
À partir d’une fiction, un incendie dans une usine, Constance Rivière étudie la position des lanceurs d’alerte et particulièrement, lorsque ce sont des femmes. Construit en trois parties, L’incendiaire permet de comprendre à la fois les mécanismes à l’œuvre dans une organisation lorsque quelqu’un alerte d’un danger imminent, mais aussi, la particularité du langage féminin d’avoir des difficultés d’écoute et de reconnaissance.
Alexandra, bardée de diplômes, revient dans sa région d’origine. Rapidement, elle s’aperçoit d’un danger important si des mesures ne sont pas prises. Elle fait rapidement figure d’étrangère qui représente un danger : fermer l’usine, qui fait vivre tout le bourg, c’est priver de nombreuses familles de leurs salaires.
Constance Rivière décrit deux formes d’invisibilité. La première est commune à tous les lanceurs d’alerte. Questionner un système qui semble fonctionner renvoie l’intrus au bannissement de l’organisation. La seconde est celle partagée par des femmes assumant des responsabilités. Le fait de devoir prouver deux fois plus ses compétences.
En racontant le harcèlement, puis le bannissement subit par Alexandra, Constance Rivière décortique point par point la difficulté d’être lanceur d’alerte. L’incendie est ainsi une preuve du nécessaire acharnement de l’héroïne. Mais, en parallèle, sa parole est remise en cause par tous les institutionnels, mais pire encore, par ses propres parents.
Constance Rivière actualise le concept de Cassandre. Pour rappel, l’héroïne mythologique prévient du danger que court Troie. Personne ne l’écoute. Mais, si elle subit cette invisibilité, c’est aussi parce qu’elle s’est refusée à Apollon.
Secrétaire générale du Défenseur des droits de 2017 à 2022, les situations sont nombreuses où l’écrivaine a pu constater cet ostracisme.
En bref, l’incendiaire de Constance Rivière est un témoignage difficile sur la vie de l’entreprise et les risques professionnels. La critique est acerbe, mais juste, surtout lorsqu’elle dénonce la parole des femmes encore trop souvent invisibilisée. À découvrir
Remerciements
Aux éditions Stock et à #NetGalleyFrance
Puis quelques extraits

La solitude : voilà bien le lot commun des lanceurs d’alerte. Une solitude organisée, méthodique, destinée à les briser.
C’est pour ça qu’on nous apprend à nous taire. Ce qu’on ne dit pas n’existe pas. Il vaut mieux commettre un délit que de l’appeler par son nom et de le crier sur tous les toits. Ceux qui dénoncent des malfaçons sont en réalité ceux qui, en les révélant au monde, les créent dans le monde.
(…) Le doute non comme exigence pour soi-même mais comme arme contre.
Le temps de me retourner, j’étais seule avec ma raison. Et seule, j’étais impuissante.
Schopenhauer écrit : Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis elle est considérée comme ayant toujours été une évidence.
Ici en bref



Du côté des blogs : Mes belles lectures
Questions pratiques

Constance Rivière – L’incendiaire
Rentrée littéraire 2025
Éditeur : Stock – X : @EditionsStock Instagram : @editionsstock – Facebook
Parution : 20 août 2025 – EAN : 9782234099241 – Lecture : octobre 2025

Je rejoins totalement les commentaires précédents sur cette lanceuse d’alerte. Tu en parles si bien. Merci du partage Matatoune 🙂📚
Je crois bien que être lanceuse d’alerte féminine est vraiment un handicap ! 🤣🙏🌞 Excellente continuation !
C’est vrai 🤣☀️🙏 excellente soirée à toi !
Pas étonnant dans une société où seul compte le profit à court terme. Bon dimanche
Tu as tout dit ! 🤣 Bonne semaine 📚
Bonjour Matatoune. Ce livre m’intéresse et je vais me le procurer. Difficile parfois de s’y retrouver entre les lanceurs d’alertes et les diffuseurs de fausses rumeurs. Bonne journée
Je te le conseille en effet. Regarde sur NG, peut-être est-il encore disponible.
Bon dimanche 🙏📚
Femme et lanceuse d’alerte en même temps, deux fois plus de raisons d’être ostracisée… C’est triste de se dire qu’on en est encore là en 2025. Quant à la capacité des pouvoirs publics et de l’opinion publique de refuser d’écouter quand des emplois sont en jeu, elle ne m’étonne plus. Si on peut comprendre la peur des salariés, la lâcheté des pouvoirs publics est inexcusable…
Tout à fait d’accord. La multiplication des scandales sanitaires fait comprendre que le rendement et l’optimisation des moyens restent la valeur première de notre système, même si tous affirment que c’est l’homme ! 😡