvent, le ton très mordant dissimule la tendresse éprouvée pour ces militants qui ont sacrifié leur vie pour des idées complètement fausses. Le réveil fut difficile pour beaucoup, impossible pour d’autres, carrément aux antipodes comme le père du narrateur, devenu admirateur de thèses trop noires !

Néanmoins, difficile de suivre Noël Balen lorsqu’un de ses personnages affirme « à chaque fois que je croise un électeur qui se rend à l’isoloir, je veux voir (…) un animal blessé claudiquant jusqu’à l’abattoir. Je compatis à son sort, je le plains de tout mon cœur. » Car, notre seul rempart contre l’écroulement de la démocratie est justement ce bulletin à glisser.

Gosse de Rouges raconte l’enfance de Noël Balen, à travers plusieurs personnages que le lecteur suit des années 60 aux années 80. Un bain dans l’univers des militants sympathisants communistes que l’écrivain traite, comme la désillusion qui a suivi, avec ironie et causticité. Malgré tout, la tendresse s’y exprime dans la justesse du propos, même si la pudeur y est constante. À découvrir !

De façon concise…

Noël Balen, avec Gosse de Rouges, parle de l’enfance d’un fils de militant sympathisant communistes des années 60 aux années 80. Caustique mais tendre !

Remerciements

Aux @EditionsFayard et à @NetGalleyFrance pour #gossederouges de Noël Balen

Puis quelques extraits

Il fallait aider, soutenir et émanciper ces pauvres bougres, anciennes victimes de la colonisation agonisante, désormais victimes du capitalisme triomphant.

Au-delà, ils font n’importe quoi, ils déposent leurs bulletins des animaux en troupeaux. Ils se prononcent en adultes désespérants de bêtise satisfaite et de certitude bêlante.

En fait, je découvrais que les gentils de ma jeunesse n’étaient pas si gentils que ça.

Sublime paradoxe, les compagnons de route du communisme recueillaient une victime du massacre communiste.

Je me rappelle évidemment les premiers gens de droite que j’ai fréquenté, réalisant soudain que je n’aurai jamais réellement connu et qu’ils étaient aussi décevants et prévisibles que les autres. Les seules vertus que je leur trouvais furent toutefois leur humour caustique, leur réalisme désabusé et la drôlerie de leurs soirées de jouisseurs sans complexe.

Le souvenir que je garde intacte de mai 68, c’est avant tout et simplement des repas fumants sur une barricade d’escargots et, pour finir, un éboulis de coquilles vides.

L’art de l’esquive et de la feinte assez rugbystique de papa a fait de lui un éternel sympathisant, et un simple compagnon de route sans estampille ni laissez-passer.

Dorénavant, à chaque fois que je croise un électeur qui se rend à l’isoloir, je veux voir un esclave très mûr sans voir le fruit qui va s’abattre sur son dos, un condamné à mort creusant sa propre tombe, un animal blessé claudiquant jusqu’à l’abattoir. Je compatis à son sort, je le plains de tout mon cœur.

En bref

Incipit
Un enfant de coco serre la main du grand Général
Au même moment chez Marco

Questions pratiques

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Noël Balem – Gosse de Rouges

Son site

Éditeur : Fayard

X :@EditionsFayard  Instagram :  @editionsfayard

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Parution : 17 janvier 2023

EAN :  9782213726892

Lecture : janvier 2024

Littérature générale
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13 commentaires

  1. Ce sujet ne m’attire pas, même s’il présente un évident intérêt historique. Je me classe plutôt dans les déçus des Verts. Il faut dire que le communisme n’est vraiment pas populaire en Suisse et ne l’a jamais été. Je crois que le PC est d’ailleurs interdit. Bonne journée

    • Non, la popularité d’un mouvement communiste ne doit pas être d’actualisé en Suisse 😀! Bonne journée

  2. Bonjour Matatoune. Le thème ne me tente pas. Nous avons tous eu des désillusions au niveau politique mais ce n’est pas mieux maintenant. Bonne journée

  3. « Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes… » S’il faut choisir entre des parents lepénistes, macronistes ou communistes, le choix est vite fait, en ce qui me concerne 🙂

    • Surtout que nous sommes nombreux, ceux issus de milieux populaires, à avoir eu des parcours similaires à celui que raconte Noël Balen.

    • Surtout que nous sommes nombreux, issus de milieux populaires, à avoir eu des parcours similaires à celui que raconte Noël Balen.

    • C’est moi qui traduit cette causticité en pudeur ! Peut-être que je me fais des idées. En tout cas, je préfère lire ses phrases ainsi ! C’est sûr que c’est la personnalité de Marco qui semble lui correspondre !

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