Arabe – Hadia Decharrière

« Arabe » de Hadia Decharrière m’a attirée dès la lecture de la quatrième de couverture : Un matin, une jeune femme, Maya, se réveille en parlant l’arabe sans qu’elle sache quel est le rapport entre son histoire, sa culture et cette nouvelle langue presque maternelle…C’est au cours du récit de cette première journée, entre inquiétude du conjoint, Max, rendez-vous médicaux et déambulations dans Paris que la narratrice comprend pourquoi ce jour si particulier marquera toute sa vie !

Au départ, j’ai cru à un conte qui permettait à l’auteure de se projeter dans une autre culture. Et, ainsi, elle trouvait le prétexte de comparer mais aussi d’expliquer la différence entre être femme occidentale et celle élevée dans la culture orientale.

Le motif est moins fantasque que je ne l’avais imaginé ! Mais, néanmoins, l’intérêt de ce petit roman ne réside pas dans cette intrigue. Il pose de façon très habile les thèmes de l’exil, des migrations, de la mémoire et de la transmission. Maya, jeune fille blonde de vingt huit ans aux yeux bleus découvre son arabité et donc son histoire, même si son physique dépasse les critères stéréotypés de nos représentations.

Par ce récit, l’auteure interroge le choc de la féminité dans les deux cultures, la condition de la femme, sa place dans la société sans jamais répondre par la bienpensance qui voudrait que l’occident soit plus ouvert que l’orient ! Et, c’est toute la qualité de cette lecture!

Fille du monde puisque élevée entre Cannes, Damas et San Diego, Hadia Decharrière témoigne de ce métissage et de sa richesse.

Pour sa seconde œuvre de fiction (« Grande section » sur son enfance, premier roman paru en 2017), Hadia Decharrière choisit de nous convier à réfléchir sur le statut de la femme et à sortir des entiers battus!

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Les restaurants ne sont-ils pas autant de petites ambassades, ça et là, parsemées dans des pays étrangers pour permettre de se retrouver chez soi lorsqu’on n’y est plus.

Pour faire taire les femmes d’entre leurs lèvres, on sectionné leur langue, pas celle du langage, contrôlé et policé celle de l’orgasme, puissant et incontrôlable, celle qui transcende les conventions, celle qui rend vulnérable

Ne pas provoquer de désir inconscient, ne pas éprouver de désir inconscient, se laver de tout son érotisme.

Les deux petites filles comprendraient-elles un jour qu’elles furent, malgré elles, éduquées à haïr leur sensualité, leur érotisme.

Pour devenir une femme respectable, il fallait qu’elle se débarrasse de ce qui faisait son animalité.

 Qui sera-t-elle désormais aux yeux des autres, une victime de ses origines ? Être arabe dans un pays qui ne l’est pas doit-il s’accompagner de cette honte qui pousse à occulter ce que l’on est ? Oublier sa langue et ses coutumes pour ne pas gêner les Français ? Ne pourra-t-elle pas simplement arborer ravissement et fierté ? Qui sont-ils, ces arabes qui n’ont pas honte de l’être ? Des esprits dominants qui ne veulent plus être dominés, des croyants fervents aux ambitions démesurées ? Des pur-sang chassant le mécréant, des fanatiques, Des extrémistes ? Des fous de dieu

a noter

Merci à #NetGalleyFrance pour  #Arabe

Ce livre m’a été offert en service de presse par Netgalleyfrance. Remerciements aux éditions JC Lattès. Ceci est mon avis en toute honnêteté et sans pression, comme d’habitude.

Arabe – Hadia Decharriere

Éditeur : J.C Lattès

Parution : 6 février 2019

ISBN : 2709662582

Lecture : Février 2019

11 commentaires

  1. Je trouve le point de départ pour aborder les sujets que tu évoques original et plutôt bien pensé même si j’aimais bien aussi ton interprétation d’avant lecture 🙂

    • Merci a toi d’être passée et en plus d’avoir envie de découvrir ce livre! Bon dimanche Gwenn!

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