Paul Gréveillac – Art nouveau

Rentrée Littéraire 2020

1. Présentation

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Pour l’Art nouveau, il y eut Gaudi à Barcelone, Horta à Bruxelles, Guimard à Paris, Otto Wagner à Vienne. Et à Budapest ? Pas sûr que le nom de Odön Lechner soit bien connu. Paul Gréveillac y pallie.

Car, Paul Gréveillac décide avec son roman Art nouveau de raconter ce mouvement appelé La Sécession hongroise en inventant un personnage fictif, Lajos Ligeti pour approcher une époque avec ses Maîtres architectes ainsi que leurs collaborateurs, mais aussi avec des musiciens et des peintres.

Lajos Ligeti est un juif viennois, apprenti architecte de vingt ans, fils unique d’une famille aisée, parlant plusieurs langues, ambitieux et créatif. L’empire Austro-Hongrois, qui existe de 1867 jusqu’au milieu de la première guerre mondiale, accepte de partager le pouvoir avec La Hongrie.

Alors Lajos Ligeti débarque à Budapest, unifiée depuis 1873 en réunissant Buda, alors capitale, à Pest et Obuda, pour participer à sa construction en rêvant aussi de rebâtir toute l’Europe. Car, les investisseurs souhaitent faire de Budapest la réplique hongroise de sa rivale Vienne. Otto Wagner vient de publier son nouveau traité d’architecture nouvelle.

L’histoire commence au moment où, en 1899, un concours d’architecture est organisé pour la reconstruction du Centre de Géologie royale dont on va fêter le trentenaire. Odön Lechner et son cabinet auquel participe l’apprenti décide de présenter un projet.

Le style est travaillé de façon classique. Les phrases sont bien construites mais je me suis un peu perdue dans cette époque foisonnante et cette ville qui ne cesse de se construire. Autant dire qu’au fil de la lecture, j’ai cherché à faire correspondre les descriptions de Paul Gréveillac à la réalité des bâtiments que pour certains, j’ai cherché sans succès.

Par contre, l’auteur décrit très bien cet  Art Nouveau avec sa douceur de vivre, ses formes rondes et féminines, sa sensualité qui transparait dans la pierre et les nouveaux matériaux découverts qui seront utilisés après pour la reconstruction d’après guerres.

Paul Gréveillac décrit un architecte sûr de son pouvoir de création qui va déjouer les guerres de pouvoir pour imposer son art. Art nouveau embarque son lecteur au cœur d’une ville d’Europe qui construit un monde doux et créatif qui va disparaitre avec les années noires.

2. Extraits cite-56a4b9b45f9b58b7d0d8877b

Il venait de Buda, rive des vies de rien. Il gagnait Pest, rive des riches et des projets fous.

Otto Wagner n’écrivait pas comme un architecte. Mais comme un artiste.

Les quartiers populaires. La déchéance et les pieds nus des enfants, été comme hiver. Avec le fléau facile de l’alcool. Et l’acceptation de son sort, ou la révolte mal placée. Puis les effets des injustices de tous bords démultipliés par les coefficients du capital et les renflements obscènes de ceux dont les poches sont profondes et comme aimantées.

D’avantage qu’un simple lieu de passage, l’architecte envisagea la Caisse d’épargne comme le dépositaire du trésor de la nation. Il pensa l’endroit comme un coffre-fort géant. Il fut peut-être inspiré par l’atelier de son vieil oncle serrurier, sur l’établi duquel il dessina d’ailleurs une partie des plans : car la raison d’être d’un coffre-fort est bien, en fin de compte, ses serrures.

Pousser la porte des modistes, lorsque ce n’est pas celle de service, requiert fermeté, conviction et allant.

Il faut bien, semble-t- il, appartenir, avant de prétendre être.

Les roues, les carrosseries, les moteurs, étaient les pierres industrielles du Sisyphe prolétaire.

Aucun art, semble-t-il, n’a tout à la fois déifié, aimé, idéalisé, sanctifié les femmes autant que » l’art nouveau » . Il s’est épanoui dans une débauche de sensualité et de vie, avant de pourrir dans l’horreur et la mort de la guerre. Comme si la balance de l’Histoire avait, sur un coup de tête, décidé qu’il était grand temps de mettre fin aux frivolités.

La faillite d’un régime est avant tout celle de ses élites. Les raisons, les prémices de la chute d’un empire, sont peut-être à chercher dans les salons mondains.

3. Brèves

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

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Extrait 1

4. Les critiques

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5. D’autres blogs en parlent

Paul Gréveillac  – Art nouveau 

Éditeur : Gallimard

Parution : 13 août 2020

EAN : 9782072898433

Lecture : Octobre 2020

Littérature contemporaine 2020

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Sens critique

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8 commentaires

  1. Coucou
    J’aime beaucoup l’art nouveau et ce livre doit être passionnant. Budapest est une ville magnifique.
    Bon dimanche

    • Oui, du coup, j’aurais eu envie d’y faire un saut et de me replonger dans ces façades merveilleuses§ Bientôt, peut-être…Bonne fin de journée, Pat

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