Laurent Petitmangin – Ce qu’il faut de nuit

Rentrée Littéraire 2020

Prix Révélation Premier roman 2020

Prix Stanislas 2020 du premier roman

Prix Littéraire Georges Brassens 2020

Présentation

@vagabondageautourdesoi
Couverture

Laurent Petimangin aborde dans « Ce qu’il faut de nuit » les liens entre un père qui ne reconnait plus son fils et entre un fils qui aimerait tellement que son père le reconnaisse.

La situation décrite dans ce premier roman est toute simple. Une longue maladie fait basculer une famille. La « moman » meurt après trois ans d’hôpital. Son mari, Fuz et Gillou, leurs garçons, ont mis entre parenthèse leurs vies pour la soutenir. Alors lorsqu’elle n’est plus, chacun s’isole dans sa souffrance essayant de retrouver sens à la vie et à celle d’une famille qui n’est plus. Le père pare à l’entretien de la maison, à l’éducation de ses enfants, au quotidien mais déborde un peu au bistrot d’à côté lorsque les garçons sont couchés.

Pas disponible de toutes façons pour s’apercevoir que son aîné flanche. Et pour Fuz c’est le schéma habituel : l’absentéisme scolaire, un copain un peu particulier, une bande plus accueillante que les murs d’une maison et bien sûr une petite copine. 

Seulement lui, il ne choisit pas la religion. Il choisit un groupuscule d’extrême droite alors que son père est un vieux militant socialo façon Programme commun. Et la blessure du père est trop forte. La présupposée honte, aussi !  Le regard des autres, la fierté bafouée et les rêves effacés vont transformer peu à peu une relation paternelle protectrice en rage larvée.

Dans « Ce qu’il faut de nuit« , Laurent Petitmangin décrit le monologue d’un père racontant sa paternité qui se complique au fil du temps pour devenir inextricable. La vie s’emballe. La blessure est plus ample car l’aîné porte l’espoir. Décrite avec justesse, la relation du père est finement explorée sans concession ni retour de culpabilité trop invalidante.

Forcément, le lecteur s’interroge, se projette, examine les réactions du père, essaye de chercher, comme le père d’ailleurs, le moment du dérapage et le pourquoi du comment.

La langue est sèche et factuelle. C’est un roman brillant et tendre. Il y a beaucoup de silence, de non dits, de blessures qui ne s’énoncent pas dans ce court roman, mais aussi beaucoup de maturité dans la description de l’aventure de cette paternité tourmentée.

Pour ce premier roman, Laurent Petitmangin étonne par la maîtrise de son sujet. « Ce qu’il faut de nuit »  est un roman d’une qualité rare où la tendresse d’un père s’énonce même lorsque la paternité bafouille et qu’elle cesse de protéger. Beau moment de lecture !

Pour aller plus loin

Ce qu’il faut de silence pour créer un fossé !

Ce qu’il faut d’obstination pour ne plus pouvoir communiquer et expliquer et ensuite, pardonner !

« Ce qu’il faut de nuit » pour laisser ainsi gâcher la vie d’un gamin et à jamais le regretter !

En bref

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C’était toujours fascinant de voir comment des gens pouvaient se sentir aussi vite partie prenante d’une histoire, plus français que les Français, encore gorgés de bondieuseries et de traditions de leur coin d’origine, et, avec la même ardeur et la même obstination, comment ils refusaient un pareil droit à tous ceux qui arrivaient après eux.

Comment en trainant avec des fachos, pouvait- on aimer ce que nous avons toujours aimé? Il continuait à passer les Jean Ferrat de la maman( il le faisait depuis qu’elle était morte). Bordel, il comprenait les paroles  » Desnos, qui partit de Compiègne accomplir sa propre propéthie ». Comment pouvait il encore fredonner cette chanson?

Il ne nous prenait pas pour des cons, mais nous mettait une giclette dès qu’on s’enfermait dans des salmigondis pourris.

On ne vaut pas moins que ceux que j’ai croisés, juste on y croit pas assez. On ne sait même pas que tout cela existe.

Je n’y étais retourné que récemment, quand j’étais sûr de savoir me contrôler et de m’en tenir à mon demi, deux des fois, mais jamais plus.

Il avait des égards pour son père cocu.

Un vrai témoin de Jéhovah, perfusé de conneries. J’avais honte avec de nouvelles certitudes qui restait aimable.

Quelques extraits

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

@vagabondageautourdesoi

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Laurent Petitmangin  – Ce  qu’il faut de nuit

Éditeur : La Manufacture de livres

Parution : 20 août 2020

EAN : 9782358876797

Lecture : Septembre 2020

Littérature contemporaine 2020

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Sens critique

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9 commentaires

    • C’est un roman qui devrait t’interesser. Il parle avec bcp de justesse de cette paternité qui a un moment s’est enraillée. Bonne soirée

  1. Coucou
    Ton article me donne vraiment envie de lire ce livre, je le note et j’attends sa sortie en poche. Il a l’air vraiment très bien.Bonne soirée

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