
Fabrice Arfi choisit de raconter la vie d’un roumain, espion reconnu du régime de Ceauscescu en France, pour expliquer sa passion de la recherche de la vérité dans son métier de journalisme d’investigation. Cette affaire intitulée La troisième vie l’a absorbé pendant quinze ans pour en décrypter tous les aspects. Véritable enquête d’espionnage, le récit est romancé mais révèle une vraie recherche.
Imaginez le fils d’un frère dont on sait depuis longtemps qu’il est décédé au combat qui reprend contact avec vous ! Après l’incrédulité et l’étonnement arrive rapidement l’amour filial pour un accueil incontesté.
Au cours d’un repas avec son père au restaurant, un ami de ce dernier révèle à Fabrice Arfi l’histoire d’un certain Vincenzo Benedetto, qui après avoir repris contact avec sa famille d’origine italienne en France qu’il ne connaît pas, s’y installe. Quelques années plus tard, l’homme est arrêté par le Contre-espionnage français Néanmoins, libéré, il finira sa vie paisiblement.
Il n’est nullement ici question de romanesque. Fabrice Arfi conceptualise son enquête : le régime du dictateur roumain, la présidence de Sadi Carnot, les liens entre divers ministres mitterrandiens et l’Est, dont Charles Hernu, ministre de la Défence, l’affaire des époux Turenge et celle du Rainbow Warrior, etc.
Son travail de décryptage des archives diverses et de la presse lui permet de détailler les rebondissements et leurs retentissements dans sa recherche de la vérité. Car, Fabrice Arfi accepte d’y dévoiler son attachement viscéral. Ce lien, il le doit à son père, policier à la brigade financière. Ainsi, en racontant ses débuts de journaliste et sa spécialisation dans l’investigation, il affirme ses valeurs et son éthique.
Évidemment, l’enquête est parfaitement documentée, décrite avec brio, même si quelques longueurs existent. Car, ici, ce n’est pas l’intrigue qui est au centre du récit mais la recherche d’hypothèses les plus réalistes possibles.
Passionnant, La troisième vie de Fabrice Arfi est un essai qui enquête sur une affaire d’espionnage aux ramifications politiques de tous bords.
Pour aller plus loin
D’argent et de sang – Fabrice Arfi
Puis quelques extraits

Il a fait alors seize ans et Benedetto vingt-deux, un âge où l’on rêve de se faire une place dans le monde. Il en a désormais soixante-neuf et son frère soixante-quinze, âge où on a accumulé tout un monde en soi.
Un palais des glaces spécifiquement conçu pour que l’on se perde dans son reflet.
Car contrairement à ce que peut penser Baudelaire, la forme d’une ville change parfois moins vite, hélas, que le cœur d’un homme.
Je découvrirai vite en matière de journalisme il n’y a pas d’indépendance, il n’y a que des preuves d’indépendance.
Dans une enquête il arrive que l’on trouve ce que l’on ne cherche pas.
Une façon toute mitterrandienne de réagir : dire sans affirmer, regarder sans voir. Faire ce qui l’arrange, en somme.
Tel est souvent le lot des révolutions : il suffit d’une étincelle pour provoquer l’embrasement.
Avec la dissuasion nucléaire, elle est l’arme la plus efficace en tant de paix : La guerre du renseignement.
Ici en bref

Du côté des critiques – Le Monde
Questions pratiques

Fabrice Arfi – La troisième vie
X : @fabricearfi Instagram : @fabricearfi
Éditeur : Seuil X : @EditionsduSeuil – Instagram : @editionsduseuil- Facebook
Parution :4 octobre 2024 – EAN : 9782021452297 – Lecture : Novembre 2024




Bonjour Matatoune. Je préfère en général la fiction que les essais, mais pourquoi pas ? Bonne journée
C’est du journalisme d’investigation avec des pans entiers sur sa propre vie !
Bonne continuation 🍁
Bonjour Matatoune, ce genre de document ou essai doit être intéressant pour comprendre les rouages de l’État à travers l’espionnage. Personnellement je préfère la fiction mais pourquoi pas. Très bon week-end 🙏🤩☃️
Ici c’est la réalité romancée et c’est quand même assez terrible sur les politiques ! Bon dimanche 😉
Plutôt tentant ! Je ne connais pas du tout !
C’est presque du John Le Carré en plus documenté et décrivant la réalité !