
Caroline du Saint part en guerre contre l’idée rassurante qui fait croire que la France n’a pas mis en place l’élevage industriel. Son essai explique que nos représentations sont mensongères et imposent un récit idyllique de l’élevage de qualité.
Son enquête l’a conduit des États-Unis à la Pologne en passant par le Vietnam pour composer un reportage diffusé sur Arte. Les retours qu’elle obtient l’interpellent concernant la perception commune en France selon laquelle le pays n’aurait pas adopté les méthodes d’élevage industriel. Nous le savons, lorsqu’on nous parle de viande, on imagine de belles vaches dans des prés verts et fournis. Pour les œufs, ce sont forcément des poules qui caquettent allégrement à la recherche de grains dorés.
Caroline du Saint reprend l’histoire de la marchandisation des animaux du Baron Hausmann à la ferme élevage actuelle pour amener son lecteur à une vraie prise de conscience. Elle tente une définition, qui n’existe pas de façon officielle, de l’élevage industriel ou intensif que les recherches en génétiques transforment le vivant au profit unique de l’intensification. Nos représentations sont entretenues par des lobbys qui n’hésitent pas à nous mentir et à profiter des différents biais de notre cerveau pour continuer à nous faire croire à une véritable fable pour continuer à nous faire consommer.
Déconstruire tout un argumentaire fallacieux
Cet essai propose de nous faire rencontrer la vache de la race des Prim’Holstein qui produit 50 litres de lait par jour et qui finit épuisée six après, en steak haché. Caroline du Saint nous présente aussi le cochon de race Large White, avec ses 100 kilos en 145 jours, etc. En rapportant les propos d’agriculteurs, la journaliste révolutionne petit à petit notre façon de penser l’élevage.
Avec cet essai, j’ai appris une multitude de choses tant au point de vue historique, sociologique et économique concernant le monde animal consacré à notre alimentation. Il est temps de nous interroger sur notre façon de consommer. Caroline du Saint, par son essai, Un Déni français, peut nous y aider grandement.
Remerciements
Aux éditions Récamier pour leur confiance
Puis quelques extraits

La gigantesque usine Citroën, construite à Rennes en 1960, emploie 70% d’agriculteurs qui viennent de quitter leurs terres.
Aujourd’hui, la France mange 85 kilos de viande en moyenne chaque année par personne.
« Défendre la France », ce jour-là, en plein mouvement agricole, cela signifie céder à toutes les revendications de la FNSEA. Dès les premiers jours de manifestations d’agriculteurs, le syndicat majoritaire a de trouvé un bouc émissaire : l’écologie.
Le suicid food est le mécanisme le plus nous utilisé aujourd’hui dans les publicités pour la viande. Il nous rassure, aujourd’hui, en nous faisant croire que l’animal a, d’une certaine manière, donné son consentement. Il a vécu une une belle vie, dans un environnement naturel, et il est à présent d’accord pour être tué et consommé. Notre conscience est au repos. Nous pouvons ainsi manger de la viande sans que cela nous pose un problème moral.
Aimer les animaux et manger massivement tous les jours est une contradiction. Et cette contradiction crée une souffrance psychologique permanente. C’est ce qu’on appelle la » dissonance cognitive ». C’est un concept clé pour comprendre notre consentement à ces histoires de petites fermes familiales et d’animaux heureux.
Et encore,
Quand on parle de manger de la viande, ça n’est pas seulement une ou deux par jour. Mais parfois trois, quatre, cinq fois, dans des formes différentes. Le petit saucisson de l’apéro, le burger du déjeuner, les pepperoni sur la pizza, la quiche aux lardons, sans parler de ce que produisent les animaux : des œufs et des produits laitiers à chaque repas.
Quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, les Français restent persuadés d’avoir un modèle agricole unique.
Pour vendre de la viande en barquettes, l’élevage intensif a besoin d’images positives, que les fermes-usines ne peuvent pas lui fournir.
Rendus malades par leurs propres corps, incapables de se reproduire avec un taureau, impuissants à élever leur propre progéniture. Drôles d’animaux que nous avons
créés. Drôles de modèles pour nos enfants, qui adorent les dessiner.
La question culturelle interdit tout débat scientifique, fondé sur les faits. Elle renvoie les décisions au consommateur, définit plus que jamais comme libre et souverain, porteur de croyances, et d’une identité qui le définit entièrement.
Elle interdit toute intervention de la puissance publique, toute réglementation, au profit de groupes qui s’affrontent, et non plus à expliquer leur choix. Pas besoin de discuter, un « foutez moi la paix » suffira amplement.
Depuis, je pense souvent à elles. Au rythme de trois porcs par minute, sur des journées de
heures, elles égorgent environ 800 porcs par jour. Depuis que je les quittées ce jour-là, elles ont sans doute travaillé 600 jours de plus, et abattu, de leurs mains, 500 000 cochons. Quel type de vie vivent ces jeunes femmes ? Que faisons-nous subir à ces gens, à ces animaux.
Ici en bref




Questions pratiques

Caroline du Saint- Un Déni français
Enquête sur l’élevage industriel
Éditeur : Récamier – X : @Ed_Recamier Instagram :@editionsrécamier – Facebook
Parution : 3 avril 2025 – EAN : 9782385771225 – Lecture : Avril 2025

C’est vrai qu’on a toujours cette idée de verts pâturages… de mon côté, je travaille dans l’industrie, donc je suis assez au fait du côté sombre…
Je ne pense pas lire cet essai mais il doit être très instructif et amener à se poser beaucoup de questions sur son alimentation. Bonne journée
oui, je l’ai trouvé très persuasif concernant les biais cognitifs que les lobbyistes se servent pour nous mentir !
Bonne continuation 📚
Ta chronique est très intéressante et soulève des questionnements importants. L’abattage des bêtes de façon industrielle est une abomination. Je ne mange plus de veau ou d’agneau, pas de cheval ni de lapin. Notre comportement alimentaire change. Et c’est tant mieux. Ce qui me choque c’est l’absence de prise en compte de la souffrance animale. Le Halal c’est l’horreur. Passe un bon weekend Matatoune 🙂☀️
Heureusement que notre comportement alimentaire change . Néanmoins, nous, consommateurs, avons plus de poids que nous le pensons. Et il faut utiliser ce poids pour faire changer les choses
Merci et Bon dimanche 🙏
C est glaçant.
Complètement ! Un argumentaire imparable ! Il est temps d’ouvrir les yeux !
Merci pour cette présentation, je ne pense pas lire ce livre, sans doute trop dur pour moi en plus de véridique, mais il est bon que quelqu’un en parle je trouve. Avec retard très bon mois de mai à toi . Bon début de weekend bizzz
Oui, ce revit peut heurter. Néanmoins, elle ne se de,ecte pas de scènes gores mais réelles de l’abattage industriel. Son combat edt ailleurs, nous enlever nos représentations trop idyllique et nous rappeler la réalité de notre consommation de viande à outrance.
Bon week-end 💐
Je ne suis pas étonnée du tout de ces pratiques. Une amie proche est agricultrice de montagne avec un élevage artisanal de 20 vaches et 10 moutons, elle se bat contre l agriculture industrielle ou les animaux sont mal traités. Bon week-end
Oui, ce type d’agriculture est une exception qu’il faut à tout prix conservée.
Bon week-end 💐
Bonjour Matatoune, je crois que je savais que l’élevage en France est le plus souvent industriel. C’est ainsi que l’on peut nourrir soixante cinq ou soixante sept millions de Français… Mais c’est vrai que les travailleurs dans les abattoirs doivent beaucoup souffrir. Merci de cette présentation 🙏🙏 Bonne fin de semaine 🌞🕶😊📚🍀
J’ai aimé la présentation constructive de cette journaliste. De plus, j’ai appris plein de choses.
Bon week-end 💐