Bleu
RENTREE LITTERAIRE 2024

Dès les premières pages d’Un si beau bleu, Florian Forestier attire avec ses mots si personnels, mélange de dérision et d’humour froid, d’émotions profondes et de connaissances infinies !
À quarante ans, l’homme, qui n’est quelquefois que peurs, a décidé de faire le Cervin par la face italienne. Ne souhaitant pas en parler ouvertement à son entourage, il se prépare physiquement, matériellement et décide de s’entourer, lui, le solitaire, de gens compétents.
Tout d’abord, il y a son psychiatre qui lui conseille Raffaele, un guide très expérimenté. Et chez lui, il rencontre Morgane, aspirante guide, qui veut elle aussi se prouver qu’elle peut, alors qu’elle a déjà tant raté. En plus, il y a Lise qui vit au camping et grimpe aussi.
Le narrateur joue sa vie en se mesurant au réel de l’escalade. En fait, c’est le bleu intense, celui qu’on rencontre en haut, après être allé au-delà de soi-même qu’il veut vivre. Ce bleu immense comme celui de la mer ou d’une crevasse, il en rêve, même si c’est dangereux, même si au cours de sa course, la mort peut être proche.
Apprivoiser ses peurs ou ne rester qu’à rêver, le narrateur choisit la première option. Le courage de celui qui se dépasse est décrit dans toute sa réalité. Car, de l’envie à la réalisation, il y a des embûches, des doutes, de la souffrance, des renoncements, pour qu’enfin, le rêve puisse avoir des chances de se réaliser.
Poésie, humour, émotions !
Tout ceci, Florian Foretier le raconte sans complaisance, sans fausse pudeur, sans suffisance. Au contraire, avec simplicité et réalisme, le narrateur confie ses émotions, ses freins et ceux de son entourage. C’est ce qui fait la particularité du style de cet écrivain : un étrange mélange d’introspection, de dérision et de savantes descriptions des phénomènes vécus.
Originaire de Suisse, Florian Forestier connaît le Cervin depuis son enfance. Alors, ses connaissances sur ceux qui l’ont dompté, il les partage au fil des pages, dans des encarts particuliers. Son narrateur, bien entraîné, garde, toutefois, des difficultés à enfiler ses crampons !
Basculer, son premier roman, racontait, du fond d’une crevasse dans le Parc des Ecrins, l’introspection d’un haut fonctionnaire sur la société actuelle. Pour son second, Forian Forestier assume de raconter avec le Je. Son intrigue est parfaitement construite car il faudra attendre la fin du roman pour savoir si son narrateur aura été au bout de son rêve.
Un si beau bleu est un roman atypique, à moitié autobiographique à moitié fictionnel, car on ne sait jamais où se trouve le réel. Et, grâce à ses connaissances, le récit est aussi un essai sur l’histoire et la géographie du lieu. La structure romanesque est parfaitement maîtrisée. Mais, ce qui capte, ce sont les poignantes confidences d’un homme, peut-être au milieu de sa vie, qui choisit de se mettre en danger pour vivre son rêve.
Le récit de Florian Forestier, courageux, poétique et émouvant, apporte un parfum d’espace où l’horizon est porteur de cette étrange sensation de vie révélant notre singulière humanité ! Un beau moment de lecture.
À recommander !
De façon concise…
Dans Un si beau bleu, le narrateur a un rêve : gravir le mont Cervin, celui qui illustre la publicité Toblerone. Avec ses entraînements, va-t-il réussir ? Florian Forestier raconte avec poésie, humour et émotions le combat d’un homme pour se dépasser ! À découvrir !
Remerciements
Aux éditions Belfond pour ce service de presse
Pour aller plus loin
Florian Forestier- Mes labyrinthes : Vivre la différence
Puis quelques extraits

Cette peur, je la traîne encore avec moi. Dans se sac lourd, énorme, une maison, un infini où me cacher le soir. Pas de cordes. Des livres. Des cahiers où noter les idées. Des vêtements que je n’enfilerai pas, des objets neufs qui restaurons perdus au fond des poches. On dirait un peu Obelix et son menhir. Quel effort de traîner tout ça dans le soleil.
Le Cervin dans les Alpes c’est trop la tour Eiffel. La montagne la plus photographiée du monde, devant le mont Fuji. Les Français ne le connaissent plus que par l’emballage des Toblerone, Ils ont oublié qu’autrefois pour eux aussi c’était une star. La correspondance des écrivains en était pleine. La première ascension, c’était la lune de l’époque.
Même ici, même perdu ici, il fallait se taper ça. Une cour, une ridicule cour de province, qui comme il se doit, singeait sa Versailles, jouait à Chamonix.
C’est bien, pose-toi des questions. Les énigmes c’est idéal pour l’imagination.
Et encore,
À quatorze ans, j’ai ressenti ça pour la première fois, quand j’ai compris, la mort, c’est pour de bon, un jour ça serait vrai. Depuis j’ai vécu. Vécu, vécu, vécu, mais pas appris grand-chose à ce sujet, tout ce que j’ai mis dans le sac de ma mémoire, et pourtant c’est toujours aussi impossible. Je respire fort, profondément, sur le haut du pic du rocher, je m’emplis du soleil bienvenu,et du calme,celui de la paix. Oh oui, pour la première fois cet été, je me laisse aller dans la paix sombre et liquide.
Qu’espérer de mieux pour accepter de mourir, découvrir ce paysage à côté d’elle.
Quand on est monté si souvent si haut, quand on s’est avancé seul dans ce que tous les autres s’accordent à penser inhumain, on sait que la nature est beaucoup plus grande que la pensée.
Ici en bref




Questions pratiques

Florian Forestier – Un si beau bleu
X : @florianforest – Instagram : @florianforestier81
Éditeur : Belfond
X : @Belfond Instagram : @editionsbelfon
Parution : 4 janvier 2024
EAN : 9782714403636
Lecture : Décembre 2023

A part les romans de Frison-Roche qui m’ont passionnée, comme Parisianne, je ne suis pas attirée par la montagne. Le côté dépassement de soi par contre m’intéresserait. Bonne journée
Un exploit sportif assez incroyable. Sûrement un beau témoignage sur cette aventure. Merci de cette présentation !
Oui mais ici aucune gloire, juste le goût de l’effort accompli ! Bonne continuation 😉
La montagne n’ayant jamais été mon truc, je ne note pas ce titre. Mais tu as aimé.
Oui, c’est plus les moyens que se donne un homme pour dépasser ses peurs !
Le style un peu sec des extraits me refroidit, j’ai du mal avec les phrases courtes, factuelles … Je trouve que cette écriture » blanche » à des côtés parfois un peu prétentieux, ça sonne comme des sentences …
Je n’ai pas ressentie la même chose !
Bonsoir,
Je ne connais pas cet auteur mais tu le fais envie. Mes derniers récits de montagne sont très loin, et Frison-Roche était mon auteur favori mais ça date !
Oh. que oui …Je me souviens aussi de Frison-Roche. Non,ici, ce qui m’a émue c’est son récit sur ses tentatives et son ressenti. Rare , en fait !
Ton ressentis et tel que ça donne vraiment envie. Bisous bonne journée
Et puis, c’est aussi dans ton beau pays 😉
Je ne peux que lire ce roman qui parle d’un des symboles de notre beau pays. Ta chronique me donne envie de le découvrir. Bonne journée
J’avoue que je ne connaissais pas bien le Cervin et que franchement, ça donne envie ! Bon week-end