Olivier Adam – Tout peut s’oublier

RENTRÉE LITTÉRAIRE JANVIER 2021

Présentation

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« Tout peut s’oublier » affirme Olivier Adam dans son roman sur les chagrins d’amour. Oublier une peine de cœur ? La dépasser, oui, mais de là à l’effacer et penser qu’elle ne laisse aucune trace …

Divorcé depuis un an, au cœur de la Bretagne de l’auteur, Nathan constate la disparition soudaine de son ex-femme, Yul, d’origine japonaise, et de son fils, Léo, 5 ans. Il ne tarde pas à savoir qu’elle est retournée à Kyoto, sa ville d’origine. Nathan s’étonne de ne pas s’être aperçu que, peut-être, Yul souffrait du Syndrome de Paris !

Lise, libraire, habite juste au dessus de Nathan. Son fils Gabriel, à peine majeur, s’est radicalisé façon Black Bloc. Son couple s’est alors déchiré avant leur séparation.

Tous deux vont devoir affronter la réalité de leur vie ruinée par la perte de leur enfant.

La petite bouille de Léo, qui ne me semble pas avoir été décrite, est pourtant présente tout au long du roman. Olivier Adam décrit une paternité moderne qui existe au delà du couple. Nathan continue à expliquer l’attitude de son ex-femme avec le prisme de son amour pour elle, malgré les épreuves qu’il traverse. Le rideau de vérité se déchire qu’à la toute fin !

De plus, la différence du système entretient l’intrigue. Le lecteur trouverait même des circonstances atténuantes au PDG ayant dépensé une fortune pour échapper au système nippon. Mais, le chagrin de la perte de l’enfant se complète de celle d’un pays aimé mais complétement idéalisé comme Yul a certainement imaginé la France. Comme sont, aussi, illusions, la délicatesse et la sensibilité attribuées à la culture japonaise !

« Tout peut s’oublier » est un roman à l’écriture maîtrisée, à la construction habile qui captive complètement son lecteur et à  l’élégance de ses descriptions, y compris avec les clins d’œil lancés aux lecteurs pour ne pas prendre le récit trop au sérieux. Olivier Adam explore avec brio une paternité assumée mais contrariée et une masculinité moderne qui doute et s’interroge. Pour moi, l’un des meilleurs romans de cet auteur !

Remerciements

Merci à ma libraire préférée, Barbara et Les amis de la Librairie Diderot

Puis quelques extraits

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Mais qu’est-ce que ça pouvait faire ? Ils allaient se dire au revoir et elle rejoindrait dans sa mémoire la foule des passantes dont parlaient Brassens et Baudelaire. Une nuée de visages entraperçus, d’amours imaginaires, de possibles aussitôt oblitérés. Au revoir mon amour, peut-être un autre jour, peut-être une autre année, aurait chanté Dominique A si on lui avait demandé d’illustrer la scène.

La gène faisait partie des traits culturels qu’elles avaient en commun, et dont elles n’étaient pas près de se départir, même au bout de tant d’années passées en France, un pays où, à tord ou à raison, on n’avait jamais honte de rien, surtout pas de soi-même, où on s’excusait qu’en dernier ressort et se foutait loin d’embarrasser les autres. Un pays où on n’avait d’égard pour personne.

C’était souvent comme ça avec l’Éducation nationale. On ne voyait pas l’intérêt de sensibiliser les enfants au cinéma comme une fin en soi. Au cinéma comme un art. Il fallait forcément que ça serve à quelque chose
. Que cela illustre un cour, que ça tienne un discours, que ce soit documenté, et en costume si possible. Ou que ce soit adapté d’un roman au programme. Bref, que ce soit  » pédagogique » .

Et d’autres encore

En raccrochant, il eut l’impression qu’en commençant à raser ces dizaines d’arbres, cet enfoiré de maire, le mal nommé Jean-François Labranche, venait ainsi de ratiboiser ses souvenirs.

Chaque fois que ses parents procédaient à un réaménagement, il lui semblait que quelque chose s’envolait pour toujours, devenait définitivement inaccessible, perdu, oublié. Il n’avait pas besoin de ça. Il avait déjà égaré suffisamment de choses dans sa vie.

Cela faisait partie des choses qu’elle lui reprochait. Son inaction. Son fatalisme. Sa façon de ne choisir , de laisser faire.

La névrose du sable prêtait déjà à sourire en soi, mais quand elle s’attaquait à des gens vivant au bord de la mer elle relevait de la maladie mentale.

Dehors, la lumière du jour le prit en traître. Comme si en lui, la nuit était tombée, que l’obscurité avait tout recouvert, l’avait capitonné de l’intérieur.

On aurait dit une version japonaise du préfet Lallemand.

Puis ici en bref

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

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57
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P. 177
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1. 4ème de couverture
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2. 4ème de couverture

 

 

13 commentaires

  1. il est déjà dans ma PAL car j’aime beaucoup cet auteur y compris ses romans jeunesse, il a une sensibilité particulière qui me touche beaucoup…
    Les citations sont très belles 🙂

    • Alors, j’attendrais ton avis et j’espère qu’il te plaira autant qu’il m’a plu !

  2. J’ai lu plusieurs livres de Olivier Adam et j’apprécie beaucoup cet auteur. C’est sûr, je vais lire celui-ci aussi ! Merci pour ton article 🌞

    • J’attendrais ton avis avec hâte . En tout cas, je le trouve très réussi !

    • Subtil est un joli adjectif pour cet auteur! J’ai trouvé que sa mélancolie qu’il aime trimballer au fil de ses romans est moins perceptible ici. C’est vrai qu’on s’identifie bien à ce père qui perd son fils soudainement et sans explications.

  3. Un auteur avec lequel j’ai un peu de mal, des histoires toujours très sombres (pour celles que j’ai lues)….. Mais la mention de clin d’oeil ici pourrait me faire changer d’avis 🙂

    • Oui j’en ai repéré au moins deux clairement. Mais si tu n’aimes pas trop sa mélancolie, peut-être que celui ne te plaira pas. En tout cas, c’est un roman très réussi !

  4. Ta présentation me donne envie de te lire. J ai lu Peine perdue de cet auteur et je l avais beaucoup apprécié.
    Bonne soirée

    • J’aime bcp Olivier Adzm mais celui-ci est particulièrement réussi ! Bonne soirée à toi aussi

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