
Quel plaisir de lecture qu’offre Manon Fargetton avec son roman Ce que prend la mer ! À partir d’une enquête sur le passé de son père, une jeune femme découvre sa jeunesse et plus particulièrement son père amoureux d’une jeune femme, dont elle ne connaît rien. Mais le roman est prétexte pour interroger la notion de couple, le désir d’enfant et l’addiction aux images de notre société.
Un vieil homme, violoniste renommé, se relève difficilement d’un fort AVC. Maxine, sa fille, décide de s’installer dans son foyer, une cabane tout au bord de la mer. Cet abri menace d’être détruit lors de la prochaine tempête par les assauts des vagues. Elle n’avait pas revu son père depuis quinze ans. Il s’agit pour elle à la fois d’apprivoiser ce lieu de vie précaire en renouant avec ses liens familiaux.
Maxine est une vidéaste. Sa vie, ses interrogations, ses plaisirs, elle les passe aux cribles de sa caméra. Elle publie leurs contenus sur les réseaux, ce qui lui permet d’en vivre. Alors, lorsqu’elle découvre une boîte avec des photos polaroïds, savamment rangées, elle ne peut qu’enquêter pour essayer de comprendre l’histoire qu’ils racontent. Cette enquête la mène jusqu’en Écosse où son père a séjourné incognito dans sa jeunesse.
Parallèlement, elle voudrait fonder une famille et pense concevoir son premier enfant avec Gaétan, son compagnon. Néanmoins lorsque le test se déclare négatif, elle est satisfaite. Elle comprend qu’elle ne peut devenir mère avant de s’être réconcilié avec son père, avec son histoire, avant de devenir mère.
Un roman foisonnant !
Parfaitement construit, d’une teneur romanesque soutenue, le roman interroge le besoin d’enfant du point de vue social. Approfondir cette notion avec des mini-reportages présentés au fil des pages amène à remettre en cause le principe de reproduction de notre espèce.
Manon Fargetton examine aussi avec beaucoup d’acuité la notion moderne de couple et sa bisexualité. Le roman questionne aussi l’opportunité de révéler le passé lorsque le silence fut préalablement choisi. Ainsi, lorsqu’à la fin, l’héroïne se heurte à un refus de participer à cette démarche, la question de la légitimité de lever le silence sur un passé se pose. L’écrivaine, sensible aux courants sociétaux modernes, en examine la problématique actuelle.
La nature devient un personnage à part entière en s’imposant aux hommes. Garder trace d’une vie, avant qu’une mer déchaînée engloutisse ses objets, c’est aussi montrer comment les lieux que nous choisissons, nous construisent et nous obligent par leur puissance.
Née à Saint-Malo, Marion Fargetton sait l’importance de la mer. Depuis une vingtaine d’années, elle publie dans presque tous les genres, thriller, fantaisy, littérature adolescente et bien sûr en littérature générale. Son pays préféré, qu’elle connaît depuis sa jeunesse, est l’Écosse. C’est la première fois qu’elle situe une grande partie d’un roman dans ce pays de cœur.
Ce que donne la mer est un roman intense et dense. Pris dans son filet, le lecteur ne peut que se fondre dans ces lignes pour découvrir l’ensemble de l’histoire, avec sa construction impeccable, son actualité forte et les réflexions qu’elle suscite. Bref, une belle découverte de l’écriture de Marion Fargetton pour moi !
Puis quelques extraits

C’est dingue, non, comme un journal visuel, une existence entière rassemblée dans cette boîte, et pourtant l’histoire est dans les blancs, dans tout ce que cette femme n’a pas photographié, les personnes importantes de sa vie, les décès, les naissances, les amours, les déceptions, il n’y a rien de tout ça, juste son choix à elle de partager ces fragments avec son père.
Essayer, une dernière fois, de comprendre son père avant de devenir mère.
Alors imaginer que mettre au monde une descendance représente une assurance de compagnie pour ses vieux jours, ça la fait sourire, et elle le dit gentiment à Claudine, qui opine , ça c’est bien vrai, une tristesse, et ses enfants à elle ne feront jamais ça.
Des pas d’ici devenus d’ici, et qui le restent dans leurs cœurs même lorsqu’ils partent à la recherche de nouvelles opportunités.
Toujours une caméra à la main, des plans serrés de chaque détail, des kilomètres de bande-son. Comme s’il lui fallait mettre à distance ses questions grâce à cette démarche professionnelle.
Et alors, je rugis, c’est vrai, je rugis de les hauteurs pelées à mes criques d’ardoise, jusqu’aux rangées de maisons blanches qui se teintent d’ambre dans le couchant. Spectatrice impuissante qui devine le drame en embuscade.
Ici en bref



Questions pratiques

Manon Fargetton – Ce que prend la mer
Rentrée littéraire 2025
X: @ManonFargetton – Instagram : @manon_fargetton – Newsletter avec abonnement – TikTok
Éditeur : Editions Héloïse d’Ormesson -X : @EditionsHO Instagram :@editions_heloise_dormesson – Facebook
Parution : 21 août 2025 – EAN : 9782487819351 – Lecture : Juillet 2025

Bonjour Matatoune. Tu m’as donné envie de lire ce roman et je le chercherai à la médiathèque. Bonne journée
Merci pour ta confiance ! Bonne journée 🏖
Pour l’écriture de l’auteure, alors.
Moi j’ai aimé les thèmes différents !
Ces thèmes ne m’attirent guère je dois dire. Bon week end
Ces thèmes et la façon de les traiter correspond aux interrogations des trentenaires. C’était pour moi une façon d’essayer de les comprendre ! Bon dimanche 🏖📚🎶
Lecture en cours
Alors j’attends le retour avec hâte !
Une inconnue pour moi !
Je ne connaissais pas non plus avant celui-ci. Son passage en écriture jeunesse rend son style très vif et ses thèmes foisonnants. C’est très agréable à lire !
J’ai tellement aimé cette lecture. 💝 je publie bientôt ma chronique. 🤩😘
Ah, alors je suis attentive à sa parution, avec tes impressions. Vraiment une excellente lecture aussi !
voilà qui donne envie de découvrir son écriture !
Ce fût pour moi une vraie agréable découverte ! Ses thèmes sont très actuels. A suivre peut-être…