Christo, l’empaquetage

Le nom de Jeanne-Claude est parfaitement inconnu. Mais, celui de Christo est associé à la fusion de deux artistes celui de Christo Vladimiroff Javacheff et de Jeanne-Claude Denat de Guillebon.

Jeanne-Claude et Javacheff pour Christo

Ces deux-là sont nés le même jour : le 13 juin 1935. Seulement, le premier est né en Bulgarie. L’autre est née à Casablanca au Maroc d’une famille de la haute-bourgeoisie.

Javacheff arrive en France en 1958 après des études aux Beaux-Arts en fuite du régime communiste de son pays natal qui imposait aux artistes de travailler pour la propagande. Il gagne sa vie en peignant des portraits et c’est ainsi qu’il fait la connaissance de Jeanne Claude en peignant le portrait de sa mère.

Le père de Jeanne, général de l’armée, s’est illustré pendant la guerre alors que sa mère entrait en résistance.

A New-York

Dans les années 60, après leur mariage, ils émigrent aux États-Unis et vivent à New-York.

Leur carrière

Leur particularité artistique est de concevoir des projets grandioses et éphémères.

Commence une collaboration artistique qui ne s’arrêtera jamais où le rôle de chacun est parfaitement défini :

  • Lui est seul à dessiner mais ils pensent les projets à deux;
  • Elle s’occupe de la logistique générale : organise les projets, les élabore, en vérifie la faisabilité, se spécialise dans les demandes d’autorisation, etc
Devant le Pont Neuf

« Les réalisations destinées à l’extérieur sont signées par Christo et Jeanne-Claude, les dessins par Christo ».

Ainsi Jeanne Claude est une plasticienne spécialisée dans l’environnement. Elle fut à l’origine décrite comme une publiciste et chef d’entreprise pour son mari. Mais, lors des demandes d’autorisation elle taisait le fait d’être une femme et signait JC.

Néanmoins, ils sont reconnus comme co-auteurs, un des rares exemples dans le monde de l’Art.

Courant artistique

Fréquentant dans les années 60 les nouveaux réalistes, leur expression s’inspire de ce courant qui descend dans la rue. Ils commencent à empaqueter des objets du quotidien : bouteilles et autres.

Ainsi ils commencent à empaqueter des paysages et des monuments.

603 870 m2 de tissu en polypropylène rose qui flottent autour de ces 11 îles inhabitées de Floride

Refusant d’être catalogués dans le Land Art, ils définissent leur création comme action symbolique sur un lieu à un moment donné pour « révéler en cachant ». Leur but était de divertir et de démocratiser, puisqu’il n’y eu aucune vente des œuvres. Ils se définissaient comme architectes environnementaux. Après leur empaquetage, le lieu était laissé comme il avait été découvert sans pollution ni dégradation.

Pour gagner leur vie et financer leurs projets, Christo vendait les petites réalisations de leurs projets avec les différentes étapes.

The-Floating-Piers-2016

Mais ce qui caractérisait leur action était une démarche d’accompagnement pédagogique par des conférences ou de formation des médiateurs culturels formés pour expliquer et d’autres médias ce qui a rendu leur œuvre vraiment connue et reconnue. Celle-ci est venue aussi de la presse qui sans faille soutenue les artistes.

En bref,

  • 2, 9 km de falaises en Australie – 1969
  • 25 ans de préparatifs pour empaqueter le Rechtag de Berlin – 1995
  • 10 ans pour le Pont neuf – 1985

Jeanne Claude décède en 2006 et Christo en 2020. À Paris, le Centre Pompidou a consacré une grande exposition, en retraçant leur période parisienne, de 1958 à 1964, et l’histoire du projet d’emballage du Pont-Neuf à Paris, conçu en 1975 et réalisé en 1985. L’événement devait précèder l’œuvre d’art environnementale pensée pour l’Arc de Triomphe : l’emballage du célèbre monument parisien était prévu en 2021.

Sources

Wikipédia

12 commentaires

  1. Bonjour Matatoune. Je n’avais jamais entendu parler de Jeanne-Claude, juste de Christo et de ses projets un peu fous. La vidéo est très intéressante pour mieux comprendre leur oeuvre. Bon 1er mai !

  2. ah! la magie de Christo !!!c’est quand même magique, et c’est vrai, cela prend du temps!
    je connais peu Jeanne Claude donc à creuser 🙂
    je ne connaissais pas les cratères qui me plaisent beaucoup 🙂
    les étapes pour choisir les tissus par exemple mais aussi pour convaincre forcent le respect… c’est un travail tellement considérable.
    un immense merci pour cette belle visite 🙂

    • L’exposition à Pompidou était un peu décevante car elle présentait beaucoup d’études, préparatifs, etc. Certes, on découvrait l’amplitude du travail préparatoire, considérable pour mettre en œuvre les empaquetages. Pour qq qui n’est pas spécialiste, les détails submergeaient la perception et enlevaient la magie de l’installation.

    • Oui, c’est phénoménal ! Et lorsque Jeanne-Claude décrivait son travail pour chercher les autorisations et poser les brevets, etc, on comprend bien la difficulté de l’entreprise.

  3. J’avoue que ces oeuvres ne me touchent pas du tout et me paraissent même absurdes, mais chacun ses goûts, c’est pas pire qu’un célèbre urinoir !
    Bonne journée

  4. Les femmes ont toujours ou souvent des difficultés à être reconnues. Dans l’ombre d’un homme ou pas, elles ont dû ou doivent ruser pour qu’on leur accorde une reconnaissance…
    Le travail de Christo et de Jeanne-Claude était époustouflant !

  5. Je me souviens d’avoir vu Le Pont neuf emballé dans les années 80, c’était très joli. A l’époque on parlait uniquement de Christo mais pas du tout de Jeanne Claude, c’est très injuste. Dans les couples d’artistes, on laisse toujours la femme dans l’ombre…

    • Oui mais je crois que pour eux c’était une fusion consentie. Ils se présentaient vraiment comme un couple d’artistes …

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