Mathilde Forget – De mon plein gré

@vagabondageautourdesoi

Après son premier livre « A la demande d’un tiers » paru en septembre 2019, Mathilde Forget propose « De mon plein gré », un roman court à la première personne sur un traumatisme et l’enquête qui en découle.

Présentation

Un dimanche matin, la narratrice se présente au commissariat de police pour porter plainte contre une agression subie pendant la nuit. L’haleine encore chargée des effluves du rhum coca qu’elle a trop consommé, elle doit expliquer, se justifier pour prouver l’agression. Car, mis à part l’alcool, il y a d’autres faits qui éveillent la méfiance du Major chargée de l’enquête; Flic bourru, il achoppe sur tant d’autres détails : l’homosexualité de la victime, le fait qu’elle soit partie au bras d’un homme en fin de soirée, etc.

Mathilde Forget place son lecteur au cœur de la pensée de la victime. Privé de mots, car encore sous le choc du traumatisme, elle est obnubilée par ses ongles sales. Puis, au fur et à mesure de l’enquête, elle doit apporter des preuves, expliquer son comportement et même être confronté à son agresseur.

D’expertise légale en reconstitution, Mathilde Forget raconte la violence, la souffrance et la solitude avec unun style dépouillé rapide et sec. L’enquête se déroule du point de vue de la victime, brinquebalée de policiers en policiers, représentée par un avocat qu’elle ne connait pas et abandonnée par ses amis.

Pourquoi être partie au bras de cet homme ? Et,  pourquoi s’être détournée de son cercle d’amis ? Enfin, pourquoi venir ainsi porter plainte après, alors qu’elle vient tout juste de dessaouler ?

Déjà lors de son premier roman, Mathilde Forget avait prouvé sa capacité à rendre compte des sentiments, du trouble et des émotions Ici, Mathilde Forget décrit le lent retentissement de la douleur : la dissociation, les pensées d’évitement, l’incapacité à décrire la chronologie, l’irritabilité et même la colère devant l’incompréhension ressentie des autres, etc. Elle décrit aussi parfaitement l’agressivité que peut représenter une enquête, transformant la victime en suspecte. Tout ceci dans l’objectif d’établir des faits !

Empruntant les codes de l’enquête, Mathilde Forget entraîne son lecteur vers les répercutions physiques et psychiques produit par une agression sexuelle. Certes, le malaise monte au fil des pages. Mais comme le roman est très court, on reprend vite pied pour saluer le talent !

Remerciements à @Netgalleyfrance et @EditionsGrasset  @editionsgrasset pour #DeMonPleinGre de #MathildeForget

D’autres romans de ici

A la demande d’un tiers – Mathilde Forget

Puis quelques extraits

cite-56a4b9b45f9b58b7d0d8877b

L’indice conduit à l’événement que la preuve rend réel .

L’indice concerne une interprétation, tandis que la preuve concerne une démonstration. Ce qui les différencie fondamentalement, c’est la science. Ce que l’individu ( non scientifique) interprète est un indice, ce que le scientifique démontre est une preuve.

Les tenues imposées sont des humiliations tenaces.

Dans ma poitrine, le battement est préservé, mais l’intérieur de ma tête est une boîte dans laquelle plus rien n’est identifié.

Lorsqu’on croit mourir,le « je » disjoncte.

La mémoire du corps est aussi puissante et vivante que cela. Impossible de l’endormir.

Alors même qu’une partie de moi acceptait de mourir, je me battais et organisais des stratagèmes dingues pour survivre. Aujourd’hui, je suis encore sur la crête, entre la vie et la mort, convaincue que chaque seconde peut basculer d’un côté ou de l’autre. C’est épuisant. C’est peut-être cela que l’on nomme la survie.

On peut regarder le vide lorsqu’on a le vertige, une fois, deux fois, trois fois, pensant que la peur que je cherche à fatiguer car de peurs, je n’en ai plus et c’est effrayant. Ce n’est pas ma peur qui est continuellement présente, c’est ma tristesse. Elle se lève avant moi et se couche bien après.

Mais il va falloir me défendre, car je suis coupable de faire exister le crime.

Je suis la victime encore vivante d’un crime.

La perfection ne se laisse pas décrire.

Ici en bref

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

vaga
Un extrait

Du côté des Critiques

 

D’autres blogs en parlent

Balades en lecture  –

Pour finir

Questions pratiques

Mathilde Forget – De mon plein gré

Éditeur :  Grasset

Twitter : @EditionsGrasset et Instagram : @editionsgrasset

Parution : 24 mars 2021

EAN : 9782246827160

Lecture : Mars 2021

Littérature contemporaine

Chroniques littéraires

16 commentaires

    • Oui bien sûr, mais le roman est court justement et c’est nécessaire pur avoir une respiration. Bonne soirée

  1. une de mes prochaines lectures j’ai bien aimé « A la demande d’un tiers » donc je voulais continuer à découvrir sa plume et ta chronique me conforte dans ce choix… il n’y a plus qu’à modifier les priorités dans la liste…

    • C’est encore un roman fort et un peu moins léger que son premier, car c’était ce qui m’avait frappé dans son premier. Le traitement d’un sujet fort sur la folie mais traiter comme avec une sorte de recul !

    • Elle est venue aux lettres avec son roman A la demande d’un tiers mais c’est une musicienne

    • C’est plus sur le traumatisme d’une agression sexuelle et la violence de l’enquête alors que la victime est en état de choc

Un petit mot ...

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.