Maria Pourchet -Tressaillir – #rl2025

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Dans Tressaillir, Maria Pourchet dresse le portrait d’une femme de quarante ans voulant retrouver sa liberté.

Michelle Rivas se raconte à partir du moment où elle claque la porte de son domicile pour ne plus y revenir. Elle est écrivaine jeunesse et va se réfugier dans un hôtel pour s’y cacher. Sirius est le père de sa fille, Lou, qu’elle continue à retrouver tous les soirs une heure et demie après l’école. Ce parcours, Maria Pourchet nous le partage de façon drôle, piquant même, ironique souvent, comme elle sait si bien le faire.

C’est donc enlevé, souvent cette réalité des femmes de cet âge qui décide de vivre seule, très justement peint. Quittant la position sécurisante d’un conjoint qui assure à sa famille un revenu aisé, Michelle découvre la précarité en même temps que la solitude.

Réapparais aussi ses peurs enfantines, tous juste endormies. Pas déprimée, diagnostiquera un psychologue ! Non, c’est juste un trouble de l’adaptation au changement !

La voilà qui court les agences immobilières, mais surtout qui s’apprête à vendre sa force de travail, l’écriture, associé à un projet de retour dans son lycée pour accompagner un atelier d’écriture.

Tout serait à peu près sous contrôle s’il n’y avait ces plaques d’eczéma qui envahissent son corps, en même temps que sa peur des orages et des forêts. Maria Pourchet démontre la difficulté des femmes à s’en aller : « Partir c’est pour la galerie. En vérité, on s’arrache« .Son héroïne doit combattre tous les enseignements de peur, de menace qu’elle a intériorisés et tous les espoirs auxquels elle a cru.

En conclusion,

Maria Pourchet crée un roman où, à travers la narration de son personnage principal féminin et les descriptions faites par son entourage, elle aborde une expérience commune à beaucoup de femmes, avec un regard détaché, froid et quasi clinique.

Avec la sidération de la bête blessée, cette femme, comme la biche dont elle se surnomme, ne fuit pas un homme violent ou un vécu traumatique. Non, elle fuit tous les enseignements mensongers auxquels elle a cru ! Seulement, il y a un enfant entre eux. Et c’est par cette mère séparée de son enfant que Maria Pourchet perd le masque de l’écrivaine pour laisser parler son cœur. 

Une réussite !

Remerciement

Aux éditions Stock et à #Nergalley

Pour aller plus loin

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Western

Puis quelques extraits

J’ai coupé un lien avec quelque chose d’aussi étouffant que vital et je ne suis désormais plus branchée sur rien. Ni amour, ni foi, ni médecine.

Et la différence entre partir et s’arracher, c’est que l’un des verbes est une boucherie.

Elle me demande alors de m’accrocher au mythe de l’échec enrichissant. À savoir qu’on gagne beaucoup à perdre, il faut simplement patienter pour savoir combien.

Le passé s’installe à l’instant où on exécute la décision d’en finir avec ce qui ne s’appelle déjà plus une existence. Qui s’appelle un temps. Puisqu’il en précède un autre dont on ne sait rien. Qui pourrait tout aussi bien m’engloutir.

Une proie. D’aussi loin que je me souvienne, ma peur la plus vive est de l’être. Elle disparaît si je deviens fixe et docile disons pour aller vite quand je me fais propriété de quelqu’un, pensionnaire d’un programme et d’un foyer. Or, je me suis arrachée et me voici dans la nature. Que faire sans un homme à quarante ans dans les bois, dites-moi.

Et encore

Le propre des petits, après tout, c’est braconner.

Je suis exposée parce que je suis ici et que je suis comme ça, isolée et atteinte. Je suis en danger et dangereuse car en forêt, le danger vient au train des animaux déboussolés. Les viciés, les infirmes, les sorties de la harde par bêtises, accident au pur vieillesse, qui puent la glissade et la démission, toujours quelque chose arrive dans le sillage infect de ceux-là.

Car ce pays noir et vert que le soleil blanchit en montagne aussi nettement que la neige, le bleu funambule sur les crêtes, l’autre bleu des champs de seigle en avril et les fluorescences du printemps. Ce vert de l’orge vert et le jaune du colza, ces forêts monumentales, les sapins pour tenir un millénaire, les lacs cinématographiques, ce pays me sera peut-être rendu. Je l’entends déjà peu à peu réoccuper l’espace mental, poussant les images de Corse et les odeurs italiennes fabriquées après lui. Je reviendrai plus souvent, ma fille saura déchiffrer les saisons dans l’Est.
Rien, si je viens, ce sera chez lui. Toujours, le sol c’est lui, le vent c’est lui, c’est comme ça.

Et encore, encore

Je connais, je crois connaître, c’est déjà bien, ce que j’ai fui, et pourquoi ce mouvement. Ce tracé-là, des biches qui ment à chaque fois qu’il se raconte, comme une trajectoire sociale. Faire passer le corps émotif et remuant pour l’acteur rationnel, plein de projets pour lui-même, sillonnant, méthodique, la carte des places à quitter et à prendre. Leur accès régit par la naissance, la stratégie, les raisons et la concurrence. Toutes ces conneries, le récit auquel il faut croire pour en rajouter sur la tronche des ratés, des sédentaires, de l’infortune, infoutus de réussir leur déplacement.

Ici en bref

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Du côté des critiques : Télérama

Questions pratiques

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Maria Pourchet -Tressaillir

Rentrée littéraire 2025

Éditeur : Stock – X : @EditionsStock Instagram : @editionsstock – Facebook

Parution : 20 août 2025 – EAN : 9782234097155 – Lecture :Août 2025

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24 commentaires

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    • Le style de l’ecrivaine est particulier mais le thème est intéressant !

    • Il faut aimer ce style clinique et très précis avec son regard très affûté. Ravie qu’elle sorte un peu du chemin un peu caché où elle s’était enfermée. Excellente continuation 🌬🍃

    • Qu’est-ce qui fait qu’un roman est plus remarqué qu’un autre, se demandait Maria Pourchet lors d’une interview. Peut-être juste la rencontre avec une problématique et le traitement qu’en fait un(e) écrivain(e) ! Ici, c’est une femme qui part, et non comme pour d’autres romans de cette rentrée littéraire, une femme qui est quittée. C’est peut-être ce changement qui fait la différence. Mais, c’est vrai que Maria Pourchet sort de l’ombre avec celui-ci ! Et c’est bien méritée ! Excellente continuation et merci d’être passé ! 🏫🚲🖋

    • Je pense vraiment que son thème ainsi que la maternité est en adéquation avec la problématique actuelle. À suivre , car il devrait recevoir certainement un prix ! Lequel, pour cela il faudra attendre encore 😆

    • Je comprends. C’est un sujet assez étudié pat la littérature en ce moment. Et à chaque fois, il est question de renaissance !
      Bon week-end 🌞🕶

  2. je ne suis pas certaine de m’y plonger mais tu es élogieuse, alors, à l’occasion, pourquoi pas.

    • Le style est magnifique, accompli avec cette dérision toujours présente, mais il est aussi ardu par l’exigence de l’écrivaine à décortiquer les ressentis. Je comprends que cela ne puisse pas plaire !

  3. Je ne demande qu’à être convaincue, même si je n’ai lu que Les impatients de cette autrice que j’avais apprécié, et qu’il y a quelque chose d’apprêté dans son style qui m’agace … Mais l’histoire m’intéresse.

    • oui, je comprends : elle prend un thème et le décortique très précisément. Lorsqu’elle parle de la maternité, son émotion transparaît beaucoup plus !

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