Ce que l’homme a cru voir – Gauthier Battistella – Rentrée littéraire 2018

vagabondageautourdesoi-cequelhommeacruvoir-wordpress-20180913_« Ce que l’homme a cru voir » raconte l’histoire d’un homme qui vit à côté de sa vie. Polonais par son père et italien par sa mère,  Simon Reijik retrouve « sa » terre, la Gascogne, à l’occasion de la mort d’un ami d’enfance. Dépositaire de son héritage, Simon va devoir affronter son enfance, son passé et ses culpabilités qu’il a mis vingt ans à enterrer, à oublier à coup d’addictions devenues indispensables à sa survie.  Y arrivera-t-il ou préférera-t-il tomber dans l’abîme.

Comble de la fiction, Simon travaille au blanchiment des e-réputations. Effacer les aspérités, devenir lisse comme une feuille, ça le connait, Simon ! Sa femme Laura n’en peut plus de ses silences, de ses absences et lui dit qu’elle le quitte en même temps qu’elle lui révèle être enceinte lorsqu’elle le rejoint dans son village natal.

Car parti sans expliquer pourquoi, Simon se bat pour ne pas voir la vérité. Quel est ce secret que Simon veut ou a oublié ? Quelle souffrance plus forte que celle des séparations et de la mort ne peut – il pas reconnaître pour aller mieux ? Quels mots lui faudra-t-il de nouveau chuchoter, expliquer et dépasser pour qu’enfin Simon puisse de nouveau incarner sa vie ?

Je ne connaissais pas Gauthier Battistella qui, il y a quatre ans, a sorti son premier roman. J’ai découvert un auteur qui manie la langue avec sensibilité et justesse. Plusieurs fois, j’ai été émue de la situation décrite. Cette histoire de secrets de famille est réaliste même si folie, amour et amitié s’y côtoie.

Ce parcours initiatique à rebours, Gauthier Battistella y entraîne le lecteur pour aider son héros à retrouver la mémoire. Le suspens est présent puisqu’il s’agit de savoir si Simon ira jusqu’au bout de sa vérité…

cite-56a4b9b45f9b58b7d0d8877bQuoi de plus ennuyeux qu’ une balade sur la grève? Le vent souffle, s’engouffre dans vos pensées, On chemine les mains menottées au dos, en réfléchissant aux questions primordiales qui hantent l ‘ humanité; le sable au fond des chaussures, ce courrier de réclamation qui traîne sur le bureau , ou ce foutu syndic qui ne répond jamais au téléphone.

Quand l’inconscient tiraillait sur la laisse, il avalait quelques comprimés supplémentaires et le molosse regagnait sa tanière.

Dans sa volonté de dédramatiser, La maison funéraire était parvenue à reproduire l’atmosphère d’une grande surface de banlieue, un lundi matin. (…) Aujourd’hui elle ( la mort) était devenue honteuse. Il fallait la désinfecter. La parfumer. La centre-commercialiser.

La poussière s’est déposée sur les souvenirs de gosse, mais ils respirent toujours.

Nous abandonnons l’enfance le jour où nous comprenons que nos erreurs nous appartiennent, et que nous sommes responsables de nos échecs.

Il ne sert à rien de se fâcher avec son passé . Il finit toujours par te retrouver et exiger des excuses.

Les confidences n’ impliquent que ceux qui les croient

a noter

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pro_reader#CeQueL’hommeAcruVoir Merci à @EditionsGrasset et #NetGalleyFrance

Ce que l’homme a cru voir

Gauthier Battistella

Éditeur : Grasset

ISBN : 2246859735

Parution: Août 2018

Lecture : Août 2018

10 commentaires

    • Oui, je sais! D’ailleurs, je m’étais dit en lisant ta chronique : « eh, bien cela commence bien! ». Pour ma part, c’est certainement pas « Le » roman de la rentrée mais c’est bien construit et concernant les secrets de familles, les addictions et tous les comportements mis en place lorsque la réalité est trop difficile à supporter, etc. je trouve le ton assez juste!

  1. j’ai vu passer ce roman et je l’ai noté dans ma mémoire,mais je n’avais rien lu de l’auteur alors hésitation… ta critique me donne envie de tenter finalement

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