Le temps des cerises

Le temps des cerises

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Pour évoquer la commune de Paris, la chanson Le temps des cerises en illustre l’espoir au XXIè siècle. Car, la Commune que l’histoire a retenue, c’est l’insurrection de Paris qui a duré 72 jours du 18 mars au 28 mai 1871, bien que d’autres communes ont eu lieu dans des villes de province et même à l’étranger.

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Proclamation de la Commune

Toutes les révolutions, les insurrections socialistes du XXè  siècle se sont voulues, de quelques manières, fille de l’insurrection parisienne de 1871. Jacques Rougerie

Ainsi, la ville de Paris célèbre, actuellement, son cent cinquantième anniversaire.

Moins guerrière que La Marseillaise, moins engagée que L’Internationale, Le Temps des cerises est devenu, après le massacre des Communards, le symbole de la Commune et des immenses espoirs qu’elle avait engendrés. France inter

Histoire de la chanson

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Le temps des cerises avec le visage d’Antoine Renard

Cependant, reprise par de nombreux chanteurs pour son caractère universel qui évoque aussi bien la perte d’un chagrin d’amour que l’esprit révolutionnaire, Le temps des cerises est écrite par Jean-Baptiste Clément en 1866. Fils d’un meunier aisé de la banlieue parisienne, il était ouvrier monteur en bronze, marchand de vin, terrassier, prisonnier politique. En fin de compte, il aurait demandé à Antoine Renard, ex-ténor qui fréquentait aussi les cabarets, de la mettre en musique. Mais, il cède aussi ses droits. Sous-titrée romance, elle rencontre son public. Jean-Baptiste Clément  la dédicace à une infirmière appelée Louise croisée sur les barricades pendant la semaine sanglante. Il mourut dans la misère sans connaître le succès de sa chanson.

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Partition

Dans La Commune Histoire et souvenirs (1898), Louise Michel rappelle cette dédicace en indiquant indirectement qu’elle n’est pas la Louise du Temps des cerises :

« Au moment où vont partir leurs derniers coups, une jeune fille venant de la barricade de la rue Saint-Maur arrive, leur offrant ses services : ils voulaient l’éloigner de cet endroit de mort, elle resta malgré eux. Quelques instants après, la barricade jetant en une formidable explosion tout ce qui lui restait de mitraille mourut dans cette décharge énorme, que nous entendîmes de Satory, ceux qui étaient prisonniers ; à l’ambulancière de la dernière barricade et de la dernière heure, J.-B. Clément dédia longtemps après la chanson des cerises. Personne ne la revit. […] La Commune était morte, ensevelissant avec elle des milliers de héros inconnus. »Wikiwand

Ainsi , le 10 janvier 2016, le Chœur de l’Armée française l’interprète pour la première fois, Place de la République, en hommage aux victimes des attentats de janvier et du 13 novembre 2015 et un an après les Manifestations des 10 et 11 janvier 2015.

Une autre chanson engagée, celle-là

Pourtant Jean-Baptiste Clément est un chansonnier engagé pendant la commune. Car, il compose une autre chanson pendant cet épisode qui n’a pas la même douceur ni le même consensus. Elle s’appelle « La semaine sanglante ».

Paroles sans les strophes 2 et 5

Sauf des mouchards et des gendarmes,
On ne voit plus par les chemins,
Que des vieillards tristes en larmes,
Des veuves et des orphelins.
Paris suinte la misère,
Les heureux mêmes sont tremblant.
La mode est aux conseils de guerre,
Et les pavés sont tous sanglants.

Refrain
Oui mais !
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare ! à la revanche,
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Quand tous les pauvres s’y mettront.

On traque, on enchaîne, on fusille
Tout ceux qu’on ramasse au hasard.
La mère à côté de sa fille,
L’enfant dans les bras du vieillard.
Les châtiments du drapeau rouge
Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouges,
Valets de rois et d’empereurs.

Nous voilà rendus aux jésuites
Aux Mac-Mahon, aux Dupanloup.
Il va pleuvoir des eaux bénites,
Les troncs vont faire un argent fou.
Dès demain, en réjouissance
Et Saint Eustache et l’Opéra
Vont se refaire concurrence,
Et le bagne se peuplera.

Demain les gens de la police
Refleuriront sur le trottoir,
Fiers de leurs états de service,
Et le pistolet en sautoir.
Sans pain, sans travail et sans armes,
Nous allons être gouvernés
Par des mouchards et des gendarmes,
Des sabre-peuple et des curés.

Le peuple au collier de misère
Sera-t-il donc toujours rivé ?
Jusques à quand les gens de guerre
Tiendront-ils le haut du pavé ?
Jusques à quand la Sainte Clique
Nous croira-t-elle un vil bétail ?
À quand enfin la République
De la Justice et du Travail ?

Alors pourquoi Le temps des Cerises est devenu, un peu, l’hymne de la Commune à votre avis ?

Sources

Wikipédia

Wikiwand

Paris révolutionnaire

16 commentaires

  1. Bonjour Matatoune. Je ne connaissais pas l’origine du Temps des cerises et je découvre « La semaine sanglante », beaucoup plus appropriée pour évoquer la Commune. Bon dimanche

    • Oui cette chanson incarne cette Commune alors que c’est une histoire d’amour pour une certaine Louise, infirmière croisée sur les barricades

  2. C’est une très belle chanson ! L’histoire de la Commune de Paris est poignante et cette répression sanglante était vraiment ignoble, injuste ! Bonne journée Matatoune !

    • Oui mais le pouvoir en place ne voulait pas céder un pouce ! De nombreuses communes ont été réprimées à travers le pays de manière ignobles! Mais, certainement que la Commune a permis l’arrivée de la République en France. Bonne soirée aussi

    • La chanson La semaine sanglante est plus engagée que la tendre Le temps des cerises

    • Pourtant, cette chanson incarne la révolte des insurgés de la Commune. Alors, quec’est une chanson d’amour 😉

    • Triste période, certes, mais avec des avancées comme l’égalité entre hommes et femmes, etc qui sont étonnantes . Bonne soirée

  3. Je connais cette chanson mais l ignorais complètement son histoire. Ton blog est une vraie mi e d or. Bonne journée

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