Cédric Meletta –

RENTRÉE LITTÉRAIRE 2022

Le meilleur que nous ayons couronné

vagabondageautourdesoi.com - Cédric Meletta - Cédric Meletta ressuscite à travers le roman Le meilleur que nous ayons couronné la figure d’un parfait inconnu : le premier vainqueur du prix Goncourt.

Ce roman entraîne vers la découverte d’une époque, d’une atmosphère, d’un groupe d’artistes qui goutent la vie avec ferveur et surtout sans modération !

Brins d’histoire

John-Antoine Nau, vous ne connaissez pas ? Moi non plus… avant de me plonger dans ce récit. Car le mardi 22 décembre 1903, le premier prix Goncourt est décerné à cet écrivain ayant publié son roman à compte d’auteur ! Son président, Huysmans a déclaré « C’est le meilleur que nous ayons couronné« .

Seulement, mi-aventurier, mi-poète, Jean-Antoine Nau est loin d’avoir le profil habituel de ses successeurs actuels. Il a écrit son récit sur la folie sur des cahiers d’écoliers pendant six ans. Après différentes versions et au moins trois abandons, il sort enfin son livre que personne ne veut !

De San Francisco à la Martinique, il a roulé sa bosse au gré du vent. Indépendant, plus que la normale, l’écrivain surnommé Gino par la bande qui l’entoure vit un moment chez les Signac sur la côte d’Azur avant qu’elle ne devienne le lieu des starlettes et des hôtels de luxe.

Il y découvre leur art de vivre en y apportant sa simplicité, son côté bourlingueur et son amour de la liberté ainsi que sa poésie. Daignera-t-il chercher son prix ? Peut-être pas car il a plus important comme l’amitié, la bonne chère et le bon vin.

Alors,

C’est mon premier roman de Cédric Meletta. Le style peut y être fantasque, alambiqué et même exagéré. Ça peut étonner et même lasser mais d’un coup, ça éclate :  l’accord entre les mots émerveille.

La scène de la cuisson du cochon pourrait devenir culte ! Car Noël chez les Signac, à Saint-Tropez, devient truculent. On y mange comme une célébration. On y boit jusqu’au bout. Pas sûre que les recommandations pour la cuisson du cochon soient à suivre ! Ni la recette des appâts soit à reproduire ! Qu’importe, ici, sonne la démesure pour célébrer la liberté et l’envie de cueillir la vie à pleines dents !

En résumé,

Bienvenue dans l’univers des mots de Cédric Meletta avec ce récit sur le premier écrivain à être couronné par le prix Goncourt. Un poète, libre, ivre d’indépendance et amoureux de la jouissance de la vie plutôt que de sa renommée. Envie d’une plongée dans le milieu artiste du début du XXè siècle ! Alors « Le meilleur que nous ayons couronné » est à découvrir !

Remerciements

à @EdduRocher1 et @NetGalleyFrance pour #Lemeilleurquenousayonsrencontre de @CM261273

Puis quelques extraits

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Être endurant. Les cuistres disent opiniâtre, les gueux, cabochard, les nantis, inébranlable ou, à la rigueur, persévérant.

Un Nau peut en cacher un autre, un faux, un vrai, qu’importe, il est des lieux qui perdurent parce qu’il porte en eux la sinuosité, tout en exaltant le côté buissonnier des choses.

Riri, l’éphèbe plutôt chanceux qui donne l’air de faire ménage à trois. Avec Yvonne, avec Solange. Les deux mignonnes, qui ont vu bien ses roses, tantôt avec des garçonnes, tantôt avec des garçons, ce sera la touche sensuelle et l’atout charme d’une soirée qui n’en manquerai pas.

Immanquable. Infaillible. Du simple barbouilleur au premier prix de Rome, ils y passent tous, ils y viennent tous. Pégurier, c’est la souche. Puis Signac d’abord, puis Luce, puis Cross, puis la cohorte pléthorique de petits maîtres plus ou moins confidentiels. Bompaire, Turin, Labouré, Gerbaud, Delcourt, Oudard, et comme ça, jusqu’à l’infini. Viennent tous. Sempiternellement. Y viendront tous. Toutes. Commune peu commune où amérir est synonyme d’arriver.

Là haut, comme ici, l’idée ne circule pas. La tradition pèse.

Et, encore

Du John-Nau, voilà tout. Loin du renoncement, de la négation inhérente à son identité d’emprunt. A cet état civil factice toujours aux antipodes de celui qu’il était, qui avait été et qui allait continuer d’être jusqu’en dix-huit. Mil neuf cent dix-huit (1918). Année d’un grand champ de ruines. Celle d’un poète malade en toute fin de guerre mondiale.

Bien que toujours concret, le bonhomme était dans l’air. Des lors. Larbaud en avait fait son maître. Morand, son sauf- conduit. Anti-gendelettre, anti- Goncourt avec ce que ce terme porte en lui cent ans plus tard. Être Goncourt, le devenir, être goncourisable. Le prix, après bien des discussions et tout autant de conciliabules.

Écailler, gratter, lever, étêter, mariner, avant d’ajuster son bouillon. L’exprimer. Au centilitre, à la mesure d’aromates, à l’épice près. Enfin, l’impératif de l’indicatif : cuire vivement. Juste valorisé, en d’aromates, à l’ épice après, on servirait le saint-pierre, bien valorisé, en promontoire. Il aurait la saveur recherchée, sans fadeur, sans excès, saveur magnifiée par un blaff antillais dont seul le maître de piano avait le secret. Pétioles de crocus, liqueur d’aspic, avec ce petit plus qu’est l’écorce plus d’orange. Qu’une simple écorce d’orange puisse changer la vie, qui l’eût cru ? On avait vu le touche-à-tout dans son entreprise aux accents de béatitude. Mettre de la poésie dans la marmite. Ça avait l’air simple, mais en définitive ca dépassait tous les mythes. Ça condamnait l’hérésie. Et en ce domaine si goûté, hérésiarques comme hérétiques ne manquaient pas à l’appel. Ils pullulaient. Jugulaient entre purisme à la gomme, snobisme à la noix et charlatanisme à deux francs six sous

Et, encore, encore

Poseur, Gino vaquait. Le regard fixe, roulant sa cigarette. C’est que le poète a le succès modeste. Il cherche des symboles, rationalise l’augure. Il associe la réussite du jour au saint-pierre. A sa visite impromptue. Avant de mettre un terme à toutes ces satisfactions par un « ce s’ra pas ça chaque fois  » L’art de la phrase élémentaire. Phrase qui dédouane dans la vie qui réplique. Une once de pessimisme, peu de foi dans l’avenir, mais du sens et, dans ce sens, beaucoup d’humilité. Du pur John Nau. En pratique. Pas en théorie. Jamais de théories. Primé ou pas, l’écrivain vit, voit, vise, juste ou pas, avant de verser ses mots.

    Pourtant le gars, c’est l’esprit même du testament d’Edmond «Jeune, pauvre et hardi ». Sauf jeune. A quarante- trois ans, il l était plus vraiment. Surtout à l’époque pauvre. Complètement. Il vient de faire faillite avec son exploitation de tomates. Hardi. Totalement. Le roman gagnant est bourré de nouveautés. Ça se passe dans un asile, la folie, la dépression mélancolique, le dédoublement de personnalité… C est du Vol au-dessus d’un nid de Coucou avec soixante-dix ans d’avance, alors que personne, ou presque, n’a lu Freud ni Jung. 
Dans ce Saint-Tropez-ci, on fuit la mondanité tout en vivant une vie sociale intense. Qu’on soit marin, carrier, pêcheur, artificier, souteneur, bon à rien foutre, ingénieur hydrographe ou artisan. On désire la liberté en adhérant furieusement aux modes. À toutes les couleurs, chaudes, pays au moindre pigment. On adopte une attitude, frivole mais intellectuelle, locale mais cosmopolite, sophistiquée mais naturelle. C’est qu’à Saint Tropez, les contradictions d’alors mettent tout le monde d’accord. Mettent tout le monde à nu. Passer à table où se déshabiller, voilà le seul indispensable.

Ici en bref

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

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Un extrait !
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Puis un second
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Puis le dernier

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Éditeur : Éditions du Rocher

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Parution : 31 août 2022

EAN : 9782268107684

Lecture : Juillet 2022

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12 commentaires

  1. je l’ai remarqué mais il ne me tente pas tellement et puis Grasset a accédé à toutes mes demandes alors j’ai une liste déjà conséquente 🙂

    • Oui, Grasset a donné son aval sur toutes les demandes, donc moi aussi j’ai une PAL de cet éditeur conséquente 🙂

    • C’est un peu foutraque mais j’ai bien aimé 🙂 Bon début de mois de septembre !

    • Un style particulier, documenté pour rendre compte de la folie de l’époque !

    • Oh, j’ai aimé la truculence de ce style qui dépeint bien cette époque où les artistes avaient des tendances anarchistes et une envie d’indépendance ! Bonne soirée !

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