
Celle qui fugue, second roman de Cécile Tlili, commence par un effondrement. Celui d’Alice, jeune trentenaire, mère de Romane, élève de cinquième, qui comprend que son mari, Damien, veut se séparer d’elle.
Seule réaction qu’elle s’autorise : prendre son sac et s’enfuir en Corse. Seulement le manque, la colère et la sidération la font revenir. Elle reprend son travail mais ne rentre pas chez elle et ne donne pas de ses nouvelles.
Cécile Tlili sait décrire ce tsunami que va vivre son héroïne. Heureusement, son chemin va croiser deux femmes. Léna, sa collègue patronne, s’impose comme celle qui, présente qui comprend et la soutient. Mais, ce sont les relations avec une jeune femme de vingt ans, Siham, qui vont lui permettre de sortir de ce chaos.
Étrange duo féminin qui les lie et qui permet à Cécile Tlilil d’aborder le sort des femmes d’origine maghrébine, leur désir de liberté qui se heurte aux traditions familiales et même à la folie machiste.
La description des émotions ressenties par Alice est méticuleusement décrite. Son style, fluide et sensible, attache le lecteur au sort de ses deux femmes qui s’épaulent à tour de rôle. le récit de violences subies par les femmes devient trop ordinaire. Deux aspects différents, deux cultures différentes, mais la même emprise, la même domination et la même sidération. Et le courage qu’il faut à ces femmes pour se relever et de nouveau envisager l’avenir.
Évidemment, c’est un éloge de la sororité, nouveau concept capable d’inverser les choses. Cécile Tlili nous le démontre si bien. Un roman qui se lit d’une traite.
Bref à découvrir !
Remerciements
Aux éditions Clamann-Lévy
Puis quelques extraits

Tant que je ne l’ai pas dit, ce n’est pas seulement arrivé.
Qu’elles comprennent que ce qui me fait crever aujourd’hui, ce n’est pas la mort d’un amour, c’est l’histoire de ces deux humains qui bâtissaient ensemble de dérisoires remparts contre le monde trop grand et trop hostile et qui abandonnent leur œuvre inachevée.
Tu sais, moi aussi, je suis passée par là. Le déni, la sidération. Une rupture, c’est comme faire le deuil de quelqu’un qui n’est pas mort.
Tant que je ne l’ai pas dit, ce n’est pas seulement arrivé.
Si je suis un point d’ ancrage pour les autres, alors je ne peux pas partir à la dérive moi-même.
Ici en bref




Questions pratiques

Cécile Tlili – Celle qui fugue
Rentrée littéraire 2025
Éditeur : Éditions Calmann-Lévy – X : @calmann_levy – Instagram : @calmann.levy – Facebook
Parution : 20 août 2025 – EAN : 9782490834242- Lecture : Juillet 2025

Encore un joli livre à lire, qui doit susciter plein d’émotions. Bonne journée
Oui, ce thème de la femme qui part est quand même récurent en cette rentrée littéraire ! Ici, il edt traitait toute en sensibilité ! Bon week-end 📚
Je pense que je dois passer mon tour car j’ai un peu peur que le tsunami émotionnel de l’héroïne accorde peu de place à Romane…
Il y a tant à lire 😉
Un livre qui m’attire peu. N’ayant jamais vécu en couple la thématique de la séparation m’est étrangère et ne m’attire pas.Bon week end
Bonjour Matatoune, tous ces thèmes sont intéressants mais il y a déjà beaucoup (énormément) de livres dessus : l’emprise, la sororité, les violences faites aux femmes… cependant, je retiens que tu as aimé ce livre et que les extraits sont attrayants. Merci à toi, bonne fin de semaine 🙂
Oui je sais c’est un peu too mutch en ce moment mais cela reflète un vrai problème de société !
Excellent week-end 🌞🕶
Ce titre-ci, je le note.
Ah, alors j’attends ton retour 😉
C’est drôle comme chaque lecteur perçoit les choses différemment. L’entraide entre les femmes a toujours existé, ce n’est pas quelque chose de nouveau. Je me suis plus attardée sur le rapport à soit au travail que l’on fait seule pour se construire après une séparation. J’ai au contraire trouvé que la partie avec Siham était inutile et je dois dire qu’elle m’a exaspéré. Même si cela existe, je trouve qu’on fantasme beaucoup trop sur les femmes maghrébines et j’aurais souhaité que l’auteur ne tombe pas ds cette facilité.
Oui, nous en avions déjà parlé sur Julitlesmots.wordpress.com
Chaque lecteur ré-invente les mots d’un(e) autre et c’est bien ce qui est passionnant ! Merci d’avoir préciser ici ces différentes nuances de compréhension. Cela fait la richesse d’un texte réussi sur un thème sensible.
Effectivement nous en avions parlé sur mon article. Il y a plusieurs entrées dans ce texte, assez riche sans être indigeste 🙂
j’avais aimé son premier celui là me tente moins
Il ne m’avait pas vraiment tentée ce titre, à cause de la « sororité » mise en avant … Ce sujet ne suffit pas, à lui tout seul, à me convaincre.
Il faut aller lire le retour de Julitlesmots qui n’a pas la même interprétation de ce texte. 😉