Fatima Daas – La petite dernière

Rentrée Littéraire 2020

 

@vagabondageautourdesoi
Couverture

« Mazoziya » (la dernière), « Loundja » (Princesse aux cheveux d’or) mais aussi « wildi » (mon petit fils), « La petite dernière », premier roman de Fatima Daas, explore la recherche d’une adolescente, devenue jeune adulte, pour assumer en conscience ce qu’elle est.

Dans « La petite dernière », Fatima Daas relève toutes les contradictions : Lesbienne et musulmane pratiquante, mais aussi habitante de Clichy-sous-Bois et étudiante à l’université à Paris, bonne élève mais toujours rebelle, appartenant au quartier mais en sort tous les jours pour trois heures de transport, malade par son souffle alors qu’elle désire tellement respirer. née en France mais d’origine algérienne, etc.

La narratrice tente de concilier la jeune fille désignée par son milieu, sa culture et sa religion et celle qu’elle sent si différente et si singulière au fond d’elle-même. De cette confrontation nait la parole, quelque fois la colère, souvent l’instabilité et toujours la recherche de reconnaissance d’autres.

Tout d’abord, les différents Imans qu’elle interroge, elle qui voulait petite en devenir un. Puis, les mots découverts avec sa psychologue, plus longue relation de sa courte vie . Mais, surtout aussi, les amies qui sauront avec la parole apprivoiser l’amour qu’elle ressent mais que personne lui a appris à dire.

On suit la narratrice dans son cheminement personnel qui va durer jusqu’à vingt-neuf ans. Est-ce pour cette seule raison que La petite dernière est un roman et non une autobiographie. Fatima Daas a vingt-quatre ans.

Ainsi, l’écriture devient une conquête pour s’affirmer différente, forte et entière. Le monologue scande les mots comme un slam.  Et cette incantation, qui à chaque début de chapitre commence de la même façon, s’interrompt au moment où la narratrice saura se présenter rassemblée, s’assumant complétement.

Accompagnée d’un texte de présentation de Virginie Despentes (et quel texte !), ce roman ne cesse d’être courtisée par les prix et déjà les adaptations cinématographiques possibles. Car, il faut signifier le courage dans l’écriture. Tellement plus simple de renier sa foi ! Tellement plus simple de renier une famille ! Tellement plus simple de crier avec les loups ! Tellement plus simple …

« Petite chamelle sevrée » : Est-elle émancipée du regard des autres ? Est-elle soignée de sa peur d’aimer ? En tout cas, La petite dernière est le récit d’une initiation à la vie adulte qu’offre Fatima Daas, si jeune et déjà si forte, sans oublier le talent que l’on découvre au fil des mots.

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Il m’a fallu du temps pour savoir que mes crises respiratoires pouvaient être déclenchées par des émotions.

J’ai appelé ça le tour de table des alcooliques anonymes. Tu dois parler de ton identité. Dire le strict minimum : t’arrêter à tes nom, prénom et âge, trois choses que tu ne choisit pas.

Il m’avait dit » Tu n’écriras pas un livre sur moi ». Mais je n’ai pas écrit un livre sur lui, ni même sur moi. J’ai seulement rendu en mots -qu’il ne lira sans doute pas, qui ne lui sont destinés – ce que son existence, par elle seule, m’a apporté. Une sorte de don reversé.
Tout ce temps, j’ai eu l’impression de vivre ma passion sur le mode romanesque, mais je ne sais pas, maintenant, sur quel mode je l’écris, si c’est celui du témoignage, voire de la confidence telle qu’elle se pratique dans les journaux féminins, celui du manifeste ou du procès-verbal, ou même du commentaire de texte.
Je ne veux pas expliquer ma passion – cela reviendrait à la considérer comme une erreur ou un désordre dont il faut se justifier – mais simplement l’exposer.
Annie Ernaux, Passion simple.

Je crois que rien n’a été dit dans ma famille.
Le silence était le moyen de communication le moins codé.

« Tu n’es pas méchante, petite Fatima, tu manques seulement d’affection ».

Parce que c’est difficile d’être toujours à côté, à côté des autres, jamais avec eux, a côté de sa vie, à côté de la plaque.

D'habitude, je ne partage pas mes lectures lorsqu'elles ne m'ont pas plue ! Mais, là, c'est le livre qui se vend à plus

 

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La petite dernière – Fatima Daas

Éditeur : Noir sur blanc

Parution : 20 août 2020

EAN :  9782882506504 

Lecture : Septembre 2020

Littérature contemporaine 2020

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12 commentaires

    • C’est un roman particulier qui mérite d’être découvert. Bonne fin de journée

    • C’est son premier roman et apparemment au départ, c’était un travail de composition pour sa fac qu’elle a prolongé en roman. Je crois que pour son prochain le stress sera maximum pour elle …

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