LA RUCHE

Visite le mardi 4 avril avec la visite conférence de Christine Merle.

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Au 2 Passage Dantzig, qui se trouve être un passage ouvert qui débute au 48 rue de Dantzig.

 

 

« L’union fait la force, dit la sagesse des nations. Pourquoi ne créerait-on pas une manière d’association, de syndicat artistique ? Pourquoi un certain nombre de jeunes artistes ne mettraient-ils pas en commun leurs rêves, leurs ambitions, leurs efforts et surtout leurs besoins ?
Les “abeilles” offrent à l’homme le plus bel exemple d’union qui soit, dans un travail, dans l’effort… Et voilà pourquoi nous avons fait La Ruche ».
Alfred Boucher, in La Ruche, Jeanine Warnod

 

Espace de verdure en plein 15ème arrondissement, la cité est porteuse d’un passé artistique unique de ce début du XXème siècle. Fondée en 1902 par le sculpteur Alfred Boucher (premier professeur de Camille Claudel et soutien de Rodin), elle abrita les artistes qui arrivaient à Paris, attirés par l’élan créatif de l’époque:

  • Léger dès 1905,
  • Chagall à partir de 1910 et jusqu’en 1914
« À la Ruche, on y crevait ou l’on en sortait célèbre… »
Marc Chagall, in La Ruche, Jacques Chapiro
  • Brancusi
  • Soutine:
  • Marie Laurencin
  • Zadkine
« L’atelier-morceau de brie qu’on m’avait loué était absolument vide. Avec peine et effroi, je dus dépenser mes derniers francs pour l’achat d’un lit. Couché sur mon modeste rabat pour passer ma première nuit à la Ruche, je me sentis assez heureux malgré tout. Heureux d’avoir coupé la pauvre ficelle ombilicale qui me reliait encore à une institution. Je me sentais nu et nul encore mais prêt à commencer une nouvelle vie ».
Ossip Zadkine, in La Ruche, Jeanine Warnod

 

Modigliani ne semble pas y avoir vécu vraiment mais y dessina sa série « Tête de cariatide ».

L’immeuble est issu du Pavillon des vins de l’exposition universelle de 1900 et tire son nom de la configuration du lieu, les ateliers ressemblant à des alvéoles autour de l’escalier central. La lanterne au sommet a été composée par l’entreprise Eiffel. La grille d’entrée vient de celle du pavillon des femmes (à creuser! ). L’entrée est ceint de deux caryatides qui viennent du Pavillon de l’Indonésie. Le bâtiment a quatre étages, le rez de chaussée étant réservé aux sculpteurs. Évidemment, l’escalier a été refait. Comparable au « Bateau Lavoir », la ruche le supplantera après la seconde guerre mondiale. Il faut ajouter à l’ensemble un bâtiment d’exposition et un théâtre de 300 places où Louis Jouvet aurait joué. Au fil du temps, de petits pavillons seront construits dans le jardin de façon à créer un petit village créatif.

 

Le décès de son fondateur en 1934, marquera son déclin progressif. Menacée de destruction en 1965, elle est sauvée grâce à une prescription dans laquelle Chagall et Malraux se sont impliqués. Rachetés par la famille Seydoux en 1971, façades et toitures sont classées au monuments historiques. Pour rappel, La bateau Lavoir a été détruit par un incendie deux ans après.

Actuellement, la « ruche » compte une soixantaine ateliers d’artistes dont une vingtaine dans la rotonde. Ernest Pignon Ernest y loue un atelier, mais a assuré aussi la présidence du collectif pendant un certain nombre d’années.

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