Fabienne Perineau – Oser, sortir

Et crier

Rentrée littéraire 2024

Un Témoignage Rare d’un Combat de Lumière avec l’Art pour Soutien

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Fabienne Perineau, dans Oser, sortir et crier, livre un roman sensible et émouvant sur son parcours de comédienne, son cheminement personnel où la lumière qu’elle a choisi de suivre rayonne comme la blondeur de sa chevelure, malgré les douleurs chuchotées avec pudeur à nos oreilles.

« Gros gras grand grain d’orge quand te dégros gras grand grain d’orgeras-tu? » Le théâtre a ouvert ses bras dès l’adolescence de Fabienne Perineau. La carrière de la comédienne commença par Elle d’Agatha de Marguerite Duras à peine vingt ans.

« Agatha, c’est moi. C’est ça, avoir l’âge du personnage. Toute ma vie, elle aura mon âge. J’en ai dix-neuf et elle en a dix-neuf. J’en aurais quarante, et elle aura quarante. Même à quatre-vingt-dix ans, elle aura mon âge, parce qu’Agatha, c’est moi », ose-t-elle déclarer devant une Marguerite Duras, médusée devant tant de hardiesse !

Combat avec l’art pour soutien

Un texte comme un étendard porté en lumière pour prononcer des mots qui ne peuvent se dire dans la vie de tous les jours. L’âge venant il semble temps de regarder enfin en arrière, non pas pour regretter, absolument pas, mais pour révéler que les mots d’une autre ont porté jusqu’à son inconscient pour lui permettre de ne jamais être touché par le venin inhibiteur de la souffrance.

La lumière, Fabienne Perineau la choisit pour ne jamais la quitter, comme un parti pris face aux vicissitudes de la vie. L’amour, le désir et l’ambition ont porté la jeune toulousaine issue d’un milieu bourgeois guindé aux planches des théâtres parisiens et aux différentes scènes françaises puis sur les écrans, petits et grands.

Toute une vie pour apprendre à dénicher son désir, à savoir dire non quand ce n’était que le désir de l’autre qu’elle ressentait et à ne plus faire de concessions sur ses choix, loin des projecteurs et de l’amour tendre de Samuel L, au bel imperméable qui protège encore un jour par an.

Difficile de dire la séparation entre le roman et l’autobiographie, car le texte devient hybride avec ce style sec, qui pose les événements d’une vie en reprenant le Elle de Marguerite Duras.
Je découvre avec Oser, sortir et crier la voix littéraire de Fabienne Perineau. Pudique, rayonnante et sincère, celle-ci raconte une vie où la passion pour l’art a permis de dépasser l’indicible, de cheminer vers sa liberté et trouver enfin la sérénité.

Un témoignage rare d’un combat de lumière !

Remerciements

Aux Editions Récamier

Puis quelques extraits

Le serveur est loin, elle a dit la chose sans traîner. Des années plus tard, il lui faudra des heures avant de pouvoir la dire.
Des heures, en tête à tête, avec une amie, un amant, au restaurant.
Des heures, lundi après lundi, allongée sur un divan.
Des heures, sur une chaise grise et froide, dans un commissariat.

Pas de visite donc, on est chez Marguerite Duras, pas à la Tour Eiffel.

Le directeur fait la programmation, répond au téléphone, prend les réservations, déchire les billets, place les spectateurs, quelquefois même empoche un pourboire, passe la serpillière dans les toilettes et, quand ils font l’honneur de se déplacer jusqu’à son minuscule théâtre, reçoit les huiles, les directeurs de salle, des producteurs ou de célèbres actrices et acteurs.

Pour voir la mer, il faut aller sur le balcon et se pencher.
-Les gens qui n’ont aucun effort à faire pour la voir n’ont pas à imaginer, dit-elle.
C’est là que, depuis quelques années, Duras écrit.

Agatha, c’est moi. C’est ça, avoir l’âge du personnage. Toute ma vie, elle aura mon âge. J’en ai dix-neuf et elle en a dix-neuf. J’en aurais quarante, et elle aura quarante. Même à quatre-vingt-dix ans, elle aura mon âge, parce que Agatha, c’est moi.

Créer un rôle, avoir été le premier à lui donner un visage, un corps, et tout ce qu’on a à l’intérieur, ses joies, ses douleurs, celle dont on ne se souvient et celle qu’on a oubliée, celle qu’on n’a jamais éprouvée et qu’on va chercher loin, très loin, et devoir le quitter pour le laisser un autre, c’est un déchirement.

Encore,

Quant au frère le plus proche, personne n’ose en parler. L’enterrement passé, le sujet clos. Et elle, close sur le sujet. Muette. Sinon, elle tombe.

C‘est vrai, ils ne sont pas tous comme ça.
Mais quelques-uns, quand même ceux que oublient de demander avant de prendre.

Pourtant ils n’ont posé aucune question. Jamais.
Les traces qu’elle laissait, ils les ont toujours effacées.

Ici en bref

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Incipit
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Un extrait
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Puis le dernier

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Fabienne Perineau – Oser, sortir et crier

Éditeur : Récamier

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Parution : 22 août 2024

EAN : 9782385771164

Lecture : Septembre 2024

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21 commentaires

    • C’est très gentil ! Mais, c’est le style de Fabienne Perineau qui est ainsi ! Un beau récit de vie !

    • Il est confectionné artisalement par une personne de ma connaissance ! Bonne semaine 😉

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