Charles Ray – Centre Pompidou

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Charles Ray, à prononcer « Chaarless Rai » pour ne pas être ringard, est un artiste contemporain ( né à Chicago en 1953 ) qui à le privilège actuellement d’exposer ses sculptures à la fois à la Bourse du commerce-Collection Pinault et aussi au Centre Pompidou et pour la première fois en France.

Son interrogation dès le début jusqu’à aujourd’hui concerne la seule question qui lui importe : Qu’est-ce qu’une sculpture ? Alors, en présentant des œuvres fondamentales significatives de son parcours, le Centre Pompidou tente de cerner la large palette que l’artiste a exploré.

En renouvelant l’art de la sculpture figurative, Charles Ray interroge, dérange et même gêne quelque peu ! Le regard se dérobe puis revient à l’objet sculpté comme capter par le pouvoir de leur fascination.

Chez Charles Ray, le scandale n’est pas loin…

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Portrait of the Artist’s Mother, 2021

Pour moi, cette sculpture récente résume toute l’ambiguïté de l’artiste. Reprenant une technique assez simpliste, le papier mâché, bien que rarement utilisé pour les grands modèles, l’harmonie florale signe toute la tendresse qu’il veut exprimer. Seulement, cet amour filial prend une connotation sexuelle avec la suggestion de cette jouissance solitaire.

Les puristes y retrouvent les Vénus de la Renaissance et même l’Olympia de Manet. Les somptueuses couleurs rappellent le Flower power auquel l’artiste à participer.

Le regard du gardien s’intègre parfaitement dans cette interrogation, Mère et femme à la fois, qu’en pensez-vous  ?

Combien de « légendes » avons-nous ?

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All my clothes – 1973

Même posture, Charles Ray change uniquement de vêtements. Mis bout à bout, ces photographies démontrent tous les rôles qu’un être social se doit d’endosser dans son quotidien. Pourtant, j’ai eu l’impression qu’aucune « légende » n’était faite, en fait, pour lui ! Car, même si l’artiste se photographie « sous toutes les coutures », il ne se révèle pas !

Charles Ray ou mannequin ?

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Self-portrait – 1990

Charles Ray raconte que lorsqu’il était gardien de nuit dans un grand magasin, les mannequins l’ont inspiré. L’ombre portée sur le sol que semble regarder cette sculpture renvoie encore plus à l’identité et à ses interrogations…

Mannequin, trop quelque chose !

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Fall – 1991/1992

Mêmes proportions qu’une vrai mais 30% plus grande, la femme dans son tailleur-jupe fuchsia  occupe tout l’espace. Elle surplombe le visiteur qui essaye de se comparer à elle. De plus, son attitude et l’expression de son visage semble souhaiter une confrontation qu’elle est certaine de gagner ! Est-ce l’incarnation de ce féministe qui à l’époque veut occuper les arcanes du pouvoir  ?

La famille idéale ?

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Family Romance 1993

En apparence, cette famille ressemble à n’importe quelle autre. Reliée ensemble, elle témoigne d’une unité filiale. Seulement, même si les proportions sont correctes, les parents ont été rapetissés et les enfants agrandis. A chacun de se raconter ce que cette étrangeté provoque …

Squelette d’une table

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How a Table Works – 1986

Intéressante est cette composition qui semble montrer les interactions entre la table et les objets qui y sont posés. Et, en plus, c’est assez fascinant !

Une bouteille à la mer …

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Puzzle Bottle – 1995

« Quand je vous regarde, je suis contraint de décompose. Je vois vos yeux, et ensuite votre menton, puis votre poitrine, votre ventre, vos genoux et ainsi de suite jusqu’aux pieds. Ce n’est que lorsque je m’éloigne, que j’ai traversé la pièce ou la cour, que je vous vois en entier et, à ce moment-là, je ne vois pas seulement votre personne, mais comme un grand pan d’espace qui vous encercle et vous comprime.  » Alberto Giacometti. Dans le livret de l’exposition.

Là encore, l’évocation est assez puissante et chacun peut y projeter ses ressentis. Mais, là, encore, plus qu’ailleurs, l’artiste affirme que chacun fait partie d’un système, qui pour les uns le réalise pour d’autres, le contraint et l’étouffe même

Pour conclure,

De prime abord, les sculptures de Charles Ray détonnent. On chemine de pièce en pièce en essayant de se les approprier. Étranges, dérangeantes et même gênantes. Puis, après, elles font leurs chemins dans nos têtes et dispersent leur « ondes » au fil de nos réflexions.

Pour aller plus loin

La bourse du commerce

Sources

Beaux-Arts Magazine

Questions pratiques

Charles Ray  – Centre Pompidou

Twitter : @CentrePompidou    Instagram :@centrepompidou

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#ExposCharlesRay

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Du 16 février au 20 juin 2022

Expositions 2022

CHRONIQUES CULTURELLES 

8 commentaires

    • Oui on l’approche comme si on la connaissait depuis longtemps. Bonne continuation 🙂

  1. Pas trop émue par ce genre d’œuvres. Il y a sûrement des messages à comprendre et une réflexion conceptuelle derrière tout ça mais ça me laisse froide !

    • Chacun est différent et l’art est avant tout fait de ressentis personnels 🙂

    • Je comprends ton point de vue. Cet artiste contemporain m’a semblé important de le découvrir et j’avoue que je n’ai pas été déçue 🙂

  2. je suis d’accord avec ton commentaire, il faut que ces nouvelles images fassent leur chemin, mûrissent en nous et cela vaudrait le coup de la revoir ensuite une nouvelle fois.

    • Oui, je suis ressortie de cette expo pensive, dubitative et puis en préparent cette chronique, j’ai pris le temps de regarder de nouveau mes photos et de relire. Du coup, ce travail m’a plus convaincue !

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