
Onzième enquête du commissaire Adamsberg, le flic de Fred Vargas, Une unique lueur, comporte tout ce qu’on aime chez cette auteure : l’art de la digression, des explications improbables, des rebondissements insensés, une équipe inchangée avec un petit nouveau, un guerrier viking, selon son supérieur, et accessoirement des cadavres.
Une femme sacrément belle est tuée et déposée sur un trottoir de la rue Monsieur Le Prince avec un bouquet d’ancolies comme message d’un amour parfait et absolu ! Une vénération destructrice mais aussi admirative.
Jean-Baptiste Adamsberg, ce « pelleteux de nuages« , ainsi surnommé par les flics canadiens, nous entraîne dans l’antre de son commissariat du XIIIᵉ arrondissement qui n’a pas rejoint le Bastion. Et on comprend pourquoi. Dans cette enquête, aucune caméra de rue n’est à visionner. La salle de réunion est appelée le concile. Des phéromones renseignent plus que l’ADN.
Clins d’œil culturels
Fred Vargas fait des clins d’œil appuyés à Proust et son Monsieur Charlus qui parle comme au 19ᵉ siècle. Mais, également, à Gérard de Nerval avec son Prince d’Aquitaine, l’amoureux désespéré dans le superbe poème El Desdichado. Suivront un chapeau à la Bogart et si on parle de l’un, impossible de ne pas évoquer, la beauté fatale de Lauren Bacall.
Florence, mais avant Alice et bientôt Estelle. Combien en faut-il pour qu’Adamsberg, et son équipe, ne trouve le coupable ! « Quels flics bouchés ! », répètent-ils à longueur de journée ! Fred Vargas réinvente le féminicide en le portant sur l’autel de la vénération. « Il ne regrettait rien. C’est la conscience de la perte qui l’ébranlait. » Quelle clairvoyance.
Évidemment, ce n’est pas le récit de l’enquête qui fait courir le lecteur après Adamsberg, mais la petite phrase, hors de la situation, qui va interpeller par sa justesse énoncée. Toutefois, j’ai trouvé Adamsberg et son équipe plus grossiers qu’à l’accoutumée : « Hija de puta » est souvent répété et pas uniquement en espagnol.
Ravie de retrouver la Fred Vargas qu’on aime et pour laquelle on accepte les plus de cinq cents pages à « gratter » un « chou blanc », même si certaines pages ont défilées très vite.
En quelques mots
Dans Une unique lueur, Fred Vargas retrouve le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg pour une enquête singulière. Une femme est assassinée avec une mise en scène amoureuse troublante. Entre digressions, références littéraires et méthodes atypiques, l’équipe explore un crime mêlant fascination, perte et obsession, dans un univers aussi déroutant qu’envoûtant.
Puis quelques extraits

Il était accoutumé à devoir trier puis éliminer les idées vagues qui ennuageaient si souvent son esprit et encombrait sa visibilité.
Ce mot m’échappe sans cesse, et comme je sais qu’il s’échappe, il s’échappe, encore plus.
Ce qu’un chien identifie fort bien puisqu’un individu nourrissant des intentions mauvaises émet un certain type de substances volatiles, celles qui signalent le désir d’assaillir, de détruire, mais aussi celles de l’anxiété, et de la crainte que ce désir ne soit perçu par d’autres, le mettant de fait en danger. Nous parlons là de ces phéromones qui émanent des êtres vivants, adressant des messages de séduction, d’intimidation, d’agression, de pacification, de peur, d’angoisse…
La légende veut que l’on doive un absolu respect à un vieil if. Que, pour en témoigner, quiconque passe devant lui se voit contraint de porter ses habits à l’envers. Au lieu de quoi, l’esprit de l’arbre vous aspire dans sa caverne et vous envoie émerger en un autre temps. Où, par bribes, vous revient le souvenir du jour où vous l’avez défié.
Ici en bref


Du côté des critiques : Télérama
Pour aller plus loin


Quand sort la recluse – Sur la dalle
Questions pratiques

Une unique lueur – Fred Vargas
Éditeur : Flammarion – X : @Ed_Flammarion Instagram : @flammarionlivres
Parution : 8 avril 2026 – EAN : 9782080160713 – Lecture en avril 2026

Plus je lis d’avis sur l’autrice et sa série, plus j’ai envie de la découvrir et de surtout découvrir ce fameux Adamsberg. Dommage néanmoins pour la vulgarité plus présente dans ce tome.
Sa « vulgarité » est toute relative 😉. C’est un univers très particulier. Si tu n’as pas encore passé le pas, c’est peut-être que ça ne te conviendrait pas! L’intuition en matière de plaisir de lecture est la meilleure conseillère 😄
Je dois être une des rares amatrices de polar à n’avoir toujours pas rencontré la plume de Vargas !
Et bien, c’est certainement parce que cela ne te plairait pas ! L’intuition est la meilleure conseillère en matière de plaisir de lire 😀
Chic, le pelleteur de nuages Adamsberg est de retour.
oui, et il pelletelle bien !
Je n’en ai lu qu’un de l’auteure il faudra que je m’y remette. Bon dimanche
Ohlala, en lisant ta chronique, je me rends compte que je n’ai plus lu Fred Vargas depuis 10 ans! Il est temps de me replonger dans ses romans, peut-être en commençant par celui-ci?
J’aime beaucoup ce que propose Fred Fargas, mais voilà un moment que je n’ai rien lu d’elle. Tu m’y fais repenser, du coup. 😀
Je me suis demandée si son style et sa façon de mener une enquête ne semblait pas datée justement. Et, pourtant, on s’y émerge avec autant de plaisir !
Bonjour Matatoune. Je n’ai jamais lu Fred Vargas. Il faudra que j’essaie. Bonne journée
C’est un univers très particulier, à la fois onirique et fantastique. Et ici, on retrouve l’écrivaine qu’on aime tant. Bon week-end
Je n’ai lu qu’un livre de l’auteure et je n’avais pas trop accroché 🤭.
Alors passe aussi sur celui-là ! 🌸
Bonjour Matatoune, je n’ai jamais lu Fred Vargas. L’écriture a l’air plaisante. Mais je ne lis presque jamais de polars. Merci, bonne journée
Celui-ci est un polar onirique et décalé. Ravie de retrouver la Fred Vargas de ses précédents, même s’il est encore un peu long ! Bon week-end 🌼
Je suis fan de Fred Vargas depuis le début ! Et l’équipe d’Adamberg est un réel plaisir à suivre…
Je viens de terminer le dernier roman de David Foënkinos, et je suis un peu déçue par le déroulé de l’histoire… C’est la première fois, j’avais adoré tous les autres !
Tu me diras ton ressenti.
Bonnes vacances à toi !
Désolé je n’ai pas envie de le lire. Son histoire drôle semble vraiment pas drôle ! Déjà sur son avant dernier, il ne m’avait pas vraiment embarquée.
Alors, j’ai décidé que je ne le lirai pas ! J’ai des a-prioris ainsi un peu intuitifs et j’essaye de m’y tenir malgré, des fois, les retours de blogs élogieux !
Fred Vargas a retrouvé sa verve, même si c’est un peu long, à mon avis !
Merci et bonnes vacances aussi !
je viens de le lire et fais ma critique ce jour… qui rejoint complètement la tienne. Bonne journée.
Je la lirai avec plaisir ! Bon week-end 🌼
J’hésitais à me l’offrir, me voilà convaincue, si on retrouve la Vargas que l’on aime !
J’espère qu’il te plaira ! En tout cas, on la retrouve vraiment !