Céline Bentz – Oublier les fleurs sauvages

Rentrée littéraire Septembre 2021

vagabondageautourdesoi.com Céline Bentz Céline Bentz choisit pour cette rentrée littéraire 2021 de présenter son premier roman Oublier les fleurs sauvages situé au cœur du Liban des années 1980.  Il raconte la guerre fratricide, la misère, les communautés qui s’affrontent et l’exil vers l’étranger présenté comme un refuge pour sauver les espoirs d’une famille !

Car dans ce pays, ce sont les années de plomb où la guerre civile fait rage depuis le milieu des années 70. Oublier les fleurs sauvages commence à l’été 84 et présente Amal, jeune fille scolarisée en première, qui doit travailler pendant ses longues vacances d’été chez un tailleur pour aider sa famille. Petite dernière d’une fratrie de sept, elle est choisit par ses parents comme celle qui doit porter les aspirations de la famille.

Du côté de l’histoire

Et parce que ses parents ont toujours attachés de l’importance à la qualité de son éducation, Amal a le projet de devenir pédiatre et de poursuivre son apprentissage de la musique. Deux interdits pour une jeune fille de sa communauté dans ce Liban où plus personne ne croit à une paix possible.

Après son bac, son frère aîné, Abbas, souhaite l’accueillir chez lui en Lorraine pour qu’elle puisse poursuivre ses études. Il est architecte et ingénieur et s’occupe de reconstruire les mosquées au quatre coins du monde du golfe.  Seulement, Abbas n’est pas souvent en France et pour sa femme, Marie-Rose, professeur d’italien, Amal pourra la seconder pour s’occuper des deux enfants du couple.

La famille a du quitté leur région annexée. La sœur aînée d’Amal, Fatima, est mariée et élève ses cinq enfants. Yacine, l’un de ses frères, aux idéaux socialistes, devient milicien reconnu après l’arrêt de ses études. Puis il coordonne les forces de gauche engagées dans la bataille de Tripoli. Longtemps la famille n’a aucune nouvelle de lui. Heureusement, Amal peut compter sur son amie d’enfance Salima même si elle n’appartient pas à la même communauté religieuse.

Mais, Amal est une jeune femme en éveil et croise Youssef  Khalifé, maronite aux yeux vairons,  neveu d’un chanteur connu et lui-même adhérant au parti national socialiste syrien. Certes un amour interdit va naître mais surtout pour Amal c’est la confrontation avec une communauté beaucoup moins préoccupée par la guerre et si éloignée de la tension de violence et de misère qu’elle connait.

Et encore

Cécile Bentz pose son roman au cœur du pays d’origine de son père puis émigre son héroïne en France, son pays et celui de sa mère. Non seulement, sont décrites les tensions entre les membres d’une famille, d’une communauté, d’une ville mais aussi les préjugés, les représentations qui opposent et interdits de penser réconcialiation.

De plus, le poids des aspirations d’une famille prête à ne plus revoir sa benjamine est aussi décrite avec justesse. Mais, le roman assez court ne décrit que peu les difficultés que rencontrent Amal après avoir obtenu son bac en France. On la retrouve revenant dans son pays d’origine avec son diplôme professionnel en poche.  Et, l’exil a déjà créé ce fossé tellement ressenti par n’importe quel émigré, plus tout à fait libanaise et jamais vraiment française complétement.

L’amour qu’elle porte à Youssouf lui permet de supporter à la fois la séparation d’avec sa famille, l’exil et la perte de sa culture d’origine. Seulement, cette relation prend beaucoup de place et évolue dans une dramaturgie qui ne semblait pas nécessaire, sauf à redonner sa liberté à Amal.

En conclusion,

Oublier les fleurs sauvages présente les cicatrices du Liban au moment où il traverse les années sombres avec  une émigration comme projet familial porté par la plus jeune de ses membres. Ce premier roman embarque vers un monde qui reste encore méconnu et pourtant si proche par son actualité brûlante. Belle surprise !

Remerciements @Netgalleyfrance et @PreludesEdition pour #Oublierlesfleurssauvages de #celinebentz

Puis quelques extraits

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Elle savait que il lui avait effectivement fait du mal , elle n’aurait jamais pu l’humilier comme elle l’avait prétendu.Elle n’aurait eu qu’à se taire., et si.la rumeur s’était ébruitée, si il avait eu le mauvais goût de se vanter de ses méfaits commis, la honte aurait été pour elle, la fille facile, la putain.

De filles et de sœurs modèles,elles passaient ainsi au rang d’ épouses, puis de mères irréprochables.

Pendant que ressuscitait le pacte Briandd-Kellogg, pendant que la vieille Europe remettait la guerre hors la lou, on mourrait tous les jours sur le sol de Beyrouth, à quatre mille kilomètres par la route de Douaumont

La mauvaise graine du monde entier s’ était donné rendez-vous dans ce Livan en.guerre.

Ce ne serait que plus tard qu’elle comprendrait qu’une langue étrangère reste une langue étrangère, un facteur inéluctable de distanciation entre soi-même et sa culture d’adoption.

Extraire un ennemi de son milieu en estimant que c’était peut-être un homme de bien rendait impossible la systématisation et l’essentialisation qui justifiait la guerre.

Ici en bref

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

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Un premier extrait
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Puis un second
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Puis le dernier

Fragment audio

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Céline Bentz – Oublier les fleurs sauvages

Éditeur : Éditions Préludes

Twitter :@PreludesEdition  Instagram : @editionspreludes

Parution : 25 août 2021

EAN : 9782253080848

Lecture : Juillet 2021

Littérature contemporaine

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Chroniques littéraires

12 commentaires

  1. j’ai beaucoup aimé ce livre aussi ! j’ai aimé la manière dont l’auteure parle de la guerre au Liban, de la société, de cette famille attachante.
    Un coup de chapeau à cette jeune femme son courage et sa ténacité (réussir le concours en étant en France depuis si peu de temps et apprendre à la fois la langue et les cours 🙂
    j’ai retrouvé ce qui faisait la une de l’époque 🙂

    • Oui comme tu le disais dans ta chronique (je mets le lien sous la mienne), ça ressemble à un hommage à quelqu’un qui lui est cher…JLes premiers romans ont souvent des accents de sincérité qu’un auteur (e) tente plus tard de retrouver dans ses autres titres !

    • Oui, il est plus sombre, plus tourmenté car cette guerre civile est terrible de conséquences pour chacun ! Bon dimanche !

  2. Merci beaucoup pour le lien Matatoune.😉 Je te rejoins c’est un très joli roman sur cette terrible guerre au Liban. C’est très bien écrit en plus. La perception de l’exil dans ce roman, me semble fort juste. Passe un excellent weekend 🙂

    • Oui tu as raison ! Ce sentiment de n’être plus tout à fait comme ceux qui sont restés et ne sera jamais vraiment comme ceux du pays d’accueil ! Julia Kriteva parlait, il y a longtemps, des personnes qui devenaient « étrangers à soi-même », ce que Céline Bentz place aussi dans son si joli premier roman !

    • Oui c’est ce qui m’a tenté. Mais ça n’enlève pas la qualité du reste ! Il devrait se faire remarquer 🙂

    • Oui, c’est terrible et j’avais envie de comprendre mieux. Sur ce plan là, légèrement déçue !

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